‹ Le libéralisme [microforme] (volume 2)Chapitre 7 sur 7 · IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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ont fait entendre d’imposantes et d’unanimes protestations contre les sacriléces envahisseurs, et fait parvenir au Chef de la catholicité les témoignages de leur admiration et de leur reconnaissance. L'histoire dira aux générations futures, à la gloire de notre ville et de sa première institution, qu’en 1860 et en 1871 les hommes politiques les plus distingués de la province de Québec, oubliant les rivalités de partis, s2 sont trouvés réunis par leur foi commune dans les salles de cette Université et y ont flétri le libéralisme italien, et énergiquement affirmé les principes de In saine et vraie politique, de la politique à longues vues.

Que la religion catholique, reprend une autre classe d’ennemis, soit la protectrice de la morale, de la justice et du droit, qu’elle défende ainsi les bases de la véritable politique, source de la véritable liberté des peuples, nonsen convencns facilement. Que même, l'Eglise, dans certains genres, ait marché et marche encore à la tête de la civilisation, nous ne le contestons pas. L'histoire est 1À pour le prouver : en nous conservant les meilleures productions de l'antiquité, en propageant les sciences humaiïnes et en particulier celle qui les domine toutes, la philosophie, elle s’est véritablement montrée civilisatrice. Et comment, à la vue des monuments dont elle a couvert le monde chrétien, ne pas reconnaître qu'elle mérite le titre de mère féconde des arts et du génie. Sans pousser plus loin cette énumération, nous confessons sans peine que, dans les sphères intellectuelles, morales, artistiques, l'Eglise catholique est la grande protectrice et initiatrice du progrès et de la civilisation.

Mais, continue-t-on, pourquoi ne veut-elle pas être conséquente avec elle-même, et approuver !2 progrès et la civilisation dans l’ordre matériel ? Pourquoi s'opposer aux inventions et aux perfectionnements qui ont mérité à notre époque le nom de siècle des progrès? Pourquoi encourager

et bénir les nobles cfforts de l'esprit humain, lorsqu'ils ont pour objet les vérités intellectuelles et morales, et les condamner lorsqu'ils tendent à fournir à l’homme les jouissances légitimes de cette vie, ou à en diminuer les souffrances ? N'est-il pas dans la nature de l’homme de chercher à améliorer son existence, en se procurant une nowriture plus agréable, des vêtements capables de 1e préserver des rigueurs des différentes saisons, une habitation vaste, belle, commode, entourée même de jardins et de frais ombrages ? Enfin, pourquoi ne pas admettre que le confortable est compatible avec le christianisme ?

Jci encore, Messieurs, l'Eglise n’a pas besoin de se réconcilier ; elle n’est point l'ennemi du progrès matériel bien entendu. Aux hommes qui placent la fin dernière de l’humanité dans le progrès matériel, dans les richesses et les jouissances, elle dit anathème; ce qui ne l'empêche pas toutefuis d'applaudir aux heureuses découvertes, à tout

ce qui tend à alléger les suffrages de l'humanité, et à lui rendre la vie moins amère. Cette conduite, l'Eglise l’a tenue dans tous les siècles : elle est l’amie de l’homme tout entier, de son âme d’abord, mais aussi du corps, son compagnon inséparable,

Afin de montrer que je ne formule pas seulement des assertions, je vais citer l'autorité d’un docteur autorisé, qui ne passe pas pour relaché, saint Thomas.—Comment, saint Thomas ! un moine du moyen-àge, prêcher le confortable et le bien-être matériel !—Hé bien, oui! Dans son livre sur le gouvernement du prince, saint Thomas, tout en enseignant la modération dans l’usage des biens terrestres, se montre l’ani du confortable. Aux villes déjà construites, il veut que le prince ajoute des améliorations et des emnbellissements; pour celles qui sont à fonder, il demande de les bâtir, si c’est possille, dans des régions tempérées, parce que

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“ la douceur de la température entretient la santé et donne une longue vie.”

