‹ Le lis refleuri [microforme]Chapitre 15 sur 56 · AVII LA DOULOUREUSE PASSION · texte numérisé non relu

AVII LA DOULOUREUSE PASSION

| \ fille du Stigmatisé de l'Alverne avait compris de bonne heure qu'el-

I ne pouvait purifier la robe de son innocence que dans le sang de l'Agneau, elle Savait que sa vie elle ne pouvait la trouver que dans les souffrances et la mort de Notre Seigneur, aussi eut-elle une grande dévotion à la douloureuse Passion.

Elle eut voulu éprouver en elle-même les souffrances de son Jésus crucifié..

À la Bienheureuse Vierge, Reine des Martyrs au pied de la Croix, elle demanda aussi le Partage de ses souffrances.

Un vendredi, elle fut spécialement invitée a se rendre à l'église des Frères-Mineurs où elle devait voir et endurer ce que Marie avait elle-même souffert,

Elle avertit son confesseur de la faveur

qui allait lui être accordée et le pria de

ne point s'éloigner, Après la messe conventuelle, Marguerite tout absorbée en Dieu vit se succéder toutes les rirconc-

tances de la Passion. En quelc ues paroles | ] F

a] es

le faisait le récit du mystère auquel elle

assistait et l'on pouvait constater en même temps la souffrance dont elle était pénétrée., La violence des douleurs lui faisait grincer les dents, se tordre comme un ver, son teint devint couleur cendre, son pouls cessa même de battre.

Elle resta enfin sans parole et froide comme le marbre.

La nouvelle de cette merveille s'était bien vite répandue, l'église était remplie de fidèles qui faisaient retentir le temple de leurs sanglots, L'extatique n'eut point connaissance de ce concours de peuple.

Vers trois heures du soir, assistant en esprit à ce moment terrible où Jésus inclina la tête et remit son âme à son Père, elle pencha elle-même la tête sur Sa poitrine et parut véritablement morte, Elle demeura dans cet état jusqu'à Vépres, en présence des religieux et de cette foule de fidèles fondant en larmes.

À l'heure de Vêpres, elle se releva rayonnante et comme ressuscitée, avec le Christ, levant vers le ciel des yeux pleirs de joie et rendant grâces à Dieu pour un si merveilleux bienfait.

Nouvelle Madeleine, sortant de cette

Fititiidit CIiCOUrTE SO dauveur,

le demandait à ceux qu'elle rencontrait.

" 54 Rentrée chez elle, elle ferma sa porte et sans prendre aucune nourriture se mit a pleurer et à s'écrier : ‘ O mon amour !

très doux Jésus ! qui donc vous a dérobé 4 mon amour? Mon bien suprême ! où vous êtes-vous enfui? Ma douce joie Jésus ! où vous chercherai-je ? Je ne saurais vivre sans vous: ne vous dérobez pas plus longtemps À moi. O vous, les délices de ma vie, le suave rafraîchissement de mon cœur embrasé ! ’’

Elle resta dans cet état de soupirs et de larmes jusqu'au lundi, alors que Notre Seigneur Jui apparut pour S'entretenir avec elle et la consoler.

Plus d’une fois Marguerite éprouva ces souffrances du calvaire, Jésus-Christ qui avait pour agréables les douleurs de sa fidèle servante, ne la voulut pas seulement victime de sa Passion, il voulut de plus qu’elle en fut l'apôtre.

‘Autrefois, tu avais coutume de faire à haute voix le récit de ma Passion, en t'abandonnant aux larmes et à la douleur; à présent, par crainte de ceux qui murmurent et qui attribuent témérairement à la vaine gloire ta douleur et tes larmes, tu t'es imposé un silence absolu.

Garde-toi de te taire sur ma Passion,

pour les vains discours des personnes

mondaines... Désireuse de plaire à

seul, ton Créateur et ton Rédempteur,

pourquei ne ferais-tu pas le récit de ma Passion en y mêlant ces sanglots et ces gémissements qui te font obtenir g-Âce ct pardon ? ”’

Marguerite se montra docile à cet avertissement divin et désormais pleura hautement et publiquement la Passion de Jésus, s'écriant à la considération de chacun des supplices : ‘OO mon Seigneur, c'est la force de votre amour qui vous v a poussé ! ”’

et des Saints les plus douces délt es, mais elle tut aussi abreuvée des eaux de la tribulation intérieure et extérieure, Sa demeure était plus encore sur le Calvaire que sur le l'habor,

Étant en oraison, un jour de la fête di St Marc, elle vit lui apparaître une croix :

‘* Mon Seigneur, s'é ria-t-elle, faites que je sois crucifice. I} Jui fut répondu :

"lu le seras, ma fille, par les tribulations et non par ce bois.”

Jésus crucifié lui dit en ore :

Tant que tu vivras de cette vie corporelle, tu seras aMigée de grandes tribulations. Tu seras ma fille dans les larmes ct dans le fiel, par les peines que tu souf- Iriras, mais ces mêmes peines te feront devenir ma fille chérie en te rendant semblable à moi. Ayant résolu di me soustraire quelque fois À tai pour la plus grande utilité de ton âme, je te jetterai dans le creuset des tribulations comme

on jette l'or dans la fournaise.

\ \RGUERITE goutait dans le L commerce de Dieu

Pre pare-tor à la guerre, aux duretés, aux incommodités, aux difficultés, .

dans les tribulations, les tentations. les craintes, les veilles, les larmes, la faim. la soif, le froid, la nudi: :, en tout cela lé te purifierai, et quand tu seras purifiée tu t'envoleras vers l'éternell gloire, Mais ne crains pas, je serai avec toi.’

* Marguerite, ma fille, tant que tu es restée près de la Croix je t'ai enrichie de bien des grâces et je t'en aurais donné de plus grandes si tu n'avais pas laissé la Croix : retournes y donc sans tarder cet verses-y d'inconsolables larmes ! *

‘* L'expérience te l'a appris, c'est là que je t'ai ornée de grâces, de vertus et de dons spirituels ; là que je t'ai illuminée de la lumière de la vérité pour toi-même ct pour les autres; c'est jà que pour diverses tentations je t'ai munie d'une lorce inexpugnable, Ne diffère pas je te le répète, reviens à ma Croix."

Elle touchait au terme de sa vie lorsqu'un jour, des anges lui apparurent : au milieu d'eux se dressait une croix où un Séraphin était cloué, Pendant qu'elle se demandait encore ce que pouvait bien signifier cette vision, l’un d'entre eux lui dit: ‘Si tu n'avais qu'un fils et que tu le

visses ainsi couvert de plaies comme le

, HE ee. { lut Notre Seigneur, ne soignerais-tu pas tous les jours ces plaies autant qu'il te serait possible? Et tu ne scrutes pas, tu ne médites pas, tu ne laves pas, tu ne | El

oins pas les plaies de Jésus, comme tu le

devrais.”

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