SCÈNE XII
MAUDUIT, MORIEUX. **
morieux, se levant.
Ne te gône pas, commandant.
* Morieux, Mauduit, Mistral.
'* Morieux, Mau luit.
MAUDUIT
Ce n’est rien : une femme de confiance, que j’ai ici pour diriger le château, est allée passer quelques jours à Melun, et les domestiques ne savent rien faire quand elle n’est plus là. Mais tu dois la connaître. C’est toujours Annette.
MORIEUX.
Ta fameuse cuisinière delà rue de la Pépinière?
MAUDUIT
Oui... que veux-tu?... elle m’a toujours servi avec tant de zèle, tant d’affection... Tu avais trente-six ans, disais-tu?
MORIEUX.
Les femmes du monde m’avaient blasé; une femme de la campagne, pensai-je, me donnera une seconde vie. Je résolus, en époo sant Lucette Vernon, la fille de mon fermier, de me lier avec sa famille, des meuniers, des marchands de blé, des marchands de fourrage... Tu souris?
MAUDUIT
Un peu... Je vois venir.
MORIEUX.
Tu ne vois rien venir, je te l’assure. Enfin j’épousai Lucette Vernon.
Te voilà en plein fourrage.
MORIEUX.
Mon bonheur le plus doux fut de voir ma femme ne prendre aucun plaisir au luxe, à la splendeur dont elle se trouva tout à coup entourée. De mon côté, je me rapprochai toujours davantage ae ses parents. Sa santé avait été un peu altérée ; je la laissai à Paris, aux soins du digne docteur Duval, et j’allai résider avec quelque régularité au milieu de ma nouvelle famille.
MAUDUIT
Quel âge avait ta femme quand tu l’as épouséolj
MORIEUX.
Seize ansj
MAUDUIT
k En sorte que lorsqu’elle a eu dix-huit ans, tu «a a compté trente-
, MORIEUX.
Mais oui. %
MAUDUIT
Ah! mon pauvre ami l
MORIEUX.
Tu crois deviner, commandant.
MAUDUIT
Je te devine. Couvre-toi.
MORIEUX.
Tu nodevine3 pas du tout, commandant.