BIENTOT
Se tardivement je suis venue à Vous, Père grand entre tous ! que ns. À
tard j'ai commencé à Vous aimer! Ah que ne Vous ai-je aimé dès le sein de ma mère !’” Et les pleurs innondaient la pénitente.
‘Tu as commencé ta pénitence, Ô ma fille, et bien tard et bien tôt : Tard par les délais, tôt par la ferveur de ton amour. ’?
— ‘Ah! que n’ai-je vécu du temps de vos Apôtres, avec votre aimante Madeleine, je vous aurais adoré avec dévotion.‘
"Ne te souviens-tu pas de ce que J'ai dit à mon apôtre Thomas : ‘ Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as Cru; bienheureux ceux qui n'ont point vu, et qui croient,’ ils auront une plus grande
récompense. Aime-moi donc, ma petite
plante que j'ai plantée dans le jardin du
bienheureux François. ”?
‘" Seioneur œrand et
avez donc beaucoup aimé mon Père, puis-
que vous l'avez honoré de tant de fa-
veurs ? ?
‘Je lai beaucoup aimé parce que
j'ai été moi-même beaucoup aimé, Et je te dis que l'amour de son Ordre m'est infiniment doux à cause de son Fondateur, que j'ai aimé dans toute odeur de suavité, On a dit de ton Père Saint Francois qu'il est comme un autre Dicu, ce nest pas trop dire puisque par les privilèges que je lui ai accordés, je l'ai
rendu semblable à moi.”
larmes, ot Ang du cœur, jaillient abondantes des veux de Marelle pleura durant toute sa vi pénitence, Touchée de contrition et d'horreur, celle pleura devant le cadavre mutilé de son séducteur, elle pleura repentante aux picds de son père, elle pleura sous le figuier de la tentation, elle pleura dans sa douleur, elle pleura à la pensée de ses crimes, elle pleura devant la croix de Jésus, elle pleura d'amout autant que de repentir.
Infirmière elle chantait pour distraire les malades de leurs souffrances ou endormir Je nouveau-nés, mais retirée et seule elle n'en pleurait que davantage.
Préparant le bain à celles qu'elle soignait elle se purifiait elle-même dans l'abondance de sos pleurs.
La Passion de Jésus et les péchés des
hommes lui étaient deux sources intaris-
sabies de Îarmes. Ïes yeux de ja péni-
tente, torturés par ces pleurs brûlants,
emblaient parfois devoir sortir de leur orbite, on la vit même pleurer le sang !
Elle pleurait même en prenar t son pauvre repas, et comme si le Christ eût eu oif des larmes de sa pénitente, il lui dit un jour : ‘‘Je veux que tu manges seule, e ne veux pas en eltet que tu pc rdes tes dévotions et tes larmes en mangeant en présent e d’autres personnes."
Tu compatis à mon Sang versé sut la Croix plus que toute autre créature actuellement vivante. Quoique plusieurs pleurent sur ma très douloureuse Passion et sur l’effusion de mon sang, ils ne pleurent cependant pas autant que toi, ma fille.”
Jésus disait à Marguerite arrivée au soir de sa vie : ‘‘ Pleure, ma fille, car tes pleurs vont se changer en joie; pleure parce que j'ai pleuré. Ceux qui m'aiment doivent pleurer, non sur leurs peines, mais sur mes peuples, à mon imitation ; ils doivent pleurer sur leurs propres péchés, sur ma douloureuse Passion que j'ai soufferte pour eux, sur les pécheurs qui se perdent en m'offensant. Jamais Île monde n’eut plus besoin de pleurs.
‘* Seigneur, daignez me pardonner, si courant après Vous dans l’ardeur de
mon désir, je ne puis pleurer comme de
coutume, ni sur mes péchés, ni sur vos tourments, ni sur vos enfants qui se per-
à = dent. Mais je supplie votre charité, Père
plein de bonté, de donner aux pécheurs
pour qui vous etes mort le pardon de leurs péchés, dans votre miséricorde,
pour qu'ils ne meurent point dans leur
iniquité,
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