L'EPOUSE DE JESUS
Se l'extase d'une communion, Jésus
avait donné à Marguerite le
doux titre de Filie. Tour À tour, 1} l'appellera l’ornement du parterre séraphique, une violette parfumée, un lis d’innoence, une rose de charité, sa sœur, sa disciple bien aimée, la perle de son cœur :
mais à tous ‘+8 titres que son amour lui donna, il voulut ajouter celui plus pré- CICUX encor d'Epouse. (1)
Les noces mystiques que le Verbe de Dieu se plaît à contracter avec les âmes d'élite eurent pour Marguerite, la Péni-
tente, tout un cérémonial particulier.
(1) Le mariage spirituel de l’Ââme avec Dieu que l'on appelle encore union transformante, union consommée, déihcation, est le terme suprême de toutes les unions mystiques. Il va sans dire que cet état est le privilège d’un très petit nombre d'âmes. On peut le définir d'après le Père Poulain: (Des grâces d’oraison, Ch. XIX, 11.) un état où l’Âme a habituellement conscience du concours divin dans toutes ses opérations supérieures et dans le fond de son être.
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L'ange gardien de Marguerite lui demanda son consentement. ‘Je suis k messager du grand Roi et je viens tout préparer pour sa venue. ’’ Partagée entre l'amour dont son âme brûlait et la crainte que lui inspirait son indignité, elle consentit cependant à cette grâce insigne. L'ange porta la réponse des fançÇailles au pied du Trône de l'Eternel.
L'alliance spirituelle eut lieu au mois d'août, ua des jours de l'Octave de l’Assomption. Brisée par ses austérités Marguerite était retenue dans sa cellule. Son confesseur Jui porta la Ste Eu haristie, À peine Jésus eut-il franchi le seuil de l'austère réduit qu'une lumière soudaine et d’ineffables délices envahirent l'âme de la sainte. La communion fut immédiatement suivie de l'extase, et ses yeux s’ouvrirent aux mystères du monde spirituel.
Les anges la couvrirent d’une blanche robe plus éclatante que la neige, brodée d'or et de pierreries. Ils placèrent l'anneau à son doigt, ceignirent sa tête d'un diadêine de rubis. C'était la fiancée prête pour les noces de l’Agneau. Quand elle fut présentée à son Epoux Immortel, un acte de foi ardent et spontané jaillit de son cœur et de ses lèvres : ‘‘ Vous êtes.
Ô Jésus, le Fils du Dieu vivant. - Et
H} E. ré prit le Verbe, je te dé: lare que tu es mon Epouse !
Et l'Epoux COnSOMmMAa ces noces mYvstiques en dressant son trône au milieu du cœur de Marguerite,
En qualité d'Epoux véritable, il communiqua à sa bien-aimée tous ses mérites ct toutes ses richesses et CcoMmmanda aux anges de Jui remettre, en guise d'apanage, les plus précieuses perles de leur écrin : l'esprit de contemplation de Marie Madeleine, l'erdeur des s'raphins, la science des prophètes, le don des miracles, le discernement des cœurs. Marguerite, de son côté, s'engageait À ne plus vivre que pour procurer la oloire de son Divin Epoux.
Jésus ratifia ce mutuel contrat en lui disant : ‘* Marguerite, glorifie-moi et je te glorifierai; aime-moi et je t'ainerai :
prends mes intérêts et Je prendrai les tiens. ?
Un instant la cellule de la Pénitente
était devenue un véritable Paradis.
agréable que, pour te l'avoir
COMMUNXION FR EQOUENTE,
‘AMOUR pénitent de Marguerite
avait une faim insatiable du Pain des Anges; c'est là, dans ce banquet mystique, qu'elle épanchait surtout les efluves de son amour.
Elle se confessait et Ccommuniait ordinairement tous les jours, selon l'invitation que N.S, lui en avait faite plusieurs fois.
À la pensée de la Majesté de Dieu et à la vue de sa propre indignité, elle ne s'approchait cependant qu'en tremblant
de l'adorable sacrement. Craignant que
ce désir de la communion ne déplût à Notre Seigneur, à cause des péchés nom.
breux de sa vie passée, elle lui demanda un jour: ‘‘ Vous o‘lensé-je, mon Seigneur, par la soif ardente que j'ai conçue de recevoir souvent la communion de votre Corps et de votre sang ? ?
L'Hôte divin du Taberna le lui répondit :
” Cette fréquente réception m'est si
conseillée,
et pour avoir banni tes craintes, je bénis ton confesseur et ton guide, auquel j’accorderai une grâce spéciale.”
Comme ja bienheureuse était encore tourmentée par de nouvelles craintes, Son Confesseur lui ordonna de passer outre et de communier, Marguerite hésitait. NS. Ja reprit de cette désobéissance et lui rappela qu'elle devait se soumettre en tout à son Directeur parce que c'était Lui-même qui parlait par son organe.
Elle eut encore une autre fois des reproches divins de ce qu'elle se tourmentait trop, avant la communion, de ses imperfections journalières. Le Seigneur lui dit qu'après s'être confessée simplement, elle devait communier sans crainte; ajoutant que, si elle ne pouvait facilement se confesser, il lui suffisait de se frapper la poitrine en faisant un acte de contrition.
Que les âmes pieuses mais trop timides profitent, elles aussi, des instructions de Notre Seigneur et ne s’éloignent PaS Sans raison de la communion, au détriment de leur âme.
Un frère désirait communier tous les Jours, mais une crainte excessive le retenait, il consulta la servante de Di u,
à qui il fut répondu par N. S.: ‘“ jai
compté ce frère au nombre de mes élus et j'aime ce fils de bénédiction. Volontiers, je me donnerai À lui tous les jours, à cause de son exquise pureté; mais il y a a reprendre l'usage qu'il fait de sa lansue; qu'il y mette donc un frein; puis je lui donnerai ma bénédiction et il pourra me recevoir quand il lui plaira.”
Son confesseur l'encouragea un jour à Ja communion: ‘Merci, mon Père, reprit-elle, de me permettre de recevoir aujourd'hui mon Créateur, le trop long désir que j'éprouvais de sa présence m'avait affaiblie et tous mes sens étaient dans la langueur.”
Après la communion N. S. lui dit :
-"" Ma fille, tu es maintenant dans la joie, toi qui te tenais dans les larmes et la douleur.”
-‘" Seigneur, mon bon Sauveur, ce jour est vraiment pour moi un jour de joie et de joie ineffable ! *’ - A son confesseur vint se joindre son ange gardien pour lui dire: ‘ Si tu veux recevoir tous les jours ie Fils de Dieu, Notre Seigneur ct Créateur, tu en as une entière permission, tu y trouveras un aliment à ta terveur et le Seigneur sera avec toi pour affermir la constance dans ton Âme.”’
EE « iit pas ia
érveur de ces
communions ! ces pages ne suthront pas
à le dire: c'est surtout après la communion qu'avaient licu SES extases SI nombreuses. ‘* Mon âme, s'é rie-t-elle après une Communion, est plus grande que le monde puisqu'elle vous contient, vous que le ciel et la terre ne peuvent con-
tenir ! ’