‹ Le lion du désert piéce en trois actes et six tableauxChapitre 7 sur 35 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, MAURICE.

iiATmcE, aprésavolr Iravcreéla fouit.

Lambert!

lAMBEIiT.

Mon lieutenant;!

(Ils Mjeuent dans les bras l’nn del'auln.) UAUBICE.

Tn as pn t’échapper, enfin !

LAMBEBT, monlranl Abdallah cpil n'a pas encore été vu de Maucicc et qui est resté dans une attitude de désespoir.

Grâce à loi, mon lientenanL

MAUBICE.

Abdallah ! (Courant i lui et l'embrassant.) Abdallah !

(Abdallah, S la vue du lieutenant, laisse échapper un cri de joie ; Il lui prend les mains qu'il serre dans les siennes.)

MACBICE.

Mon libérateur! mon ami!.. Abdallah.,, Oh!

In as bien fait devenir parmi nous !.. et ta sœur, Falmé?., tu ne me réponds pas... lui est-il arrivé malheur?

LAUBEBT.

Non, mon lieutenant.

MAUBtCE.

Dieu soit loué!., mais parle-moi donc, Abdallah ?

LAUBEBT.

Hélas! mon lieutenant.. Ab! les brigands, les brigands !.. Impossible qu'il nous parle !..

HACniCE.

Pourquoi?..

LAUBEBT.

Huet!..

HAVBICE.

Huet!..

(Abdallah est retombé assis ; il essuie des larmes.) LAUBEBT.

Eh! oui, nom d'un tonnerre!., quand vous avez été parti...

MAUBICE.

Eh bien ?..

LlMnEBT.

Les triples giicusards de Bédouins vinrent â la lente comme des enragés, furieux, quoi!.. Ils avaient su que vous n'étiez plus là... Quelquesuns entraînèrent Falmé, pour la conduire au Sclieick... Quant à ce pauvre malheureux!., ils lui demandèrent où était le prisonnier qu’il devait garder. I II est parti, qu’il répondit.— Seul?..

» Seul. » Tu ne mcnliras plus, se mirent-ils à crier... Et, là-dessus, ils l’entraînèrent hors de la tente.,. Je me cramponnais à lui pour le retenir... mais , bah I j’étais seoi , brisé par la lièvre !.. Je n'y pouvais rien... je l’entendais crier que ça me fendait le rœur... Et, quand il rentra dans la tente , eh bien ! c’était fini... il était sanglant, mutilé, muet !..

MAUBICE.

Horreur !... (Houvement général d'horreur et de pitié.) Et c’est pour m'avoir sauvé, moi!., malbeureux Abdallab ! Ah ! te venger !.. te venger !..

LAUBEBT.

Et moi donc, lieutenant!.. Savez-vous ce qu'ilaliiit pour moi, mes amis?., il n'a pas voulu quitter sa tribu sans m'avoir tiré d'entre les griffes de CCS démons incarnés... Pendant un mois, je ne sais pas tout ec qu'il a imaginé pour en venir à bout, cl il y a rétissi... Mais, c’était pas O®, içqt de s’esquiver ; il fallait filer jqsqu’à Alger et

tnTersO' an rad« pays, où noos attendaient d'an- ' Irea ennemis encore que ica Arabes. Un Jour, nous marchions péniblement La ehaleur était dévorante... et le désert , silencieux comme une éitlisc. Tont-à-conp un cri terrible arrive Jusqu'à nous ; c'était le cri du lion. J'étais sans armes... et, tout dur à cuire que vous me connaissez... ma foi... Je sentis comme un frisson qui me courait partout... Les Prussiens, les Cosaques, connn... mais les lions... En trois bonds, l'animal tombe à deux p.as de nous. Abdallah se place aussiiAt devant moi... et, là. Je vis commencer un combat que Je n'oublierai de ma vie, et qui , pourtant , dura peu ; car Abdallah renversa Ûentât sous lui son eOroyable adversaire... Honteux de ma faiblesse , Je voulus, au moins , l'aider à le tuer ; mais d'un geste il m'arrêta... Le lion était demeuré aux pieds d'Abdallah ; le regard de l'homme avait achevé ce que le bras avait commencé : le lion n'était pas scnlement vaincu, il était dompté,. , De ce moment, il devint presque l'esclave d'Abdallah... et c'est en nous apportant le produit de sa chasse qu'il nous a fait vivre... Cet étrange compagnon de voyage ne nous a quittés qu'à quelques lieues d'ici, et quand son secours ne nous était plus nécessaire.

nniSQt'ET.

Vià un modèle de lion ; il descend peut-être de quelque caniche.

VACOSSItf.

. C'est ég.al. Ce bédouin est plus fort que la ' femme sauvage que J'ai vue à la foire de Gonesse!..

UACatCE, à ceux qui l'entourent.

Amis, vous savez maintenant ce qu'Abdallah a M pour nous... Vous parlez. J'en suis certain , nos sentimens iTiHlmlration et de reconnaissance!.. C'est un camarade, c'est un frère de plus!..

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