Après avoir fait choix d’un pays tempéré, saint Thomas veut aussi que le prince choisisse un lieu convenable pour y asseoir une ville; c’est-à-dire, un site qui assure la salubrité de l'air, qui soit de nature à ménager une température tantôt froide et tantôt chauce, et que pour cela l’emplacement de la ville soit ouvert à plusieurs horizons, afin qu'aux différentes heures du jour, elle ne soit ni trop, ni trop peu exposée aux ardeurs du soleil. Il demande encore que l’on songe à lui procurer une eau abcndante.

N'allez pas croire que saint Thomas se borne au bon air et à l’eau excellente. Il entre dans tous les détails au sujet des aliments et aux moyens à prendre pour les assurer aux habitants d’une ville. Est-ce tout ? Non, Messieurs, le docteur angélique désire un peu plus de confortable. “ Il faut, dit-il, bâtir les villes dans des contrées agréables et fertiles. c'est le moyen de fixer les habitants ; car, la vie de l’homme : a besoin de jouissances; et, pour répondre à ce besoin de notre nature, il faut choisir les lieux où se trouvent de vastes plaines, couvertes d'arbres fertiles, embellies par le voisinage des montagnes, rafraîchies par l’ombrage des forêts et arrosées par des cours d’eau ; maïs, comme l'excès de jouissance produit un grand mal, en corrompant les mœurs, il faut user avec modération de ces avantages” C'est-à-dire, regarder ces avantages comme des moyens, et ne pas détruire l'ordre, en les prenant comme une fin.

fe que saint Thomas dit des villes et de leurs embellissements, vous pouvez l'appliquer et l’étendre aux habitations particulières ; à la nourriture, qui doit être saine et agréable pour conserver et prolonger la vie; aux habits, aux équipages, à tout enfin, pourvu toutefois qu'il n’y ait pas disproportion entre les dépenses et la fortune.

Mais n'est-ce pas là favoriser le luxe qui est réprouvé par

l'Evangile ? Il faut distinguer un luxe contraire à la morale, et qui est condamné, et un luxe légitime digne même d’éloge. Saint Thomas prouve que la libéralité—c’est le luxe légitime sous un autre nom-—est une vertu, parce qu’elle constitue un bon usage des richesses. Ce n’est cependant que le premier degré de cette vertu, il en existe un deuxième, qu’il appelle magnificence ; elle inspire la somptuosité Cans les dons et porte à faire des dépenses éclatantes, surtout en faveur de la religion et du bien public. L'Eglise ne saurait repousser cette libéralité et cette mnagnificence, parce qu’elles contribuent aux jouissances lévitimes de l’homme, et que d’après l’ange de Pécole, elle est la vertu qui développe l'élégance dans la civilisation.

De plus, l'Eglise adopte et encourage le progrès matériel ; eile applaudit aux moyens et aux procédés légitimes inventés pour le réaliser, et pour donner à homme une plus grande somme de jouissances honnêtes.

Ecoutez son langage, lorsqu'elle bénit le navire qui bientôt quittera le port pour aller, soit au levant, soit aux îles lointaines, chercher les riches soiries, les étoffes éclatantes, les fruits délicieux, les arômates et les parfums précieux.

“ Seigneur, exaucez nos sup'lications, et de votre main droite, d’où déborde la sainteté, bénissez ce navire et tous ceux qu’il portera comme vous avez daigné bénir l'arche de Noé flottant sur les eaux du déluge ; présentez-leur, Seigneur, votre main comme vous l’avez présentée au Bienheureux Pierre marchant sur la mer ; et envoyez du haut des cieux votre saint ange pour le délivrer et le préserver de tout danger, avec tout ce qu'il contiendra ; faites que vos serviteurs, exempts de tout malheur, atteignent toujours par une tranquille navigation le port désiré, et'qu’après avoir terminé heureusement toutes leurs transactions, ils reviennent avec beaucoup de joie à leur patrie (1).”

(1) Rituel Romain, p. 221.

Cette prière et cette bénédiction valent à elles seules toute une démonstration.

Lorsque les deux mondes furent mis en communication par le télégraphe sous marin, l'Eglise manifesta une joie extracrdinaire, et célébra par de saintes réjouissances cette grande conquête de l'esprit humain. Les cloches de ses

emples s'ébranlèrent et remplirent les airs de leurs sons éclatants, tandis que le chant solennel de l'hymne des grandes actions de grâces remplissait les voûtes sacrées.

