‹ Le lièvre; poemeChapitre 27 sur 29 · J. D. BOUFFLERS · texte numérisé non relu

J. D. BOUFFLERS

Pige 7, vers i. Momu, moqueon, raillean. — Joachim dn Mlày {Œuvrts freuiçoiset, Ptrii, Morel, 1584, t. I, folio 9 1 » verso} dit dans le même sens à Ronsard :

Or ccaunt donequts Us mêmes hè mordrt ies ucripts mien», Puisqu*Us sont frères des tiens,,,

Ahâne, se fatigue.

— 3 . Tane, ou plutôt Tenais , aujourd'hui le fleuve du Don. — • Jusqu'à la Tane, jusqu'à l'extrémité de 1* Europe, qui, dans la géographie ancienne, était séparée de l'Asie par le Tanaïs. ^

Europam atque Asiam Tanais disterminat amnis, ^Rufi Festi Xvieni Descriptio orhls terrg, v. a 8.)

8, i.Jaçoit qu'ort.,,^ quoique encore,. .

-— a . ffombreuSy aux vers harmonieux.

— > — Le coupeau, le haut du Parnasse que plus loin, ven 6 et 11, Bunault appelle le saint tertre genuau , la croupe jumelle,

-~ 8. la chasse de son frère, la poésie, dont Apollon, frère de Diane, était le dieu.

— 14. Lesse, laisse de lévriers. — Qgand on parle de lévriers , une laisse se dit d'une couple de ces chiens, qu'ils soient tenus ou non en laisse.

1 1 , I • Neuvaine sacrée, les neuf Moses.

5o NOTES

11, 3. Thitorée, ou Tithorée, le Parnasse. — Tithorét était une des nymphes que la mythologie faisait naître des arbres, et surtout des chênes. Elle habitait la cime du Parnasse, à laquelle elle donna son nom.

— 5. VAscrian, Hésiode. Ce poète, qu'on suppose contemporain d'Homère, garda, dans sa jeunesse, le troupeau de son père aux environs d'Âscra, village de Béotie situé au pied de l'Hélicon; aussi est-il souvent appelé Âscrœus po€ta, f

— •«-> Ktlantt, humide, qui a un goût de moisi.

' Or doneques freschement Nous trouvons d'un terrier l'entrée saboulie. L'on monstre à Diamant la relante coulée,

(Claude Gauchet, le Plaisir des champs, éd. Paris, Didot, 1879, ^' ^» P* ^4-)

— 7. le Mantouan, Virgile.

-^ 8. Fouteau (diminutif de fou^ venant du hûn fagus), hêtre.

12, 3. Le Pindare françoii, Pierre de Ronsard , le chef de la Pléiade, le poète si aimé de Charles IX, né en 1524, mort en i585. Guy Le Fèvre de ta Boderie, dans sa pré* face de V Encyclopédie de l'éternité {Œuvres inédites de Ronsard, recueillies et publiées par .P-. Blanchemain, Paris, Âubry, i855, p. 107), parlant de Ronsard, l'appelle de même le Pindare françois.

Le Pindare françois, dit-il , ""

sur sa lyre à sept cordes, Premier a ranimé les sons mélodieux Des Grecs et des Romains, en' hymnes comme en odes Célébré les vertus des hommes et des dieux,

— 4> 6. Celle qui le crin d'or de son père donna,,,, Scylla ou l'alouette. — « Nisus, frère d'Egée , régnait à Mégare, ville voisine d'Athènes, lorsque Minos vint atta-

quer PAttique, et assiégea la première de ces deux Tilles. Le sort de ce prince dépendait d'un cheTeu de pourpre qu'il portait. Scylla, sa fille, amoureuse de Minos qu'elle avait vu du haut des remparts, coupa ce cheveu fatal à son père pendant quMl dormait, et le porta 4 l'objet de son amour. Minos eut horreur d'une action si noire, et, profitant de la trahison , chassa de sa présence la perfide princesse. De désespoir elle voulut se. jeter dans la mer, mais les dieux la changèrent en alouette. » (Noël, Dictionnaire de la Fable, v® Nism.) — L* Alouette est une des plus jolies pièces des Gayetez de Ronsard.

13, 7-8. Belleau le beau-disant.,, la eerin a vanti,,, Belleau dédia la Cerise à Ronsard, et cette pièce fait partie de ses Petites Inventions et autres poésies {les Œuvres poétiques de Remy Belleau : Lyon, Thomas Soubron, t. II, f. 43, t^),

— 9-10. Des Roches a coulé, par la source,., de son double rocher, les remarques de l'eau. Dans les Œuvres de Mesd<unes des Rocha, de Poitiers (Madelène Neveu, dame des Roches, et Catherine^ sa fille), on trouve, aux pages 1 38- 146 de la deuxième édition (Paris, Abel l'Angelier, i579)» un Hymne de Veau, à la Royne (Louise de Vaudemont-Lorraine, feihme de Henri III). Cet hymne commence par une invocation à la fontaine du Parnasse, qui donne probablement le sens de l'expression double rocher, employée par BuUandre :

Source qui, ruisselant vostre onde cristalline. Tirez d'un double roc vostre antique origine. De grâce, excusez-moi si pose vous chanter,

— i5-i8. Mais, vray Dieu! quand j'auroy ma poitrine ferrée,,,. Ces quatre vers semblent singulièrement traduire ceux du IP livre des Géorgiques de Virgile (i a- 14) :

Non ego cuncta meisamplecti versibus opto; Non, mihi si lingust^centum sint oraque centum, Ferrea vox,,.

