‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 146 sur 329 · DIAGNOSTIC DE LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE PAR LA PONCTION LOMBAIRE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DE LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE PAR LA PONCTION LOMBAIRE

Insuffisance de l’examen cytologique.

On asseoit volontiers et souvent le diagnostic de méningite tuberculeuse, faute d’éléments cliniques particulièrement démonstralifs, sur l’examen cytologique du liquide de ponction.

DANS LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE

Je ne saurais cependant trop mettre en garde contre les erreurs auxquelles maintes fois l’on peut être ainsi conduit.

La lymphocytose est loin de faire partie du tableau de toutes les méningites tuberculeuses (1). L’apparition de cette lymphocytose est tardive, ou ne se fait pas ; les cas sont nombreux pour lesquels une polynucléose n’a cessé de se montrer (2). L’obtention d’une formate mixte, qui laisse le clinicien indécis, est un fait banal. Enfin, l’absence d’une réaction cellulaire quelconque a été signalée (3).

D’ailleurs, la lymphocytose n’est pas propre à la seule infection bacillaire; elle se rencontre dans d’autres cas qui n’ont rien du pronostic fatal, ou presque lel, de la méningite tuberculeuse (Affect, syphilitiques, Obs. 21, p. ex.).

Sans sortir de mes observations personnelles, les résultats de l’examen cytologique pratiqué par les docteurs Roger, Euzière, Anglada, rapporté aux tableaux précédents n'* 1 et n° 2, sont suffisamment éloquents. La polynucléose est plus fréquente qu’on ne le pense, et que ne l’indiquent la plupart des statistiques ; plusieurs des cas que j’ai pu étudier se seraient, en effet, vu classer, d’après ces résultals, dans les méningites « non tuberculeuses », et, de fait. Vont été avant que la nécropsie, les examens anatomopathologicpies, ta recherche patiente des bacilles de Koch diV inoculation au cobaye, ou tout autres moyens utilisés pour en vérifier la nature véritable ne soient venus dévoiler et démontrer surabondamment leur caractère tuberculeux.

Valeur de l’examen chimique.

Tout autrement sù/’ et précis est, au contraire, l’examen chimique.

Dans les observations précédentes, dès le début, et sans hésita-

(1) Anglada (Th. INIontpellier, 1909).

él) On a cherché à expliquer cette polynucléuse par le caractère suraigu de l’infection, la présence de bacilles, l'existence d'une association microbienne ; mais les conclusions des auteurs qui ont examiné de près la cfuestion s'accordent toutes à reconnaître V insuffisance de ces explicajj.iüns. Citons Carrière (1902) ; Villaret et Tixier (1905); Gillard (1906); Landowski (1907); Espinet (1908^ Ririerre et Pasturier (1908) ; Paultz Lyon mécl. 1906 ; Meyer, Arcli. fur Psych. t. XLIII, f. 2, p. 971, etc.

(3) Renon et Tixier.

lion possible, raiialyse du liquide de jioucLioii a louriii des reiiseignemenls exacts.

Plusieurs lois, les conclusions de l’analyse étaient en opposition formelles avec les données cytologiques ou l’impression de clinique. Mais, loiijoiirs, l’évolution ultérieure, la nécropsie ou autres constatations ont donné raison à la formule trouvée qui n’avait cessé d’indiquer, par les particularités connues, la nature tuberculeuse du processus.

L'exameiî chimique du liquide de ponction lombaire fait le diagnoslic de la méningite tuberculeuse, et la dintingue :

a) Des autres méningites aiguës ; méningite cérébro-spinale épidémique, méningite pneumococcique, streptococciqiie, etc., par ses chiffres de chlorures, de cendre, d'albumine, d’extrait, pathognomoniques.

Ce diagnostic est d’autant plus important à porter de bonne heure, et d’une façon absolument sûre, qu’une thérapeutique active peut être instituée si l’affection est reconnue non tuberculeuse. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de sauver les deux petits malades des observations 20 et 25, considérés, avant l’analyse du liquide de ponction, comme atteints de méningite bacillaire.

b) L’analyse chimique établit également une différence entre la méningite tuberculeuse et certains états méningo-encéphaliques aigus, subcomateux pouvant en imposer, comme dans le cas de l’observation 156, qui était une méningo-encéphaliqiie syphilitique, pour une méningite tuberculeuse. Le diagnostic orienté ici vers une voie différente fit entreprendre un traitement spécifique qui eut les résultats les plus heureux (1).

c) L’abaissement des chlorures, le taux des cendres et de l’albumine et celui du sucre empêchent enfin de confondre la méningite tuberculeuse avec nombre d'états méningés apparus chez des infectés ou des intoxiqués de divers ordres (fausses méningites, méningisme des auteurs) qui, chez, l’adulte et l’enfant surtout, peuveni, par suile de céphalée, de constipation, de vomissements, d’amaigrissement coexistants, en imposer pour une infection bacillaire des méninges.

(1) La malade est actuellement, après deux ans et demi, en bonne santé.

DANS LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE

Conclusions.

En résumé :

Jesiiisamenéà accorder à I examen chimique du liquide céphalo-rachidien, dans la méningite tuberculeuse, une place importante dans le diagnostic de cette alfectwn.

Malgré les idées classiques, / examen cytologique est manifestement insuffisant; la considération du taux des chlorures, des cendres et de Palbumine me parait, par contre, au même titre que la présence de bacilles dans le liquide céphalo-rachidien, être la signature indéniable de la nature tuberculeuse du processus méningé.

Avec une sûreté que peu de méthodes connaissent, et en quelques minutes, /'analyse chimique du liquide de ponction fait le diagnostic de méningite tuberculeuse, parfois si difficile, mais que les moyens thérapeutiques puissants dont nous disposons si fa/fection est reconnue non bacillaire et le pronostic fatal de toute méningite tuberculeuse nous commandent de poser.

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