Mais enfin, vous devez admettre que l'Eglise est contre les chemins de fer, et que les catnoliques les ont en horreur. Il ne faut pas confondre l'Eglise et les catholiques, avec quelques défenseurs nuisibles de la vérité qui re sont ni l'Eglise ni les catholiques. Dans ses bénédictions jamais la religion n’a déployé plus de poésie et de splendeur que dans celles des voies ferrées, de leurs wagons et de leurs charriots de feu.

Devançons par la pensée le moment heureux où le chemin de fer du Nord devra relier notre vieille cité de Québec avec la riche métropole commerciale du Canada, et où le sifflet bruyant des locomotives réveillera les échos endormis de notre ville. Vous verrez la foule impatiente et curieuse se presser au lieu du départ; puis, si toutefois on en témoigne le désir, notre pontife vénérable, accompagné de son clergé, ira, au son des fanfares retentissantes, bénir cette œuvre da prozrès moderne, et demander à l’auteur de tous l23 dons d'ésarter tous les malheurs, tous les accidents. Voici les. parol®s ravissantes que l'Eglise mettra sur ses lèvres :

“ Dieu tout-puissant et éternel, qui avez créé tous les éléments pour votre gloire et pour l'utilité des hommes, daignez, nous vous en supplions, bénir ce chemin de fer et ses accessoires et les conserver par votre bénigne Providence,

afin que, perdantjue vos serviteurs s'avancent avec rapidité

dans leur voyage, ils marchent dans votre loi, courent dans

la voie de vos commandements, et puissent parvenir heu- -__ reusement à la patrie céleste. ?”

Ensuite le pontife s'approchant des wagons et des chars : “ Seigneur notre Dieu, dira-t-il, exaucez nos supplications, ct de votre droite remp'ie de sainteté bénissez ces chars ; adjoignez-y vos saints anges pour délivror et préserver de tout danger ceux qui voyagent dans ces véhicules, et de même que par le moyen de votre lévite Philippe vous avez accordé la foi et la grâce à ect homme d’Ethiopie qui, assis sur son char, lisait les saintes écritures, de même montrez à vos serviteurs le chemin du salut, afin qu'aidés de votre grâce et toujours appliqués aux bonnes œuvres, ils méritent, après toutes les vicissitudes du voyage de la vie, d'obtenir les joies éternelles (1). ” |

C'est la voix de l’Eslise que vous venez d'entendre ; et de fait, il n'y a qu'elle qui puisse tenir un langage aussi sublime, empreint d’une tendresse et d’une sollicitude si touchantes pour tout ce qui intéresse l’humenité.

Il me faut terminer, Cependant, je suis loin d’avoir traité complètement la question du libéralisme. Je n'ai rien dit de l'ingérence libéraliste dans l’enseignement, dans l’administration des biens ecclésiastiques, dens la célébration du mariage ; je n'ai pas parlé du libéralisme dans la presse, dans les brochures, dans les discussions, dans les polémiques, et dans bien d’autres sujets. Toutefois, les principes généraux que j'ai développés, et l'application que j'en ai faite aux questions principales, vous guideront dans les autres, et vous indiqueront l4 voie à suivre pour ne pas choir dans le libéralisme, au moins volontairement, et d’une manière coupable. Car, Messieurs, ne l’oublions pas, un partisan avoué

(1) Rituel Romain, p. 354,

du libéralisme condamné par le Souverain Pontife n'est pas un enfant de l'Eglise.