^l NOTES

la, j5-i8. Voulture (du latin volutuSj participe passé de polvcre, rouler, tourner), Yoûte.

Tu nt tçai pcLS VtffrxÂahlt tonnerre QuifpUu en plut grondant, ravagea nottre tern,' Rtnvtna tout nos bUds, abbatit le clocher De l'igUsi, oà chateun ^eitoit allé cacher.

Tourbillonnant autour, il brisa la vousture...

(Claude Gauchet, le Plaisir des champs, éd. PariSi Didot, 1879, t. I, p. 169.)

-i- aa. Africain ou Africus, yent du sud.

-* — Eure ou Eurus, vent d'est. 4

— a S. L'on contera, l'on comptera. -— Dans l'ancienne langue, les verbes compter et conter se trouvaient Iréquempient employés l'un pour l'autre.

— < — les odeurs Bybliannes, les odeurs des fleurs do mont Hybla, montagne de Sicile, célèbre par son miel qvi était aussi vanté que celui de THymette de l'Attique,

•—34. Champs Cinyphiens, plaine très fertile de l'Afrique ancienne, arrosée par le Cinyps (auj. l'Oued- Quaham), rivière se jetant dans la Méditenanée au cap Cephalœ (zvLJ, Mesurata ou Mesratah).

i3, la. L'onde chepalline, l'eaiiT de la fontaine d'Hippocrène, jaillie sur l'Hélicon d'un coup de pied de Pégase, et qui, selon la Table, avait fa vertu d'inspirer les poètes.

-^17. Luniens, lunatiques, fous, extravagants.

— ai. Partir (avec le sens du latin partire ou partiri), partager, diviser.

— a 3. Titan, le soleil. ^^ « On donne aussi le nom de Titan au soleil, soit parce qu'on l'a cru fils d'Hypérion, un des Titans, soit parce qu'on l'a pris pour Hypérion luimême. » (Noël, Dictionnaire de la Fable, v* Titan.)

14, 5-1 a. Tandis qut peurissoit icy l'âge dorée,,. Dans

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ces Ters, BtiIItndre t'est beaucoup inspirëdeceui (loi-iii) du liTre I"' des Mitamorphoas d'Ovide.

Jpsa quoqut ImmuniM, roMtroqut intacta, ntc uUit Saucia pomtribui, ptr se dahat omnia tellui ; Contentique cibit, nuUo cogenU, creath, Arbut€Ot fatus montanaque fraga legebant, Cornaque, et in durit hmrentia mora rubetie.

Et qug deeiderant patida Jovie arbore glanda. Ver erat mternum, plaeidique tepentibus auris Mulcebant zephiri natos sine semine flores, Mox etiam fruges tellus inarata ferebat, Nec renovatiis ager gra»idis cànebat aristit, Flumina jam lactis, jam flumina nectariê ibemt; Flayaque de viridi stiHabani ilice mella»

14, i5. Crespelure, chevelure crêpée, frisée.

«—17, Tira, courses, trtîtes. ^ « Lièvre fuyt en di- Terses manières, quar aucunes fuyent tout droit, tant comme porront tirer (courir) une ou deux lieues... 9 (La ChasH de Gaston Pboebus^ éd. J. La Vallée. Paris, 18S4, p. 4S.)

,»- st. le crael Lycaon, Lycaon, roi d'Arcadie, contemporain de Cécrops, bâtit la ville die Lycosure, la plus ancienne de toute la Grèce, et y éleva un autel à Jupiter Lyccus, auquel on sacrifiait des victimes humaines. Il faisait périr tous les étrangers passant par ses Etats. Jupiter, visitant la terre, pour s*assurer des nombreux crimes qui s'y commettaient et dont le bruit était parvenu jusqu'à l'Olympe, entra un soir dans le palais de ce tyran inhospitalier. Lycaon, avant de frapper son h6te durant le sommeil, puis afin de voir si ce n'était pas un dieu, lui présenta i souper les membres d'un otage envoyé du pays des' Molosses (partie centrale de l'Epire) qu'il venait d'égorger. Immédiatement un feu vengeur allumé par l'ordre de Jupiter consuma le palais ; Lycaon fut changé en loup; bientôt aussi eut lieu le terrible déluge, auquel la mythologie fait, seuls, échapper Deucalion et Pyrrha. ( Ovidiiq^asonis Metamorpkoseon liber primus, vers. 109 et seq.)

i5, a. Il, Jupiter.

— 6. Thaumantide, fille de Thaumas, fils de la Terre •

— 7. Nuaux, nuages. — Ce vers el le précédent sont presque la traduction de ceux d'Ovide [Metamorphoseon I. I, V. 250-271) :

Nuntia Junonis, varias induta colores, Concipit Iris aquas alimentaque nubibus adfert.

-—2 0. CUon, Clio, une des Muses, celle qui présidait à l'histoire. — Clion est ici pour ma muse.

