NOTICE XVII
d'écrire un traité didactique sur le noble déduit des chiens : c'eût été de sa partj il V avoue lui-même, vouloir quelque peu
... plaider en un siège estranger^.
Vivant souvent au milieu de gentilshommes passés maîtres en le bel art de vénerie, Bullandre tenta seulement de rimer une sorte de monographie du lièvre, diaprés les données historiques et scientifiques de son époque. Le poème du Lièvre est une ctuvre de sa jeunesse. Les réminiscences classiques y abondent; à chaque instant l'auteur s'inspire de Virgile, d'Ovide, de Pline ou d'Hipparque. Il emprunte aussi à Hygin la légende de la prétendue dévastation de Vile de Léros 2 par des lièvres qu'on y avait importés et qui s^étaient multipliés dans des proportions absolument inusitées. Le récit de la chasse si destructive de ces animaux constitue même l'unique partie vraiment cynégétique du poème. Le lecteur trouvera peut-être dans celui-ci trop de mythologie et parfois certaines ambiguïtés fatigantes. Mais il faut tenir compte du goût du temps et de Vétat de la langue française peu formée encore au XVI* siècle. Puis, à côté de ces défectuosités, on rencontre presque toujours de fort jolis vers, finement ciselés, qui les font singulièrement