Mais, me demanderez-vous, comment pourrons-nous être sûrs de n'avoir pas fait fausse route, et de n'être pas déjà sous l'empire de ce mirage trompeur qui conduit bientôt À l’abîme ? Comment se tranquilliser lorsqu'on entend les cris de détresse et d'alarme partis de l’encien et du nouveau monde !—Voici, Messieurs, un moyen d'échapper au libéralisme et à toutes les erreurs qui désolent les sociétés modernes ; moyen sûr, facile, et bien propre à répandre dans les Ames le calme le plus parfait : ce moyen consiste à suivre docilement ‘les chefs que Dieu lui-même nous a donnés, Jésus-Christ ne nous à pas laissés sur la mer de ce monde sans boussole pour nous diriger À travers les écueils, sans d’habiles pilotes pour nous conduire aux rivages bénis de la véritable patrie. Nous ne sommes pas non plus de pauvres orphelins, abandonnés, sans aucune protection, réduits à mendier de porte en porte le pain de la vérité, Non, certes : l’homme-Dieu nous a confiés à la garde de son Eglise infuillible, bâtie sur le roc, et éclairée des rayons vivifiants de l'éternelle lumière ; là, pas d'erreur possible ; la route est droite comme la vérité même ; les déviations et les sentiers tortueux y sont inconnus. Cette Eglise, chargée d'enseigner toutes les nations, a veçu de Dieu lui-même la constitution la plus admirable, la plus adaptée aux besoins des individus et des peuples, et la plus solide qu'il soit possibie d'imaginer : c'est celle d’une armée qui marche au combat, et qui, par une série non interrompue de victoires, s’'avance majestueusement vers le lieu du triomphe.

À la tête de cette armée, un chef souverain qui recoit d’en haut force et lumière ; sous lui, commandent d’habiles généraux, chargés de diriger de nombreux escadrons ; puis viennent les officiers subalternes, et enfin les simples soldats :

c’est la Liérarchie catholique composée du Pape, des évêques, des prêtres et des fidèles.

Dans cette armée, encore plus que dans toute autre, il faut que l’ordre le plus strict, que la discipline la plus sévère , y règnent. Que chacun garde le posie qui lui a été assigné.

Malheur à celui qui, par légèreté par acheté ou par bravade, sortirait des rangs, de suite il est exposé aux coups de l'ennemi, ec il est une victime esriaine., En dehors de cette phalange compacte, comme autrefois celles de Rome ou de Lacédémone, il ne peut y avoir qne périls, que dangers extrêmes, que perie assurée, Les évêques prennent leurs ordres du général en chef, du Pontife infaillible ; celui-ci commande, et ceux-là exécutent. A leur our, les évêques répètent le commandement : à nous d'obéir avec promptitude et ponctualité. Notre évêque, voilà notre guide, notre chef immédiat ; marchons à sa suite, et nous serons sûrs par à même de faire la volonté du chef suprème. De même que dans une armée régulière, le soldat ne quitte pas son poste et ne refuse pas d’obéir à son colonel c 1 à son capitaine sous prétexte de ne vouloir recevoir les ordres que du général en chef ; de même aussi, dans la grande armée de l'Eglise catholique le fidèle ne doit pas, par un orgueil impardonnable, se soustraire à l'autorité de son évêque, faire fi de son chef immédiat, et mépriser ses ordres sous prétexte qu'ils ne seraient pas l'expression exacte de ceux du Pontife romain Qui donc est plus en état de comprendre les ordres émanés du siége de Pierre ? Est-ce le simple fidèle ou bien l’évêque ? Qui peut avoir plus à cœur la conservation de la saine doctrine, de l’unité catholique ? L’évèque n'est-il pas chargé par Dieu lui-même de paître le troupeau qui lui a été confié par le Vicaire du Christ ?

Ce n’est pas à dire toutefois, que l’évêque soit infaillible, et qu’il ne puisse point se tromper. Si vous croyez sincère-

ment, et sur des motifs plausibles que vos droits ont cté lésés, vous pouvez en appeler à son supérieur ; c’est conforme à la discipline de l'Eglise, et personne n'aura le droit de vous blâmer, encore moins de vous traiter de révolté, Mais, dans aucua cas, il n’est permis d’en appeler à l'opinion publique ; eu serait renverser et détruire l'ordre établi et voulu par l'Eglise.