— 24-25. Ce monstre est si funeste en la mer Indienne... — > « Nec venena cessant dira, ut in lepore qui in Indico mari etiam taetu pestilens, vonùtum dissolutionemque sti>~ machi protinus créât : in nostro offa informis, colore tantum lepori similis : in Indis et magmtudine, et pilo, duriore tan-tum; nec vivus ibi capitur. » (C. Plinii Secundi Historia naturaUs, lib. IX, cap. xlyui.) — On donnait autrefois le nom de lepus marinus aux mollusques compris aujourd'hui dans le genre Aplysie. {Cabinet de vénerie, VIII, du Sable, la Muse chasseresse, note du yers 4, de la page 66.) Ces mollusques gastéropodes, quelque peu semblables à de grosses limaces, ayant un corps sans coquille , généralement ovalaire et assez volumineux, inspiraient jusque dans les derniers siècles une horreur profonde, soit à cause de leur forme repoussante, soit à cause de la liqueur infecte qu'ils répandent lonqu'on veut les prendre, et qui fut longtemps considérée comme un poison mortel. Les Aplysies, affirment certains auteurs, auraient reçu des anciens le nom de lièvres marins, parce qu'elles portent sur la tète quatre tentacules, dont les deux antérieurs plus longs imitent plus ou moins les oreilles d'un lièvre, et que ces animaux, prenant, quand ils se contractent, Xi ne forme subglobuleuse, ont ainsi assez exactement l'apparence d'un lièvre accroupi.

16, 5. Gauchissons à son.,, évitons son.^.

— 22. Paies, la campagne ou la terre. — Paies était la

déetse des bergers. — Page 1 9 , vers 1 5 , Ballindre dirt aime Paies, pour It terre nourricière.

16, a 5. Qtt'i7 avoît faict grimper sur le mont de Parnasse, D'après la Fable, lors du déluge de Deucalion , le Parnasse seul ne fut pas submergé, et c'est là qu*abordèrent Deucalion et Pyrrha, qui s'étaient réfugiés dans une arche, avec un couple d'animaux de chaque espèce, tant sauvages que domestiques.

17, 16. £€ Sarmatien, le vent du nord.

— 18. Syrien, Sirius, Canicule, ou étoile du Chien, étoile faisant partie de la constellation du Grand Chien et U plus brillante des étoiles fixes.

18, I. L'humain, enfant de dure pierre. Selon la Fable, après le déluge, Deucalion et Pyrrha, étant allés consulter la déesse Thémis, qui rendait ses oracles au pied du Parnasse, reçurent la réponse suivante : « Sortez du temple, voilez-vous le visage; détachez vos ceintures, et jetez derrière vous les os de votre grand'mère. » Ils ne saisirent pas tout d'abord le sens de ces paroles; mais bientôt Deucalion comprit que, la terre étant leur mère commune, ses o» étaient des pierres. Ils en ramassèrent alors, et, les ayant jetées derrière eux, celles de Deucalion furent changées en hommes, tandis que celles de Pyrrha l'étaient en femmes. Aussi Ovide dit-il dans ses Métamorphoses (1. I, vers 411- 4>5):

Inque brevi spatio, Superorum numine, saxa Missa viri manibu$ faciem iraxere viriltm; Et de femineo reparata est femina jactu.

Inde genus durum sumus, experiensque lahorum; Et documenta damus, qua simus origine nati,

— 6. Bastoitf était nécessaire.

— 10. Binet, Pierre Binet, de Beauvais, frère de Claude Binet, poète comme celui-ci et qu'on suppose mort vers 1 584, dans un âge peu avancé. — Les carmes nez aux deux dont parle Bullandre doivent être les vers de la

Truite, pièce usez médiocre, dédiée à Romtrd» composée par Pierre Binet en l'iionneiir de Thérain ou plutôt de Thérine, nymphe chasseresse, fille de celui-ci. Binet fait séduire Thérine par le fleuve Seine, déguisé en pêcheur, alors qu'elle vient de tuer un cerf, et la métamorphose ensuite en truite. -*- La Traite de Pierre Binet a été imprimée à la suite de -Sédition des Plaisirs de la vie rustique et solitaire de son frère Claude, publiée à Paris, en i583, par la veuve Lucas Breyer. En 1614, l'avocat Pierre Louvet la reproduisit, sans toutefois en nommer l'auteur, dans le chap. ix du livre I^ de son Histoire de la ville et cité de Beouyoîs... (Rouen, Manassezde Préaulz.)

19, 5. Tuition (du latin tuifià), défense, protection.

— 1 6. L'étoile argentine, la lune,

La lune puis après de sa tresse argentine Hostrefaee pallit,,,

(BuUandre, le Uevre, p. 27, vers lo-ii.)

-— 19. le coton, les épis, ou plutôt les chaumes, les tiges des céréales.

2o> 12. Formez, au gite. — Le gîte du lièvre, légèrement enfoncé en terre, est moulé sur le corps de cet animal, ce qui lui fait donner le nom de forme» (J, La Vallée, Technologie cynégétique , v<* Forme,)

ai, i5. Enfieri d'Aquilon, frappé^ soulevé par Aquilon.

22, 2, Port (pour support), protection.

^ 8. Ne dêubioint, ne craignaient.

— 10. Tracassant, allant et venant.

