BILE
Pigments biliaires. — Cette recherche s’effectue aussitôt après ponction, le temps et la lumière altérant ces pigments.
Réaction de Gnielin, Cette réaction classique employée par la plupart des auteurs (Bard, Sicard, Widal, Froin, Foix, Levy, TROisiER,etc.) est par trop peu sensible.
Il n’apparaît en effet le plus souvent qu’un anneau rosé, lui-même assez fugace.
Séparation des pigments biliaires par les précipités bargliques.
Procédé Jolies modifié par Vauteur. — Procédé Grimbert.
Le procédé Jolles modifié est le procédé de choix.
La technique que je propose est la suivante :
Dans un tube à centrifuger, 8 cc. de liquide céphalo-rachidien sont additionnés de 1 cc. de chloroforme, de 5cc. de chlorure de baryum au dixième, et de 3cc. d’une solution de bicarbonate de soude à 10 ”/o (solution saturée à froid).
Après avoir agité le mélange, on centrifuge quelques secondes à vitesse moyenne. Le chloroforme, se rassemble au fond du tube, séparé du liquide clair par un bouchon de bicarbonate.
(1) C. Fleig. Nouvelle réaction à la fluorescine, pour la recherche du sang 6" particulier dans l’urine. (Soc. de Biologie, T. 69, p. 192, 23 juillet 1910).
(2) J’ai eu en elîet l’occasion avec le Ville de faire quelques essais à ce point de vue. Le plasma sanguin bien pur ne donne pas d’une façon appréciable la réaction. Celle-ci tient uniquement au groupement ferrugineux de 1 hémoglobine. On la retrouve en conséquence avec une série de pigments dérivés; les pigments biliaires ne la donnent plus.
PIGMENTS mLIAimÜS
On décante le liquide qui surnage, et on le remplace par 7 à 8cc. d’eau. A l’aide d’un petit agitateur, on remet en suspension le précipité barytique et l’on centrifuge à nouveau. Après quelques minutes de rotation, le précipité étant rassemblé, on décante et jette l’eau de lavage que l’on remplace par 2 cc. de liqueur d’IluBL au centième additionné de 1 cc. d’HCl pur.
La liqueur d’IiucL n/100 se prépai;e en mélangeant, au moment de l’emploi, parties égales des deux solutions suivantes : iode 0 gr. 13 dans 100 d’alcool à 95", et HgC12 0 gr. IG dans 100 du môme véhicule.
Sous l’action de l’acide chlorhydrique, le bicarbonate se dissout (refroidir au besoin légèrement le tube durant cette opération).
Quand le dégagement d’acide carbonique a cessé, boucher avec le pouce et ogiler énergiqiiemenl pendant quelques minutes.
Le tube est enfin abandonné un moment à lui-méme (1), puis centrifugé, une dernière fois pour rassembler le chloroforme.
C’est la coloration du chloroforme qui doit retenir l'attention.
Celle-ci est dans la majorité des cas d’un beau vert pré, quand le liquide essayé renferme des pigments biliaires en certaine quantité ; mais elle peut varier, suivant l’abondance plus ou moins grande de ceux-ci, des teintes les plus tendres au vert bouteille foncé.
Cette coloration du chloroforme s'accentue avec le temps, au fur et à mesure que l'oxydation des pigments se fait. Y aurait-il donc doute au début, pour une raison quelconque, il convient d’observer le tube un jour ou deux.
Le procédé est d'une exquise sensibilité pour la recherche des pigments biliaires.
\Y hémoglobine et Vurobiline ne donnent en aucune façon la coloration ci-dessus. Le chloroforme devient simplement jaune-brun ou brun en leur présence et conserve sans variations cette teinte.
La présence d'urobiline en petite quantité, à côté des pigments biliaires no gène pas. On remarquera seulement, qu’une teinte rosée précède la teinte verte, l’urobiline diffusant plus rapidement que la bilirubine dans le chloroforme.
La connaissance de cette particularité a son importance ; elle permet dans certains cas de mettre nettement en évidence à côté des pigments biliaires de petites quantités d’urobiline. Celle-ci peut en outre être caractérisée au microspectroscope par la bande à la limite du vert et du bleu que présentera la solution. Les pigments biliaires purs ne donnent aucun spectre.
