B. — URÉMIE PURE
J’ai déjà défini (p. 578) ce que l’on pouvait entendre par urémie pure. Je classerai, comme Mollard et Froment, les observations en deux groupes.
a) Urémie pure curable.
(3) Urémie pure mortelle.
et) Urémie pure curable.
0 gr. 40 Urémie. Aghard et Loeper, Dircksen (1901), (Manque de renseignements cliniques).
0 gr. 40 Néphrite. Convulsions urémiques^ coma. Caüssade et Vilette (1909).
URÉMIE
0 gi'.
1 gr
1 gr 1 gr
1 gr
2 gr
2 gr 2 gr
2 gr A ces 2 gr. 19
98 et 1 gr. 08. Néphrite, convulsions éclampsiques et coma. Pas de Kernig ; formule à polynucléaires clans le liquide céphalo-rachidien. Cii.vuffard (1907). 12 Néphrite post-scarlatineuse, convulsions et coma chez un enfant. Carrière (1905).
23 Néphrite à la suite d’une angine; I^rnig, convulsions. Nobécourt et Harvier (1908).
77 Néphrite scarlatineuse, urémie gastro-intestinale.
Nobécourt et Darré (190o).
12 — 2,00 — 1,75. Néphrite de nature indéterminée,
convulsions et coma urémique. Carrière (190o). 00 Néphrite scarlatineuse devenue chronique, convulsions et coma urémique. Carrière (1905).
05 Urémie, convulsions et coma. Carrière (1905). 25 Urémie (non immédiatement mortelle). Castaigne
et Weill (1911).
55 Urémie dyspnéique ; Nordmann (m Bonnotte (1910). observations, j’en joindrai une personnelle, présentant
d’uiée.
OBSERVATION nO 169. - Urémie pure, dyspnéique et nerveuse.
d’albumine. Régime lacté exclusit. , , RpHi-p
U 17 ma,., les œdèmes n’ont l’"*. su veillancè
LT“nouveifÏÏ'i'|nt“ d'e foo'cï“- U^I . Fièvre tombée, délire calme qui a
disparu ensuite progressivement.
U 30. Les urines ne renrerment d'ie <les traces
Le malade s’améliore progressivement et est actueliemeni comi
guéri.
Ponction du 20 mars 1911 :
Al. 0,20.
Urée 2,19.^
Urée du sérum du même jour, lj97.
(1) Observation due à l’obligeance de Mlle Giraud, interne des
hôpitaux.
INTOXICATIONS
En résumé:
Dans l’urémie pure curable, le Unix de l'urée varie de 0 gr. 40 à 2 gr. 55.
A remarquer les chiffres parliculièremenl bas pour lesquels peiwenl se mamfesler des sipnplômes urémiques (0 gr. OS el
1 gr. 23., el peul-êlre 0 gr. 40). Je ne reviens pas sur la significalion de ces fails.
P) Urémie pure mortelle.
Les obseï valions ci-après el les taux d urée suivants ont été donnés.
3 gr. 05 Néphrite chronique. Délire. Coma. Mort. Froment et Rochaix (m Bonnotte, 1910).
3 gr. 73 Néphrite chronique. Céphalée. Torpeur cérébrale.
Mort. WiDAL et Froin (1904).
4 gr. 20 Néphrite chronique. Crises convulsives comateuses.
Mort. Froment (1909) (Soc. Méd. Lyon).
4gt. 35 Néphrite chronique. Torpeur cérébrale. Coma. Mort. WiDAL et Froin (1904).
4 gr. 39 Néphrite. Convulsions urémiques. Mort. Autopsie. Achard et Froment (1909).
4 gi. 48 Néphrite chronique. Convulsions éclamptiques. Mort. WiDAL el Froin (1909).
4 gr. 49 Coma urémique. Il s’agit de crises convulsives prises pour de l’épilepsie jacksonienne, le sujet étant syphilitique, mais en réalité c’est de coma urémique que succombe le malade. Castaigne et Weill (1911).
6 gr. 34 Grande urémie. Javal et Boyet (1910).
Toiiles les valeurs trouvées dans l’urémie pure mortelle sont donc supérieures à trois grammes et comprises en général entre 4 et 6 grammes. Ce fait est d’accord avec ce que l’on sait de la toxicité des produits urinaires (1).
Seules 4 observations de (Arrière (1905), qui ont trait, il est
(1' D après les e.xpériences de Bouchard sur la toxicité urinaire, un taux de 4 granames d’urée dans le sang correspond assez exaclüinenl à celui (pii clonnerait la rétention de la (piantitc d’urine nécessaire à intoxicpier de 1 organisme (Froment;.
URÉMIE
vrai, à des cas d’urémie moins pars que les précédents, font exception à cette règle ; mais, pour des raisons d’ordre analytique et technique, je fais les plus grandes réserves sur la valeur de ces dosages, et me dispenserai de les rapporter
ici (1).
Autres constituants du liquide céphalo-rachidien dans Turémie pure.
\ Castaigne, Tun des premiers, a clierclié à éclairer le diagnostic de l'urémie par la détermination de points cryoscopupies, mms sans parvenir a Up ffi-ands résultats (1900). Céconi (1901 et 190.)) trouve des valeurs geneia-
-0066 -0007. Ont encore
été donnés;
)0 «ri - t,AW.nv-[)m.;i«EN M cas); -Op à -0»57 -OOM dans 3 cas de W.dal et 1-'ro,n il9ü4). -ü»-18 -0«50 -0« dans 3 «.s, Carrière 0905); — 0062 et 0069, Cuauffaru. — Moyenne : — Oo.)8 (10 cas). Extrêmes — 0048 et — 0069.
b) Dans Turémie mortelle :
— 0070 et — 0073. WiDAL et Froin (1904). — OO//. jAVAcet Boyet.