— 20. A Lero l'emporta,., — « Leporis autem hanc historiam mémorise prodiderunt , apud antiquos in insula Lero nuUum leporem fuisse, sed ex eorum civitate adolescentium quemdam studio generis inductum, ab eiteris finibns leporem foeminam praegnantem attulisse, et ad ejus partum

nt^

diligentiiume mmistnsse, Ittqve cnm peperiaset, comploribns c)m civiutifl ttudivm mcidisse, et parttm pretio, partim beneficio mercttos, omnes lepores alere coepbsc. Iuqa« non longo intervallo tantam muhitudinem leporum procnatam, at tota iniala ab hh occnpata diceretur : quibm cum ab hominibut nihil daretor, in semina eornm impetn facto omnia comederunt. Qiio facto incote calamitate affecti, corn famé forent oppressi, communi consUio totius dviiatis vix deniqoe eos ex insnla abegisse dicantnr. Itaqne postea leporit figuram in astrii consiituisse, ot hominé^ meministent» nit esse tam ezoptandum in tka, qnin ex eo plas doloril qaa«i Ictitie capere posterivs cogerentnr. » ( C. Jol* Hygini Poeti€on Àstronomieon y^ Icpiu.) — Facciolati et Forcellini {Totbu latàatatis Lcxieon, T^Upus), reprodaiiant ït texte d'Hygin, •Arment que Tile de Léro, dont les habitants earent tant à souffrir des ravages causés par les liëyres» était une des Sporades. Cette tle serait donc celle qu'on appelle aujo«rd*hui Léro, Léros ou Léria, qui fait partie de la Turquie d'Asie et est située dans TArchipel , près de la c6te de l'Anatoiie,

i3^ a. Arainée, d'airain.

94, 7. Emprise, terme militaire, inusité aujourd'hui, et qui avait autrefois le même sens que le mot entreprise.

— — Dottbteuse, méchante.

-— 2 3. les Ba/cari^ttCJ..., les habitants des îles Baléares... — ~ « ieporum generis sunt et quos Hispania cuniculos appeliat» fcecunditatis innumerae, fameaque Balearibus insolis» populatis messibus, afEerentes... Certum est » Balearicos adversus proventum eorum auxilium militera a divo Augusto petiisse. a (C. Plinii Secundi Naturalis Historia, fib. Vin, cap. Lv.] Les habitants des îles Baléares, qui passaient pour les plus habiles archers du monde, auraient pu facilement se débarrasser eux-mêmes des lapins. Mais un commentateur de Pline explique ainsi pourquoi ils préférèrest implorer contre ces rongeurs le secours des Romains. « 11 est probable que les habitants des isles Bâ^

léares, Majorque et Minorqae, qui, comme je i'ai d^ji dit, étoient d'anciennet colonies celtibériennes , «Toient consenré le même respect religieux pour le lièvre et le lapin que César remarqua chez les habitants des isljcs Britanniques. (Leporem... gustare fas non putant, de Bello GalUco, lib. V.) Les uns et les, autres s'abstenoient donc de tuer et de manger aucune espèce de lièvres (et le lapin étoit censé du nombre) : ils s'en abstenoient, dis^je, par la raison que le nom du lierre (en langue ibérienne, li-^brt) leur rappeloit la mémoire de leurs fondateurs. On conçoit que ces peuples durent à la longue être fort incommodés de c^ animaux, et que cependant, par une ancienne superstition, ils n'osoient les détruire ; en sorte que leurs magistrats prirent le parti de faire demander à Auguste des troupes romaines, qui n'eussent point de scrupule à se rendre coupables du meurtre d'un lapin. ■ (Histoire naturelle de Bline traduite en françou, avec le texte latin rétabli d'après les meilleures leçons manuscrites, Paris, Desaint, 1771, t. III, p. 544, note 5.) ^

a 6, 5-6. Detrapée de civils encombriers (littéralement, tirée du jpiège des encombrements, 'des embarras civils), déli* vrée des discordes civiles. Les auteurs anciens employaient fréquemment encombrier et encombrance, pour «Acombrement,

— 7. Eust. Cicéron eut. — Marcus-TuUius Cicéron fut assassiné à Formies, en Tan 4^ avant J.-C, par l'ordre d'Antoine qu'il avait attaqué avec une certaine violence dans ses Philippiques. Les meurtriers apportèrent la tète et les mains du célèbre orateur romain au triumvir, qui les fit attacher à la tribune aux harangues.

«- 9. Pythiennes, Apollon est souvent appelé Pythius,

Pythien, parce qu'il tua à coups de flèches le dragon Python

dont la jalousie de Junon se servait pour tourmenter Latone,

sa mère.

— 1 3 . Pithon, ou Pitho, la déesse de ta persuasion et de l'éloquence.

16, 17- 19. Hoitilit.,, Ores qu'il eust gardé Us brebis de son père. Tullas Hostilius, troisième roi de Rome, qui régna de l'tn 666 à l'an 633 avant Jésus-Christ, fut, selon Valère- Maxime {De dictis factisque memorabilibut lib. III, cap. iv), élevé dans les forêts et mena plusieurs années la vie d'un simple berger.

97, 11. Emmantelant, couvrant d'un manteau-, obscurcissant. — La lune doit être ici prise pour la nuit.

— 14. A coup, tout à coup.

