‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 59 sur 329 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

HISTORIQUE

Valeurs données par les auteurs.

Aussi impoiianle que soit la question du liquide céphalo-rachidien normal, elle n’a jamais été sérieusement envisagée.

Jadis, alors que l’étiologie vraie de la plupart des hydrocéphalies et des spinæ-bifidæ se trouvait ignorée, la composition des liquides retirés dans ces affections (seuls analysés, d’ailleurs), fut considérée comme normale et la moyenne de ces analyses, assez disparates, donnée comme telle.

Le taux à.' albumine y était voisin d’un gramme ; celui des chlorures oscillait entre 6 et 7 grammes. Le sucre demeurait variable, absent quelquefois.

Ces notions, répétées pendant plus d’un demi-siècle, ont si fortement pénélré notre littérature, que, malgré des avis contraires trouvés de temps à autre depuis près de vingt ans, nos traités français de chimie biologique et divers ouvrages traitant plus spécialement du liquide céphalo-rachidien n’ont rien changé à leur manière de voir (1).

La ponclion lombaire, dès 1890, par les facilités plus grandes d’investigation qu’elle apportait, les points de comparaison qu’elle pouvait établir, aurait pu ramener l’opinion à une plus juste conception de réalité ; elle n’a cependant, à tout prendre, que très

(!) Voyez le.s traités de chimie de Gautier; Hugounenq. Le livre de SiCARD, etc.

HIStOHIQUË

parliellemenl réagi contre des anciennes données. Tout au plus, certains manuels allemands inclinent-ils actuellement pour des chilï res plus rationnels.

Les auteurs, dans leurs recherches, ne se sont du reste jamais intéressés qu’à un nombre restreint d’éléments : albumine, chlorures, A. Et, ironie singulière ; ce sont les valeurs de A, dont l’intérêt chimique est le moins grand, qui ont presque en entier absorbé leur attention.

Sur l’ensemble des valeurs données, il en est certainement de normales ; mais pour quelques-unes de bonnes, combien de mauvaises et de pathologiques !

En dehors de toute question de technique défectueuse qui a pu conduire à des erreurs, il ne faut en effet pas s’illusionner sur la nature « normale » de la plupart des sujets ponctionnés. Il y a quelques années surtout, il était difficile de pratiquer une intervention rachidienne en dehors de nerveux avérés ou de malades qui, tout en pouvant servir de témoins, pour des cas aigus de méningite ou d’encéphalite, ne sauraient cependant mériter la rubrique de « normaux « qui, trop généreusement, leur était accordée.

Ne voyons pas ailleurs l’origine de la confusion qui a régné et qui règne sur la question du liquide normal, de l’embarras que montrent les auteurs quand ils sont amenés à quelque précision... ; la raison enfin pour laquelle certains, comme Navvratzki, désespérant de pouvoir résoudre le problème avec le seul secours des services hospitaliers, se sont adressés aux animaux. Ce geste de Nawratzki n’est d’ailleurs pas à regretter, il nous a valu un excellent travail, auquel, faute de mieux, j’aurai quelquefois à recourir (1).

(1) Le veau offre l’avantage d’être un animal généralement sain et que l’on tue par section du cou, ce qui laisse intact le liquide céphalo-rachidien. ^■oici, à titre documentaire, les moyennes données par Nawratzki :

Densité 1007.6 moy. de 7 dét. extrêmes (1007.3-1008.0)

Albumine. . . . 0.221 » 10 » » (0.158-0.28)

Chlorures . . . 7.18 » 2 » ‘ » (7.183 - 7.184)

(sur les centres!

Sucre 0.46

Extrait 11.13 » ' 9 » « (10.96-11.27)

Cendres 8.136 .. 9 » » (8.37-8.76)

Albumines, peptones ; absence.

LiyUiUK NOlJMAL

Aujourd’hui ccpcuidaiiL, il u’y a pas lieu, mesernhle-l-il, d’ôLre aussi pessiuiisle;car, sans sortir des services de médecine, j’ai parl'ailemenl pu, en 1909, réunir une dizaine de liquides «normaux)), dont la moyenne publiée dans la thèse de Anglada (1909) et dans un mémoire de concours (1), se trouve aussi près que possible de celle que je baserai sur l’étude de liquides céphalo-rachidiens offrant, de par leur origine, loiiles les yaranlies d'une naliire réelleiiienl physiologique.

La vérilé esl que personne ne s'esl sérieusemenl posé la queslion du liquide céphalo-rachidien normal.

Recherches personnelles.

Pour élucider le problème délicat, mais important, de la composition du liquide céphalo-rachidien normal, j’ai pu un des premiers, dans ce travail, bénéficier de la pratique de la rachianesthésie, utilisée dans quelques services de chirurgie (2).

La rachianeslhésie offre l’avantage de s’adresser souvent à des individus d’une santé florissante, sans antécédents pathologiques ou affection actuelle, hormis le cas chirurgical présenté qui peut être bénin ou sans retentissement aucun sur l’état général.

D’ailleurs, la superposabilité des formules obtenues, quand on a procédé au choix des individus suceptibles de fournir un liquide convenable, est telle qu’elle constitue la meilleure démonstration de nature réellement phgsiotogique de celles-ci.

Mes recherches seront développées dans le chapitre suivanl. Je veux seulement ici remercier M. le professeur Forgue et M. Riche de l’amabilité avec laquelle ils ont mis pendant deux ans leurs services à ma disposition.

(1) W. Mestrezat, Prix Swieciki 1909, travail couronné par la Faculté de

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