ACTE I
rnBSÊMBH rArnEBiv*
A Alger. — La place du Marché. A droite , tio corpa-de-garde ; dans le Food , la rue qui conduit k U porta
Babaxouu.
SCÈXE I.
MAURICE, OFFICIERS, LE SERGENT, Soldats.
lUiuric«etl«ioAc3miM>ta«MâUport«ea po«U,*truaMaL) MAURICE.
Oni, mes amis, si j'ai subi toutes les rigueurs auxquelles doit s'attendre un prisonnier des Bedoins, j’ai trouvé parmi eux un bomme admirable de dévoûment et d'humanité. Depuis que je suis revenu i Alger, je n'éprouve qu'un regret, c'est qu'il u'ait pu me suivre , lui et le brave sergent Lambert que les arabes Borgia firent prisonnier avec moi dans cette excursion dont vous étiez comme nous.
im orriciEB.
Et c'est b ce digne Bédouin que vous avez dû la liberté , lieutenant Maurice?
yxunicE.
La liberté et la vie, voMà ce que je lui dois, mon cher camarade... Et vous allez savoir commeuL.. Sergent, le marché ne tardera pas à commencer; des factionnaires sur la place!..
LU sxnux.XT.
Oui) lieutenant...
(11 sort >vee un prloton de soldats.)
MAcnice, contluuaul.
Une fois an pouvoir des Arabes, Lambert et moi , il ne nous resta aucune iucertiuidc sur la manière dont nous serions traités... Les mcuaccs, les coups, les outrages, une course forcée, à ■
* pied , à la suite de leurs chevaux ; tel fut notre apprentissage avant de parvenir au campement de la tribn... En y arrivant nous tombâmes, épuisés de fatigues et de désespoir... Ce que nous eûmes à soult'rir depuis. Dieu le sait, et cela vous paraîtrait à peine croyable... Enfin , nous fûmes mis sous la survciUaure d'Abdallah... C'est le nom de ninii s<iuvcur, messieurs... Abdallah nous ronduisit sous la teolc qu'il habitait avec sa soeur Fatmé...
O.V OFFlCIEa.
Fatmé , j'en suis sûr, va se trouver jcoue et jolie... et vous eu êtes amourenx, n'est-cepas, Maurice!.,
MAcaicg.
C'est vrai... Abdallah et Fatmé nous traitaient arec une affection fraternelle.,. Un jour, la plus grande partie de la tribu se mit en mardie pour une e.xpéditioii, et on menaça de mort Abdallah s'il nous laissait échapper... Le lendemain, quelques Bédouins seulement revinrent. . le reste avait péri... Us arrivèrent furieux, et h la suite d'une délibération, résolurent de me mer pour vcimcr leurs eamaiades... Quant à Lambert, il était si malade , qu'ils ne jugèrent pas nécessaire de s'en orruper... Or, au milieu de la nuit AlKlullah, entrant avec précipitation dans la lente, éveilla Fatmé, et je les entendis parler vivement h voix basse... Puis, Fatmé tomba aux genoux de son frère et lui adressa des supplications... «Viciu, me dit tout4i-coup Abdallah;
LF. LION DU DÉSEnT.
elle Teut le sauver, je le veux aussi , et que le »®* disant : Allez toujours devant vous mes enpropbite nous protège!,..» « Et Lambert, » lui (ans!..
dis-je. s On ne le menace pas, hii, tandis que ta tète doit tomber ce matin... Dailleurs, il est si faible qu'il ne pourrait nous suivre ; vous péririez tous deux : Viens!., ■ Lamltert se joignit .i hii pour me décider... J'embrassai Fatmé, je suivis Abdallah ^ me conduisit en vue des avantpostes français, et je le quittai plein de reconnaissanee. Dieu veuille qu'il ait pu expliquer mon évasion, et qu'il n'ait pas été puni de son humanité!.. VoUi ce qu'a fait Abdallah , messieurs , et puissé-jc un jour m'acquitter envers lui!.. Entre nous deux , c'est désormais à la vie et à la mort !.. Les Arabes vont arriver pour le marché... n fautquej'aillc m'assurer des postes... Au revoir!..
TOl'S.
Au revoir!,.