— — Austre, ou Àuster, vent eitrémement cjiaud, que la mjfthologie fait naître, soit d'Astréus et d'Héribée, soit d*Éole et de l'Aurore.

28, 7. Lelap, ou Uiaps et Ijtlaps, Ovide donne le nom de Jjtlaps à un des chiens d'Actéon (Métamorphoses, 1. III, ▼ers an), ainsi qu'à celui dont Procris fit présent à Cephale. (Ibid,, 1. VU, vers 71.) Ce dernier, comme le Lelap des Léroniens, surpassait tous les autres animaux à la course. « Currendo superabit... omnes », disait Procris en l'offrant i Céphale.

— 24-25. Heuscher (hucher), crier, aboyer. — Les fat" $ant heuscher par,.,, les faisant crier, aboyer, en les appelant par...

29, 21. Empiéter, saisir. — Empiéter était un terme de fauconnerie et surtout de basse volerie. — Un autour est dit empiéter sa proie quand il l'emporte à ses pieds. ( DiC'^ tionnaire théorique et pratique de chasse et de pêche, t. I, p. 345.)

30, a. Ost (du latin hostis, ennemi, qui dans les lois barbares a le sens d'armée), troupe, meute.

— 8. Outrer, fatiguer, forcer.

— 20. D'un petit tournoyment, en faisant un crochet.

— 21. Houbreau^ hobereau, oiseau de proie, le falco subbuieo de Linné. (Voir Cabinet de vénerie, IV, Tardif,

6o NOTES

te Uvrt dt fatdeonnerie.,,, t^ II, note de U ligne 8 de la page i6 do t. I.)

3i, lo. RialUr, Ce mot, qui n'a point de sens et qai paraît être une faute de Pëdîtion originale, doit» ce semble, être remplacé par crîalUr, ou plutôt criailler pour croasser.

32, S. Les aultres, les autres chiens.

— II.. E$chauguette, échauguette, espèce de guérite de bois placée sur un lieu éleyé et où l'on met une sentinelle.

— i6. Za colloqua prés des pieds d'Orion, Le Lièvre et Orion sont deux constellations australes ou méridioiuiles. Le Lièvre se trouve sous le pied gauche d'Orlon«

— 17. Lelapf le Grand Chien. — D'après la Fable, Céphale amena à Thèbes son chien Laelaps (voir ci-dessiis la note du vers 7 de la page a8) pour combattre le renard qui ravageait la campagne voisine de cette ville. Les deux animaux avaient reçu des dieux le don de ne pouvoir être tués par aucun autre. Au moment .où ils allaient en venir aux prises, Jupiter changea le renard en pierre et transporta au ciel Laelaps, qui devint ainsi la constellation du Grand Chien. (Germanici irafea P/urnomena^ Si, Canh.]

33, i2-i3. Pour monstrer à l'humain.,. Ces deux vers sont la traduction de la iSn du passage du Poeticon Astronomiton d'Hygin, cité en la note du vers 20 de la page 22.

'— 22-2 5. Ses oreiUes l'on voit au degré dix -septième du Cancre.,, — Chacun des douze signes du zodiaque est divisé en trente degrés, que Bullandre appelle aussi tûicts, maisons, logis. Selon Hipparque, dont le poète reproduit plus ou moins exactement la théorie, qusand la constellation du Lièvre se lève, le zodiaque monte du 27^ degré des Gémeaux au 12^ et demi du Cancer, et les premières étoiles qui apparaissent sont celles des oreilles. D'après le même auteur, lors du coucher du Lièvre, le zodiaque descend du 2* degré et demi du Bélier «u 14* du

NOTBS 6l

Tsttreau, et les étoiles qui dtiparaitteot le» premières sont celles des pattes de devant. {Mipparchi ad Arati et Kudojti Phmnomtna lib. III, {} S et 7.)

$4, 8. Les vaillanti fils des œufs, les Gémeaux ou les Jumeaux, Castor et PoUux. <^- Jupiter, pour séduire Léda, femme de Tyndare, roi de Sparte, s'étant changé en cygne, Léda accoucha de deux ceufs. L'un, de son mari, produitit Castor et Clytemnestre; l'antre, dn maître de fOljrmpe, PoUux et Hélène. Après la mort de Castor, tué par Lyneée, Jupiter transporta les deux fils de Léda au ciel, où ils formèrent la constellation des Gémeaux.

•— > 17. le fol Dtdalien, Icare> qui s'échappa ainsi que Dédale, son père, à l'aide d'ailes attachées avec de la cire, de Itle de Crète, où ^inos les retenait prisonniers. Icare, s'étant élevé trop haut, malgré les conseils de Dédale, te soleil fit fondre la cire ; les ailes se détachèrent, et l'impmd^it Icare tomba dans la mer Egée.

— a3-a5. Voyant U Scorpion^,,

Est locus, in geminos ubi brachia concavat arcus Scorpios, et cauda flexisque utrimque lacertiSj Porrigit In spatlum signorum membra duorum.

Hune puer ut nigri madidum sudore veneni Vulnera curvata minitantem cuspide vidit.

Mentis inops, gelida formidint lora remisit.

Qiias poitquam summum tetigere jacentla tergum, Exspatlantur equi, nultoque inhibente per auras IgnotK regionis eunt, quàque impetus egit, Hac sine Itge ruunt...

