RÉACTION
Le liquide céphalo-rachidien normal a une réaction légèrement alcaline au tournesol el neutre ou sensiblement telle à la phénolplitaléine. L’acide carbonique et phosphorique sont donc, dans le liquide frais provenant d’une ponction récente, à l’état de bicarbonates et de phosphates (CO^HNa, PO^HK^).
Sous l’action de la chaleur ou avec le temps, la réaction devient alcaline, par décomposition des bicarbonates.
ALCALINITÉ.
Alcalinité apparente ou potentielle.
A côléde V alcalinité absolue, mesurée par la méthode électrique et trouvée extrêmement faible pour le liquide céphalo-rachidien (p. précéd.), on définit encore une alcalinité chimique on polenlielle, due aux carbonates, aux bicarbonates, aux phosphates, aux sels à acides faibles. Cette alcalinité varie suivant l’indicateur coloré employé.
Alcalialté au tournesol.
L’alcalinité au tournesol est représentée par les alcalis âes bicarbonates, des carbonates, ceux des deux basicités de l’acide phosphorique, et d’une partie mal définie des acides organiques.
Cavazzani (1901) a ainsi trouve chez l’animal, exprimé en grammes par litre et en CO^Na^ : 1 gr. 27 chez le chien (moy. de 3dét.) ;
ALCALINITÉ
1 gr. 45 chez le bœuf (1 dét.) ; 1 gr. 29 chez le lapin (2 dél.) (1). lia de plus, dès 1892, cru saisir l’exislence d’une alcalinité plus grande le matin que le soir (2).
Galletta (1908) donne chez l’honime, pour des sujets chirurgicaux, les moyennes de 1 gr. 34 pour 7 dét. faites le matin et Ogr. 61 pour des ponctions pratiquées le soir^ ces résultats toujours exprimés en CO^Na‘^
Les auteurs sont donc d’accord pour placer la moyenne (obtenue le matin) aux environs de 1 gr. 30 ou légèrement au-dessous.
Quant aux différences qu’ils signalent sur les ponctions du soir, malgré tout l’attrait qu’il peut y avoir de les attribuer à l’activité fonctionnelle des centres (3), je suis porté à croire que ces différences ne sont, tout au moins, pas si grandes que celles que les auteurs italiens se sont plu à nous donner.
Personnellement^ sur quelques ponctions faites le soir, je n’ai pas en effet observé de différences bien notables. Dans le n° 37 du Tabl. n° 3 (hernie étranglée chez une femme de 40 ans, opérée à 7 heures du sm>), j’ai trouvé 1 gr. 15, alors qu’une autre femme (kyste de l’ovaire) me donnait le même jour, la ponction ayant été faite le malin : 1 gr. 20.
Alcalinité à ia phtaiêiae.
Alcalinité des carbonates, bicarbonates et de la troisième basicité de l'acide phosphorique.
Comme alcalinité potentielle du liquide céphalo-rachidien réellement physiologique (moyenne de 4 cas), j’ai obtenu 1 gr. 25 en CO^Na^, chiffre, malgré tout, assez voisin de ceux donnés par les ; autéurs précédents.
Les extrêmes ont été 1 gr. 25 et 1 gr. 37.
(1) E. Cavazzani (1901). Contribution à la physiologie du liquide cérébrospinal (Affî. de l’Acad. med., chir. e di sc. nat. di Ferrara, 1901, et Arch. italienne de Biologie, 1902).
(2) E. Cavazzani (1892). Ueber die cérébro-spinal Flussigkeit (Centralblatt ^ für Physiologie, Bd. 6, n“ 14, oct. 1892, p. 393. — Ibid. Centralblatt für Phy-
losiogie. Bd. 10, n“ 6, 13 juin 1896).
(3) Dans ce même ordre d’idées, Cavazzani a indiqué une alcalinité plus grande chez le chien morphinisé que chez Vanimal curarisé.
Le liquide céphalo-rachidien normal a donc une alcalinié polenlielle^ dosée à la phlaléine ou au lournesol, comprise enlree 1 gr. 25 el 1 gr. 30 de CO^Na^ par lilre (1).
ALCALINITÉ DES CENDRES.
L’incinération des matières fixes du liquide céphalo-rachidien transforme les sels organiques et les bicarbonates en carbonates correspondants.
Il est donc encore une alcalinité que l’on peut déterminer, et qui, par différence d’avec l’alcalinité dosée à la phtaléine, donnera les alcalis combinés aux acides organiques, et partant, ces derniers.
J’ai trouvé, comme valeur de l’alcalinité des cendres, exprimée en CO^Na® par lilre, 1 gr. 40 pour un ensemble de 20 liquides normaux, et 1 gr. 43 comme moyenne de quelques liquides considérés séparément.
L’alcalinité normale des cendres est donc voisine de : 1 gr. 40
— 1 gr. 43.