Procédé Grimbert. — Guimoert ajoute au liquide à examiner la moitié de son volume de BaCl^ à 10 p. 100 (2). Agite vivement, filtre, lave avec un peu d’eau distillée et entraîne par 5 cc. d’alcool à 90" acidulé par 5 p. 100 d’IICl
(1) Il n’y a même aucun inconvénient à le laisser ainsi jusqu’au lendemain. 1^2) Dans le cas du lifiuide céphalo-rachidien il conviendrait d'ajouter encore, après l'addition de chlorure de baryum, 3 cc. de bicarbonate de soude, comme il a été fait dans le procédé Jolles modifié.
NOTIONS TliCllNiyuKS
en volume. Le liltral porté au hain-marie boiiillanl une minute laisse développer une belle coloration verte (I).
Recherche de l’urobiline.
11 n’est pas pour celte rccheirhe de procédé aussi sensible qu’il serait désirable. Souventl’on en est réduit à susi)ecter seulement la présence d’urobiline par les particularités remarquées lors de la reclierclie des pigments biliaires.
Voici néanmoins un procédé assez recommandable dùà Mouel et Monod(2), utilisé par ces auteurs pour le sérum, et que j’ai eu l'occasion d’appli(pjer au liquide céphalo-rachidien.
Trois cc. de liquide à essayer (3) sont additionnés de 30 cc. d’alcool à 95» et chauffés 20 minutes au réfrigèrent ascendant; filtrés, et réduits à 3 cc. au bain-marie (4). Après refroidissement, on ajoute une goutte du réactif d’OBERMAYER au 1/100 (HCl : 50 cc. perchlorure de fer 0 cc. 10), puis 2 cc. de réactif zincique (solution d’un gramme d’acétate de zinc dans 100 cc. d’alcool à 95»; la clarification étant obtenue par l’addition d'acide acétique). On laisse reposer vingt-quatre heures à l’obscurité, filtre et recherche au foyer d’une lampe à arc, la fluorescence que développe l’urobiline.
Froin a fait usage dans ses recherches du procédé ordinaire au chlorure de zinc et à l’ammoniaque.
Troisier a employé le procédé Grigaut (5), qui consiste à oxyder par Fe^Cl»; à précipiter les albumines à l’ébullition par SOLXa^, et à extraire par le chloroforme thymolé à 15 p. 100 (AuciiÉ). Le chloroforme séparé est traité par une solution alcoolique de ZNCl^. La fluorescence est recherchée dans un éclairage intensif.
Sels biliaires.
Recherche par la lension superficielle. — Les sels biliaires abaissent fortement la tension superficielle ; c’est donc là un moyen physique de les rechercher. On emploiera à cet effet avec avantage le compte-goutte de Duclaux que nous avons décrit aux mesures physiques. Le nombre des gouttes est augmenté.
Réaclions de Ilay el de Pellenkofer. — La réaction de Hay est bien connue (chute du soufre en fleur). Celle de Pettenkofer ne saurait être effectuée
(1) La limite de sensibilité du procédé Grimbert serait, d’après Javal, qui a opéré sur des solutions de bile, de 1/600" (Soc. Méd. des Hôp., 23 juillet 1909.)
(2) Morel et Monod. — G. R. de la Soc. de Biologie. T. 64, p. 205, fév. 1908.
(3) Il est préférable d’employer 6 cc. que l’on réduit de moitié par ébullition dans le vide.
(4) Mieux vaut faire cette réduction par ébullition dans le vide comme je l’ai indiqué en note p...
(5) Grigaut. — Recherche de l’urobiline dans le sang et dans les humeurs de l’organisme. G. R. Soc. de Biologie, 8 mai 1909. T. 66, p. 725.
ÜROBILINE. — PERMEABILITES
sur le liquide céphalo-rachidien directement, comme la chose a été faite. La technique à employer est la suivante :
Quelques centimètres cubes de liquide sont évaporés au bain-marie. Le résidu est broyé avec 2 cc. d’alcool chaud acidifié par un peu d’acide acétique, puis filtré ou centrifugé.
1 cc. du filtrat est additionné d’une goutte d’une solution de saccharose à 1 p. 100 et, avec les précautions d’usage, de 1 cc. d’acide sulfurique. Au point de séparation des deux liquides, un anneau violet se développe s’il y a des sels biliaires. La recherche de la bande dans le jaune permet de pousser plus loin encore ridejitification de celle-ci.