(Oxidii Nasonis Hetamorphoseon lib. II» ven.

S 5, 3. Pau, le fleuve du P6.

— - 8-11. Comment jadis flscherent Venus et Cupidon lu Poissons dans la deux,,. Vénus et son fils, se trouvant au bord de J'Euphrate, virent tout à coup apparaître le géant

Typhon. Pour lai échapper, ils se jetèrent dans le fleuve et se métamorphosèrent en deux poissons qui , selon certains poètes, furent ensuite placés 'dans le ciel, où ils forment la constellation portant leur nom. (C. Jul. Hygini Poetieon Âitronomicon i^ Ptsces.)

35, 16-18. En-€Lstra VEcrevict.,., fit de Técrevisse une constellation... — « Le Cancer, ou l'Ecrevisse, fut placé dans le ciel par Jupiter, pour avoir servi ses amours, en

> retardant par sa piqûre la fuite d'une nymphe fille de Garamante ou du pays des Garamantes. » (De la Lande, Astro^ nomit, n® $97. Voir aussi, Enéide, 1. IV, vers 198.)

36, 3-6. Que ce petit bestaîl de moj$ en mojs portoU.»^ L'ignorance de l'anatomie du lièvre, l'extrême fécondité de la hase, avaient fait admettre, dans l'antiquité, comme des vérités, certaines fables consignées par Pline dans ce pas^ sage : ■ Archelaus auctor est, quot sint corporis cavems ad ezcrementa lepori, totidem annos -esse aetatis. Varius certe numerus reperitur. Idem utramque vim singulis inesse, ac sine mare aeque gignere. Benigna circa hoc natura, innocua et esculenta animalia fœcunda generavit. Lepus omnium praedae nascens, solus prêter dasypodem {animal que des commentateurs pensent être le co£hon d'Inde) superfœtat, aliud edacans, aliud in utero pilis vestitum, aliud imp|ume, aliijd inchoatum gerens pariter. » (C. Plinii Secundi Naturalis Historia, lib. VIII, cap. lv.) — Gaston Phoebus, le premier qui parmi les théreuticographes français ait parlé de la nature du lièvre, disait : « Lièvres n'ont

/ point de sayson de leur amour ; quar il ne sera jà moys en l'an qu'il n'y en ait de chaudes ; toutevoyes conununement est leur grant amour ou rbois de genvier, et en celuy moys vont elles plus tost et maies et femelles que en temps de l'an ; et dès may jusques à vendenges sont elles plus lasches ; quar elles sont pleines des erbes et des fniiz, ou preinhs, ou communément ont leurs levretaui... Lièvres portent deux mois leurs levretiauls ; et quant elles ont levreté, elles liment de la lengue leurs levretiauls, einsi que fet une lisse. Et puis s'en fuyent loins d'iqui (de là) et

vont quérir Youlentiers le mtsle ; quar si elles demooroyent avec leurs levretiauls gueres (très) foulentters les mtngeroient. Et se elles ne trueyent le masle , elles reviennent i leurs levretiauls i chief de piesse (en fin de compte) et nourrissent et • alaitent leurs levretiauls par l'espace de xz joun ou environ. Une lièvre porte communément deux levretiauls ; mes j'en ay bien veu iqui en portoient yi, t , un et trois. Et si, dedens trois joun que elle a levretê, elle ne trueve le masle pour se faire alinhier (couvrir], les levretiauls seront mengiez par elle. (la Chasse de Gaston Phœbus, éd. de J. La Vallée, Paris, 1854; p. 4S et 47.] Le comte de Foix passe sous silence le prétendu hermaphrodisme du lièvre qui, du reste, selon BuUandre, n'était pas « arresté des veneurs » .

36, 8. Portière, utérus. — La médecine ancienne attribuait aux diverses parties du lièvre des vertus spécifiques qui seraient aujourd'hui fort contestées. Nous lisons, en eifet, dans Pline (Naturalis Historia, lib. XXVIII, cap. xix) : « Si vulvse leporum in cibis sumantur, mares concipi putant. Hoc et testiculis eorum, et coagulo (présure) profici. Conceptum leporis utero exemptum bis quae parère desierint, restibilem fecunditatem afferre. Sed pro conceptu , leporis saniem [sang corrompu) et viro magi propinant. » — Pour empêcher la stérilité des unions matrimoniales, Q. Sereons Samonicus disait aussi {de Medicina Prgcepta saluberrima, XXXIV) :

irrita conjugîi sterilis si munera tanguent

Et sobolis spes est muitos jam vana per annos,

Famineo fiât vitio res, necne, siiebo :

Hocpoterit quartus magni monstrare Lucreti;

Sed natura tamen medicamine victa potenti

Sxpe dédit fœtus studio curante paratos,

Aut igitur leporis consumit famina vu/yorn... <v^

Au XVI* siècle, Baudoin de Gand répétait encore ( Fe-

NOTBS

natio mtdtea eontinem rtmtdia ad omnes a eapitt ad cai* ctm vnqut morbos. Logdo&i Bstivomin, 1S89) :

Irrita eonjugibut Ventrit eertamina ai ÙRt Et $tmla eoitùs, nte lecti pignora chara Suecedantt Uporis frustatim vulva terenda at. Et pottquam soUto madutre madort loctlli, Famina virqut bibant immirsam ,rore faltrno.

