‹ Le lis refleuri [microforme]Chapitre 35 sur 56 · MISSION AUPRES DES PECHEURS · texte numérisé non relu

MISSION AUPRES DES PECHEURS

1e N sa double qualité de pécheresse 4 convertie et de pénitente favorisée des dons du tel, le Seigneur avait destiné Marguerite à ramener les Ames égarées.

‘J'ai fait de toi, lui dit le Seigneur, une lumière merveilleuse pour illuminer

ceux qui sont assis dans les ténèbres de

leurs vices; j'ai fait de toi un exemple

à proposer aux pécheurs, car tu leur prouveras évidemment que si, prévenus de mes inspirations et de mes bons mouvements, ils ne résistent pas; si assistés de ma grâce, ils veulent se disposer à l'œuvre de leur justification, je suis prêt a user envers eux de miséricorde comme j'en ai usé envers toi.’

‘* Ma fille, je te dis que je suis le Bon

garde et connais ses brebis...

Pasteur qui et à toi je te dis que tu es pour la vie éternelle le miroir de tous les pécheurs, un exemple que je leur offre, un filet destiné à prendre les poissons qui nagent

dans les eaux du siècle, une étoile nou-

vellement donn au monde, la confiance des désespérés, de Les grandes merveilles que le Seigneur

opère en elle ne sont pas cependant pour

elle seule, mais elles doivent servir pour

ramener à Lui son peuple égaré. Aussi lui disait-il :

‘Je veux voir se répandre et se propager la connaissance des grâces que t'ai accordées et que je t’accorderai: je veux que le bruit en retentisse non sculement en ce pays, mais au-delà des mers.”

Marguerite travailla toute sa vie à la conversion des pécheurs par ses prières et ses pénitences, mais vers la fin de sa vie N. S. exigea d'elle quelque chose de plus.

‘Je suis ton Rédempteur, je t'ai placée dans le désert de ce monde comme une voix qui doit retentir sans cesse, comme une trompette sonore. Ta vie dans le siècle à crié contre moi : montre à cette heure que tu es convertie, crie et appelle à la pénitence. Les pécheurs apprend: ont de toi que je suis plein de miséricorde. J'ai déjà rendu manifeste ce

dessein de ma Pro\ idence : déjà, instruits

leurs vi es, et se sont élevés à une sublime vertu. Non, les grâces que je t’ai

faites ne sont pas pour toi seule, elles

sont pour les âmes en faveur desquelles

le suis disposé à user de miséricorde. Je

ne veux pas perdre ces âmes rachetées à un si haut prix, après avoir fait pou clles tant de sacrifices. C'est pourquoi je t'ai choisie en leur faveur comme une trompette nouvelle au service de ma miséricorde. ‘?

INGRATIFUDE DES HOMMES.

\ TERS la fête de Pâques, Jésus appa-

rut à sa servante cet se plaignit à clle de la cruauté des pécheurs, lui disant :

‘* Regarde, observe avec toute l'at-

tention de ton intelligence, et comprends

comment il est vrai que je suis continuellement crucifié par la famille humaine.

O ma fille, il y a aujourd'hui plus de Juifs déchaînés contre moi parmi les chrétiens qu'il n’y en avait autour de Pilate au temps de ma Passion, que disje ? quand mon corps serait grand comme le monde et encore passible, on n’y trouverait pas aujourd’hui un endroit qui ne fût criblé de blessuies, causées par lies péchés des hommes.”” I] repassa tous les crimes dont les hommes se rendent journellement coupables et les appliqua aux diverses circonstances de la Passion. Le Seigneur a bien le droit de se plaindre de l’ingratitude du genre humain qu'il comble de ses bienfaits et qui, en retour,

se révolte continuellement contre son

Créateur et son Rédempteur et l'outrage avec fureur.

Pour toi, ma fille, qui me cherches souvent avec des larmes amères, comme si je m'étais éloigné de toi, pourquoi ne retournes-tu pas à ma Croix sur laquelle tu m'as tant de fois crucifié, si tu me désires avec tant d’ardeur ? ’’

Ces dernières paroles troublèrent profondément l'âme de Marguerite, elle n'osait plus lever les yeux au ciel. Le Seigneur rendit la confiance et la paix à la sainte en lui disant : ‘‘ Sans doute tu m'as très souvent crucifié, mais depuis que tu t'es convertie à moi, que tu as reçu l’habit du Tiers-Ordre de ton Père,

mon bien-aimé François, depuis que tu

t'es donnée à mon Ordre, tu m’as déposé

de la Croix par la douleur amère de ton cœur, et jamais tu ne m'y as replacé.”’ -‘"Ma fille, les peuples se laissent lier par les cordes de leurs vices, et non pas par force, mais avec connaissance et volonté. Une fois liés, on les flagelle durement et on les traîne de vice en vice, on les frappe; ils ne sentent ni ne résistent. Ma fille, ces peuples que j'ai formés à mon image sont devenus semblables à

des brutes. Des arts de l'enfer le monde

fait sa gloire, et des gloires de la Patrie

que Je leur ai promises, ils s’en font le

supplice éternel ! N'est-ce pas cependant

pour briser leurs liens que je me suis

noi-même laissé lier À la colonne 2? S'ils

se laissent lier, qu'ils ne l'imputent point a ma bonté." Pour eux Jésus a souffert tous les supplices de la passion, I le rappelle à sa fidèle servante,

‘Si les hommes savaient combien je leur pardonne à cause de leur fragilité,

ils seraient plus reconnaissants !

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