Moyenne : — 0073 ;3 cas).
Albumine :
Urémie mortelle ;
Absence ou traces, Carrière (3 cas); 0 gr. 98, Ch.vuffard.
Chlorures :
a) Urémie curable : , , i
Très supérieurs à la normale (4 cas), (Acuard, Loeper et I^AunRY-DiRKsEN (1901) (2); — 7 er. 66, Nobécourt et Darre; — 7 gr. 91, ÎNobecourt et (1908); 8 gr. 60, Caussade et Villette (1909); —7 gr. 60, Aordm.\nn {in Ibese
Bonnotte). ^ A O
Moyenne : 7 gr. 80. — Extrêmes : 7 gr. 60, et 8 gr.
iquremie ^o^telle (1904). g,.. 20 (?) Froment et
RochaTx (1909); —5 gr. 90 (?) Froment (1909). — Elevés pour idal et Proin, les chlorures s’abaisseraient (?) pour Bocuaix.
Sucre : 0 gr. 75. Dircksen.
(1) Carrière a en elTet trouvé ; 1 gr. 15, l gr. 80, 1 gr. 92, 2
Mais dans les analyses, je relève les valeurs suivantes pour ® ‘ ;
6gr. 15, 6 gr. 05, 7 gr. 10, o gr. 25, chilïres invraisemblables «l nuandestemenl faux. Les chilTres des chlorures ne le sont pas moins ; ] elTet pour eux : 2gr. 15 ; 2 gr. 70 ; 3 gr. 15 ; 1 gr. 2.) en NaCl. Il est a i besoin de donner une démonsi ration de l’inexactitude de ces ' aleii s. chose serait cependant facile. Si, en effet, de tels extraits on (.kn ^ ; 2 grammes de matière organique existant clans tous tes licjiudes cepna 0c/ieas, les quantités de chlorures indiquées ci-dessus, et 1 uree, n aucune place pour les matières minérales ; orces dernières ne sauraiem nie | . dans le liquide céphalo-rachidien, elles ont môme dans 1 impermeabili e s valeurs les plus elevées.
On comprendra dès lors mes réserves.
(2) Valeurs corrigées (X 1,27) — 8,60 — 7,74 — 8,23 — 8,23.
INTOXICATIONS
Toxicité. La toxicité a plusieurs fois été notée dans Turémie fSouonps m Cast.xignr 1900). (Juatre fois sur douze (flASTAiONE 1900). Ouelmjefoîs (Cariuère 190,)). Ce caractèi’e n’a en réalité rien de constant ; cette étude esf are prendre sur de nouvelles hases. "
L’existence d’une siihslance mijclrialique dans le licpjide céphalo-rachidien comme dans le sang, mise en évidence par Mancini, est intéressante à noter’
Perméabilité.
Castaigne, en 1900, sur A malades ayant présenté un liquide céphalo-rachidien toxKiue pour le cobaye, a trouvé (juatre fois une perméabilité positive • 2 fois au bleu, 2 fois à l’iodure.
Par contre Achard, Loeper et Laucry (1901) dans un cas, Widal et Sicard clans deux, n’ont rien obtenu avec l’iodure et le bleu.
L’observalion personnelle 170 complète ces notions relatives aux autres constituants de Turémie pure.
OBSERVATION n'’ 170. — Urémie convulsive et comateuse. Mort.
Femme de 70 ans, du service du professeur Vires. C’est une briglitique classique, en trailement depuis longtemps, quand brusquement, le 10 février 1909 au soir, surviennent des convulsions toniques généralisées, plus marquées cependant à gauche. Des convulsions cloniques leur font suite ; puis un état de résolution complète. Coma. Myosis et hvpertension artérielle; respiration irrégulière sans véritable Cheyne-Stokes.
Ces crises épileptiformes se renouvellent durant une heure environ. On pratique alors une saignée de 500 grammes. Les crises cessent. La malade ne présente plus que de temps à autre des secousses musculaires assez fortes. Le lendemain, les crises recommencent et se terminent bientôt par la mort.
L’urine renfermait avant ces crises 0 gr. 30 d’albumine.
Autopsie^ : Congestion méningo-encéphalique marquée, plus prononcée sur l’hémisphère droit où il y aune légère exsudation méningée. Reins petits et scléreux, substance parenchymateuse atrophiée. Les autres organes sont sains.
Examen du liquide céphalo-rachidien (1).
Al. 0,95. — Ch. 8,31. — Suc. 1.45.
Pression, plutôt hypo (2). — Aspect, limpide. — Couleur, incolore. — Exameni microscopique, culot abondant; 40 éléments par champ. 92 °j„ de polynucléaires intacts, pas d'éléments microbiens visibles.
Le tableau suivant ii° 27 résume les propriétés relatives à l’urémie pure.
{\) In Mestrezat et Anglada. Réaction méningée dans un cas d'urémie et in thèse Anglada, obs. IV.
(2) C'est par erreur qu’il a été indiqué dans des publications antérieures l’existence d’une hypertension.
URÉMIE
Tableau n° 27
Composition du Liquide Céphalo-Rachidien dans l’Urémie pure
Cas curables Cas mortels
Urée . . .
Albumine
(0 gr. 40) (?)
0 gr. 98 à 2 gr. 55
0 gr. 20
3 gr. 05 à 6 gr. 34 traces
et 0,95 — 0,98
Chlorures
7 gr. 60 à 8 gr. 00 moy. 7 gr. 80
7,72 à 8,31 moy. 8,10
Sucre
1 gr. 45
— 0“48 à 0«69 moy. — 0“58
Toxicilé el perméabilité
Variables
0<>70 - 0«77 moy. — 0‘*73
Variables