Detcendcmtqtu citi in Vencrit eertamina latta : Coneipitt, jiuto et revoluto tempore, fatut Vagiet exclusus cunis..,

' Baudoin, qui, vite un lî^Tre, un cerf et an loup, constituait une véritable pharmacie, ajoutait ensuite pour les vierges folles du temps :

Diaiinylare suos eoitiu Uuctpa puella

Si cupit, incoisum et Fenerit gaudert duello,

Sirtfotum gatet teporis ptrixomate eUrau,

36, II. Coupi»^ probablement pour croupis, gîte, Tendroit où ranimai est accroupi.

3j, II. Canons, arquebuses. — Les premières armes à feu portaient le nom de « canons, bombardes et couien* vrines à main » . ( B^ron de Noirmont, Histoire àe la ehasst en France depuis les temps les plus reculés jusqu'à la Révolution, t. m, p. 2 33.)

— s 5. Que, afin que.

38, i-a. // prévoit,., quand le temps doibt changer, « Un lièvre de sa nature et de son semement connoist, la nuyt devant,, quieu temps il fera le lendemain ; et pour ce, se garde elle, au mieuls que elle puet, de màutemps > {La Chaise ,de Gaston Phoebus, du lièvre et de toute sa nature,) — « Le lièvre de sa nature cognoist de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures la mutation du temps. » (Du Fouilloux, /a Vénerie, ch. lv.)

— 16. le palais et ehatteau du Ikvte,,, — « Le lièvre

nous a monstre l'herbe de It cicorée sauvage, laquelle est fort bonne aux melancholiques : pour autant qu'il est Tanimal le plus triste et melancholique que nul autre et, pour se guarir de sa tristesse, s'en va gister volontiers dessous icelle herbe, laquelle les anciens ont nommée Palalium Uporis, dict Palais du lièvre. » (Du Fouilloux, ibid.)

38, 17-18. Caton,.. nousa%seure que sa chair nousprovo- 4jue à songer,,, — Caton, Caton l'Ancien ou lé Censeur, né en a 3a et mort en 147 avant J.-C. — Que sa chair.., • Lepus multum somni adfert illi qui illum edit. » (Cato, Ad filium, vel de Oratore^ ouvrage aujourd'hui perdu. Ce passage serait cité par Diomède. — Histoire naturelle de Pline, traduite tn françois avec le texte latin,., Paris, Desaint, 1777» t. IX, page 77a, note 41.)

— a3-a5. Oignez moy vostre corps.,, La comparaison de la fin du poème de BuUandre avec de nombreux chapitres de Pline montrerait facilement que le prieur de Milly n'a souvent fait que traduire plus ou moins librement le .célèbre naturaliste "romain. Il suffira, pour le prouver, de citer ce passage de la Naturalit Historia (lib. XXVIII, cap. xix), où l'on retrouve à peu près teituellement toute la matière traitée par le poète, du vers 4 au vers 1 6 de la page 40 : « Magnus est leporis usus mulieribus. Vulvas adjuvat pulmo aridus potus ; profluvia jecur cum Samia terra ex aqua potum; secundas coagulum : caventur pridiana balnea. lllitum quoque cum croco et porri succo, vellere appositum, abortus mortuos expellit... Item virgini novem grana fimi, ut stent perpetuo mammse (magi propinant). Coagulum quoque ob id cum metle illinunt... » — BuUandre n'était pas le seul à croire à la vertu des spécifiques que la médecine ancienne prétendait tirer du lièvre. Avant lui, du Fouilloux avait dit : « Premièrement, le sang du lièvre est grandement dessicatif : si vous l'appliquez sur quelque rongne (gale invétérée), il la dessèche et ^uarit. Le lièvre a un petit os dedans la jointure des jambes, lequel est souverainement bon pour la colique pas ston. Sa peau bruslée et mise en poudre est un souverain

remède pour arrester le sang d*une playe en l'appliquant dessus, a (La Vénerie, ch. lv.) On lit dans la Chasse du lièvre aveeques les lévriers, d'Habert, |Aroe en i $99 et dédiée à Henri IV :

Mais il faut dire icy quelles utilitez

Du lièvre on peut tirer, et ses proprietez.

Premièrement sa chair bien cuitte et bien rostie

Guérit le flux 4^ ventre et la diéenterie.

Son foye au four seiche appaise la langueur

D'un trop débile foye, augmentant sa vigueur.

Sa cervelle bouillie aux gencives est bonne.

Quand la douleur des dents les enfants espoinçonne.

Son fiel aveeques succre est propre pour les yeux

Qui sont chargez de taye et d'humeur chassieux.

Son sang frot fricassé, mis sur dartre ou sur rongne,

A la bien nettoyer en peu d'heures besofignt.

Sa fiante portée empescht^/ action

Non de Venus, mais bien de la conception ;

Mise dans le conduit, Vamarry trop humide

Elle seiche et des mois retient le fluide ;

De sa jointure on tire encor un petit os

Qui de guérir le mal de- colique a le los.

