‹ Le lis du Japon comedie en un acte, en proseChapitre 6 sur 21 · J IL I EN · texte numérisé non relu

J IL I EN

Comment? Pour{fuoi?

MARCEL

Parce que, à la suite d’un petit procès que j’ai gagné pour elle, pas j)lus tard qu'hier, ce pavillon que tu habites devient sa propriété.

• JULIEN

Vrai?

MARCEL

Notre oncle a quelque envie de l’acheter pour le jeter par terre et agrandir son jardin, qui est de co côté-ci, séparé par un enclos vague dont il se porte ac(iuéreur.

JULIEN

O mon Dieu! abattre ce pavillon !

MARCEL

Ce sera décidé aujourd’hui môme !

JULI EN

Par qui ?

« MARCEL

Par l’architecte, qui doit venir tout à l’heure le visiter. S’il est réparable à peu de frais, la marquise le conserve et y garde un locataire. S’il menace ruine, elle le vend, et l’oncle Thierry le rase pour y planter des tulipes.

Impossible !

MARCEL

Ça regarde les tulipes. Si elles veulent pousseï'

JULIEN

Ah! Marcel, ncTis pas de moi! je suis désespéré!

* MARCEL

Comment! c’est si sérieux que ça? une femme que tu vois... d’assez loin... à qui tu n’as jamais parlé...

SCiiNE I.

J II LI KN.

Elle vient là, tout près, sur ce banc, où elle reste quelquefois une heure à lire ou à rêver. D'autres fois, elle est accompagnée (l’une ou deux femmes de ses amies, ou d’un vieux monsieur, son parent; elle cause avec eux... Ah! ^e sa voix est douce et son langage noble et touchant! Je ne fais pas d’indiscrétion, en l’écoutant, Marcel! je ne le fais pas toujours,oxprès, et puis je ne m’intéresse pas aux choses dont on parle, quand elle ne s’y intéresse pas. Je n’entends quelle, et, dans tout ce qu’elle dit, je la sens si bonne, si vraie, si généreuse!.,, c’est une âme grande et pure, vois-tu, une âme au-dessus do toutes les autres. C’est un esprit droit, un sens rare, un cœur magnanime! enfin, c’est une créature du ciel, c’est un ange sur la terre, et je l'adore!

MARCEL

Diable! diable! te voilà bien pris, mon pauvre ami... et sans espoir! c’est une trop grande dame!

JULIEN

Et trop austère dans ses idées comme dans ses mœurs, pour faire jamais la moindre attention à moi. Tu vois donc bien que, sans l'oITenser, je peux l’aimer en silence; ne me trahis pas!

MARCEL

Je n’ai garde. Pourlant... que sait-on? elle est veuve et pou fortunée; si l’oncle... Mais à quoi songes-tu?

JULIEN

Ah 1 pardon... tu me parlais?

MARCEL

Diantre! oui, je te parle; es-tu sourd? '

JULIEN

Dis-moi, Marcel, cet architecte qui va venir, c’est Dubourg?

MARCEL

Ehl oui, noire camarade d’école. Où vas-lu?

JULIEN

Je cours chez lui, c’est au bout de la rue.

Puisqu’il va vonirl

Il ARCEL.

N’importe ! je veux..'.

Quoi donc?

Tu verras !

JULIEN

MARCEL

JULIEN

MARCEL

Mais le lis, le dessin...?

JULIEN

Oui, oui, je reviens à l’instant, (ii son)

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