Rapprochons maintenant, si nous le voulons, cette doctrine sur la hiérarchie ecclésiastique, avec ce que disait, il y a quelques années, un orateur justement célèbre, le R. P. de Ravignan :

“ Savez-vous, Messieurs, ce que c’est que l’évêque dans l'Eglise ? Ici je pourrais me taire, et vos regards trouveraient la réponse ; mais je dois parler, et c’est dans le passé que je dois porter vos souvenirs ; vous pourrez, sans que je vous le dise, en rencontrer l’image dans le présent, ”

“ Revêtu de la plénitude du sacerdoce, juge et défenseur né de la foi; admis avec le successeur de Pierre À une grande part de la sollicitude pastorale ; successeur lui-même des Apôtres, l’évêque agit, parle, gouverne en vertu d’une mission toute divine. Par sa mission surtout, il est préposé à l’enseignement religieux des peuples et à la lutte contre l'esprit d'erreur, Voilà l’évêque. Dans l’épiscopat, dans son caractère et sa puissance sacrée, réside cette force catholique contre laquelle vient se briser l'erreur; et, sans doute, il faudra dire que ni au génie, ni à la science, ni même à la sainteté des premiers pasteurs ne doivent être attribués leurs triomphes contre les ennemis de l'unité, mais uniquement à la parole de celui qui a dit: Voilà que je suis avec vous jusqu’à la consommation des siècles. ”

“ Cependant Dieu n'a pas voulu que ce genre de grâce manquàt à son Eglise, pour en faire même la plus grande autorité humaine possible. Avec la force et l’autorité divines

combattirent aussi, dans les évêques, la science et le rénie, l'éloquence et les verts sublimes, l'héroïsme et le courage.”

Ces armes sont parfaitement connues de l’illustre prélat préposé au gouvernement de ce diocèse et de cette province ecclésiastique ; et la haute surveillance qu’il exerce sur cette Université, fait qu’elle resplendit de l'éclat de sa sagesse et de ses lumières. Ainsi étroitement unie avec l'archevêque de Québec, son Visiteur, et par 1à même avec le siége de Pierre, l'Université Laval accomplira courageusement sa tâche travaillant selon la mesure de ses forces, à conduire la jeunesse canadienne dans les véritables voies du progrès et de la civilisation, sans être exposée à tomber dans le libéralisme.

Messieurs, en commençant ces leçons, j'ai dit que Québec avait toujours été, dans la mesure voulue par les circonstances, le foyer de la culture des sciences, des arts et des lettres, et que ce glorieux privilége elle le devait surtout À sa fidélité à maintenir une alliance et une amitié intime entre la foi et la raison, entre la religion et les lettres, ce qui fait que les esprits et les cœurs aiment à se rencontrer pour s’aider et se soutenir dans le culte élevé et le commerce délicat des choses de l’âme. Hé bien! je suis heureux de constater, en terminant mes leçons, que cette rencontre des esprits et des cœurs a été persévérante depuis le commencement des cours publics. Je dois ajouter que l’Université est satisfaite, parce que votre sympathie est la seule récompense comme le seul encouragement qu’elle ambitionne.

Messieurs, jeunes gens, pleins de talents et d'avenir, réunissons nos forces pour achever de développer les germes de la véritable civilisation qui se trouvent au milieu de nous. Mais, pour cela, gardons-nous de la discorde, et aussi des entraînements vers les choses frivoles et superficielles. N'oublions pas que, tant que les peuples de la Grèce et de

Ron: surent allier à ln religion la culture des lettres, des arts eb de la philosophie, ils occupèrent le premier rang parmi les nations civilisées ; il y avait 1à lumière, force et courage. Tant que la France, 1évouée à la rel'g'on catholique et attachée aux études sérieuses, aux nobles travaux de l'intelligence, sut mépriser l'impiété, l'uisiveté et les frivolités d'un théâtre corrupteur, elle fut forte et grande ; son nom était respecté de tous et entouré de l'auréole d'une gloire bien m'ritée ; elle éiais la terreur de ses ennemis. Mais une effroyable série de maïheurs et de bruleversements sociaux n’ont pas tardé à montrer de nouveau les conséquences furestes eb inévitables qui accompagnent l'irréligion, le désœuvrement, les occupations futiles et le défaut de principes solidement établis.

Messieurs, tant que notre petit Canada saura allier l’esprit chrétien à de nobles travaux, à la culture des lettres, des sciences, des arts et de la philosophie, il marchera aussi d'un pas sûr et ferme dans les voies du véritable progrès, il aura les lumières de la véritable civilisation.

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