L'Espagnol Martinez de Espinar écrivait sous Philippe IV {Arte de ballesteria y monteria, Madridj 1544, lib. II, cap. XLii) : a Le lièvre a la chair assez forte, moins cependant que la vache, et chaude. Son sang offre une saveur plus agréable que celui des autres animaux. Bu avec du vin, il constitue un contre-poison. On emploie sa cervelle pour faire percer les dents aux enfants, en leur en frottant les gencives. Sa présure est très efficace lorsqu'il faut dissoudre du lait ou du sang coagulé dans l'estomac^ Mélangée avec du vinaigre, elle devient un médicament précieux pour guérir l'épilepsie. »

Quelques années après, Robert de Salnove, lieutenant de la grande, louveterie de Louis XIV, commençait ainsi son chapitre des Proprietez du lièvre : « Les proprietez du lièvre

se rencontrent beaucoup plus aux goûts qu'à la santé, neantmoins la cervelle en est bonne pour attendrir les gencives aux petits enfans, et leur faire plus promptement percer les dents, en leur frottant, et le pied de devant du lièvre est propre pour ceux qui sont sujets à la colique : si c'est le pied droit, il le faut porter au costé droit, et le pied gauche au costë gauche ; c'est ce que j'ay veu expérimenter i un gentilhomme de condition, et cela sans tirer à conséquence, ny blesser nostre religion catholique, apostolique et romaine.

Le poil est aussi propre à étancher le sang » fLa Vénerie

royale y Paris, Sommaville, 166 5, II« partie, de la Chatse du lièvre f ch. m.)

39, 10. Meurte, myrte. — Huile de myrte, huile préparée avec des fruits de cet arbrisseau et qui était autrefois employée en médecine comme astringente.

— 2 3. Dehachi, haché. "^

40, 7-8. Terre.,, de l'isle de Samos, sorte d'argile de couleur noire, considérée longtemps comme absorbante et un peu astringente.

— 3 1. Nonobstant la sentence de Pline. -— « Somnos fieri lepore iumpto in cibis Cato arbitratur : vulgus et gratiam corpori in IX dies, frivolo quidem joco, cui tamen aliqua debeat subesse causa in tanta persuasione. » (C. Plinii Secundi Naturalis Historia, 1. XXVIII, cap. xix.)

43, 2. Scytale. — « Voici ce que c'est que la scytale à Sparte. Quand les éphores envoient un amiral ou un général commander leur armée ou leur flotte, ils prennent deux bâtons ronds d'une longueur et d'une grosseur si parfaitement égales, qu'ils pourroient s'abouter sans quMl parût la' moindre inégalité dans la superficie; ils gardent l'un de ces bfttons et donnent l'autre au général quMls envoient ; et ils appellent ces bâtons scytales. Lorsqu'ils veulent donc écrire quelque chose d'important et de fort secret à leurs généraux, ils prennent pour papier une longue bande de parchemin fort étroite, qu'ils roulent autour de la scytale, ou du bâton qu'ils ont par devers eux, sans laisser le moindre petit espace

entre lés tours de cette bande, mai» joignaut les tours si près à près que la superficie du bâton soit entièrement couverte et cachée. Ensuite ils écrivent tout ce qu'ils veulent sur ce(te bande ainsi roulée ; et quand ils oiit écrit, ils la déroulent et l'envoient à leur général, toute seule, sans le bâton. Le général, l'ayant reçue prend la scytale ou bâton qu'if a emporté ^avcc lui et roule sa lettre ou bande de parchemin sur ce bâton ; de sorte que, les tours bien serrés et bien unis remettant les lettres dans leur ordre et les faisant quadrer, il rend parfaitement et présente dans son contour toute la suite de la lettre telle qu'elle a été écrite ; et on appelle cette lettre sçy taie, du nom du bâton » (Dacier, les

Vies des hommes illustres de Plutarque, traduites en français Paris, 1762, t. VI, Ly sandre.) — S'ils ne vous

engendroint la scytale ennuyeuse, s'ils ne devaient être pour vous l'objet d'une application ennuyeuse ; s'ils ne devaient vous contraindre à un travail fatigant pour les lire.

43, 5. Le travail du fort Thyrinthien, le douzième des travaux d'Hercule, le héros de Tyrinthe (Tyrinthius héros, Ovide, les Fastes, lib. II, vers 349), qui, obligé par le sort d'obéir à Eurysthée, descendit, sur l'ordre de celui-ci, aux enfers pour délivrer Thésée.

— 6, Le lut du grand prestre de Thrace, la descente

aux enfers d'Orphée qui s'y rendit aussi, avec sa lyre, pour obtenir le reto.ur à la vie d'Eurydice, sa femme.

— 8. D'Ops la rigoureuse race, les courageux fil&

d'Ops ou de la Terre, les hommes.

— 9. Dont, d'où, c'est pourquoi, aussi.

-—12. Mon vueil amyable, ma bonne volonté.

— i3. Flairer le ris Sybaritain, présenter quelque

chose d'aimable, de gracieux à vos yeux ; vous plaire.

— 14. Qu'on le morde pourtant d'une dent Theonine, la critique peut y mordre à son aise. — Théo était un calom-

niateur célèbre du temps d'Horace. (Horace, Éptlres, 1. I,

ép. XYIIl.)

43, 1 5 . Ensemble d'avaller et souffler n'ay moyen, je ne puis faire l'impossible, plaire à tout le monde.

44, 3. Pallas, ou Minerve, la déesse des sciences et des arts .

Imprimé par Jouaust et Sigaux

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