PERMÉABILITÉ MÉNINGÉE
Perméabilité aux nitrates.
Je développerai ailleurs les avantages que présente l’emploi des nitrates sur celui des iodures et les autres sels employés jadis pour apprécier la perméabilité méningée. Je n’indique ici que ce qui est relatif aux techniques à suivre.
Dose de nitrate à donner au matade. — Le malade prend, trois heures avant la ponction, sous forme de cachet, une dose de nitrate de soude calculée à raison d’un gramme de nitrate par 30 hiios de poids. En môme temps que les cachets, on lui fait boire un bol de tisane.
Les adultes reçoivent ainsi 2 grammes en règle générale ; les enfants 1 gramme à 1 gr. 50.
Recherches et dosage des nitrates dans te tiquide de ponction. — Le liquide de ponction centrifugé est essayé comparativement avec des solutions à 20, 30, 40, 50, GO, 70 milligr. d’azotate de soude par litre. Ces solutions sont préparées extemporairement par dilution d’une solution à 1 p. 100 de nitrate de soude, qui se conserve parfaitement.
L’essai comparatif se fait de la façon suivante :
Dans trois verres à pied bien propres, disposés sur une feuille de papier et devant un fond blanc, on introduit dans chacun 3 cc. d’acide sulfurique; III gouttes de diphénylamine en solution sulfurique (diphénylamine : 1 gr. dans 100 cc. d’acide sulfurique pur à 75 p. 100 en volume) (1); puis, avec précaution ; III gouttes de la solution à 30 milligr. dans le premier, III gouttes de la solution à 60 par exemple dans le troisième, le verre du milieu recevant III gouttes de liquide essayé (2). Les gouttes des solutions nitratées
(1) Cette solution se conserve assez bien, mais doit cependant être renouvelée tous les mois ou tous les deux mois sous peine d’augmenter par trop la sensibilité de la réaction.
(2) Pour les liquides dont la teneur en nitrates est très faible, il peut être utile d’ajouter Iv, V et même VI gouttes.
NOTIONS TECHNIQUES
doivent être déposées d la sul'ace môme du li(iuide, puis réparties unifor mément dans les couches toutes sui)erricielles, à l’aide d’un agitateur propre dont est muni chaipie verre. 11 convient d’opérer vite pour que les réactions se fassent parlout avec autant de parallélisme ([ue possible. Des anneau.x bleus apparaissent dans les dilTéronts verres. On veille à leur bonne formation en mélangeant de temps h autre les couches les plus voisines de la surface. Au bout d'un moment, les anneau.v bleus étant bien développés, on peut uniformiser par agitation le contenu de chaque verre, et comparer les colorations obtenues.
On situe ainsi fort aisément tel liquide entre les solutions 40 et 50 par exemple ; avec un peu d’habitude, on fixe môme assez exactement la position occupée par le liquide entre ces deux limites.
Perméabilité à l’iodure.
Les auteurs ne sont pas d’accord sur la dose à donner. Ce sont cependant toujours des doses fortes : 2 à 5 grammes par exemple, cela pendant plusieurs jours.
Recherche de Viodure. — L’emploi delà méthode suivante, qui est sensible, est d’une mise en œuvre facile ; elle évitera peut-être l’obtention de résultats paradoxaux, comme il en a été quelquefois publié.
On mélange, pour rechercher l’iodure, dans un tube à essai : 2 cc. d’acide sulfurique au dixième; 1 cc. d’empois d’amidon à 1 p. 100, et II gouttes d’une solution obtenue en dissolvant gros comme une tête d’épingle de nitrite de sodium dans 30 cc. d’eau distillée. Puis on verse avec précaution, dans le tube ainsi préparé, 1 à 2 cc. du liquide céphalo-rachidien essayé. Si le liquide renferme des iodures, un anneau bleu ne tarde pas à se montrer. La réaction est sensible à 1/100.000, soit : 10 milligr. d’iodure par litre.
L’empois d’amidon et la solution de nitrite doivent être de date relativement récente.
La rechèrche d’autres perméabilités n’est pas d’un usage courant; nous donnerons en note, à propos du plomb et du mercure, quelques renseignements sur la façon de rechercher ces métaux