‹ Le lièvre; poemeChapitre 14 sur 29 · XIV NOTICE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE

XVI^ siècky la mode était aux anagrammes. Le sieur de Lyesse ayant trouvé, dans les mots Simon de Bullandre, l'Ame d'un bon désir^ fit le joli sonnet que voici :

Des métaux du Pérou m'enrichir ne souhaite.

Je ne veux pas aussi que l'on m'estime heureux Pour les faveurs de cour. Et ne suis désireux D'avoir le front chargé d'une rouge berette.

Quels sont donc mes souhets? qu^on entoure ma teste D'un laurier, le vray pris d'un poëte ingénieux, Qiie la peste s'écoule, et aussi qu'en tous lieux Du grand pasteur romain on suive la houlette.

Qu'au portail de Janus le verrouil y soit mis.

Afin que librement allions voir nos amis,

Et qu'avec eux puissions prendre bonneste plaisir.

Voilà tous mes souhets, et ce n'est sans mistère, Qii'aux lettres de mon nom, par subtile manière. Sont contenus ces mots : L*âme de bon désir.

Doué de telles qualités, sans ambition, l'auteur du poème du Lièvre, si bien vu à Boufflers, devait nécessairement compter encore ailleurs de nombreux amis, Bullandre prit soin de nous transmettre les noms de ceux qui, comme du Monin, Alexandre Bunault et Le Febvre, lui adressèrent de fort élogieuses poésies latines ou françaises. Mais le premier de tous semble avoir été Pierre de Konsard; car le prieur de Milly, voulant placer une statue de saint Simon, son patron, dans la cathédrale de Beauvais, en face de la

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