CONSEILS AUX SUPERIEURS
Ü © N Supérieur de la Province de Tos- / cane désirait ardemment être délivré de sa charge; pour cela il réclama les prières de Marguerite qui ouvrait son cœur à toutes les plaintes humaines.
Le Suprême Pasteur des âmes daigna lui répondre :
‘" Quoiqre ce Père me plaise en fuyant la supériorite, ii doit se souvenir que par obéissance j'ai voulu mourir: aussi bien un religieux doit-il préférer cette vertu 4 toute autre, qu'il obéisse donc patiemment à ses supérieurs. Je verrai cette résignation avec une véritable complaisance, et plus cette résignation sera parfaite, plus je lui remettrai de péchés.”
Et à d'autres :
‘Les Frères Giunta et Jean ont été ta lumière sur la terre ; tu devras les éclairer à ton tour. S'il arrive À l'un ou À l'autre, dans les offices de la supériorité ou de la prédication, d'être obligés de sévir, que le trouble soit tout au plus sur leur langue et jamais dans leur cœur.”
‘* Ma fille, cet Institut est grand; c'est un arbre immense où circule une sève généreuse et dont les moindres branches
seront vivifiées par ma grâce, Que les
Supéricurs ne craignent donc pas d'accueillir favorablement ceux qui désirent entrer dans l'Ordre. Quand les postulants n'auraient en vue que la conservation de la belle vertu et le chant des louanges divines, il me plairait qu’on leur ouvrit les portes du cloître; et quand ils ne songeraient qu'à fuir le spectacle des vanités, crimes et scandales du monde, il me plairait encore qu’on les admiît.”
‘* Qu'ils reçoivent avec diligence ceux qu'ils pourront attirer à l’Ordr , petits et grands, car le monde est aujourd’hui si souillé de vices qu'il est dangereux d'y demeurer.”
Le Dieu de clémence lui donna un jour un message pour son confesseur :
‘Qu'il s'efforce d'amener son Supérieur à compatir à son sujet rebelle qui est, il est vrai, comme une pierre dans une machine et qui s’expose à tomber dans le précipice. Quoique le Supérieur ait une vive peine de l’injure qui m'est
faite, qu'il se souvienne cependant que
j'ai dit à Pierre qu’il fallait pardonner non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois. C'est pourquoi je veux qu'il fasse pleine miséricorde au délinquant, puis lui-même expiera avec amertume ce qui m'offense si grandement. ”?