DERNIER COMBAT
\ ARGUERITE était parvenue à une 2VA haute perfection et plus le démon la voyait belle, restaurée dans le sang et dans la grâce du Christ, plus il eut voulu la posséder encore. Quels efforts ne fit-il pas ? Elle disait à son confesseur :
‘* [1 bat des mains, il danse comme un ravisseur qui à saisi sa proie, comme un guerrier qui revient victorieux."
Son ange gardien vint à son secours.
‘‘Qu'espères-tu de cette âme que N.S.
placera au rang des Séraphins ? "Tu mens, reprend le père du mensonge, cette âme n'est pas sous la garde de Dieu et j'espère bien la faire tomber dans le désespoir. ‘”
‘* Fille de Jérusalem, ne crains pas, le démon ne peut pas plus sur toi qu'un ennemi terrassé, qui a le pied de son vainqueur sur la gorge; il a beau faire, animé par l'instinct de la conservation et de la vie, enchaîné et vaincu, il gît sous son vainqueur ! Je suis le gardien de ton
âme, noble cité de Dieu, je suis avec toi.'’
ns mn
= né SR nié —
Le démon s'adressant à Marguerite :
‘Tu as dressé une loi contre la lo:
du monde que mon maître avait donnée aux pécheurs, avec cette nouvelle loi tu blesses mon maître et moi-même, ton nnemi, plus que toute autre créature vivante. Tu dis avoir la sagesse de Dieu, je l'ai aussi bien que Es
‘Tu mens, répond l'ange gardien, elle a la sagesse de Dieu; antique serpent, tu n'as que la malice.”
‘“ Si ton Maître me le permettait je te désosserais à l'instant ! Je suis un des favoris de mon maître et l'un des plus erands de sa cour.”
Marguerite alors se moquant de lui :
‘“ Sont-ils tous aussi beaux et le maître et les serviteurs ? ”
‘Tu ne peux nous échapper il faut
que tu viennes le voir.”
L'Ange. ‘“[l ne peut se faire qu'elle soit votre compagne."
Le Démon. ‘Je ne désespère pas d'elle.”
L'Ange. “Comme tu désespères de
pouvoir jamais, après ta chute, retourner avec nous dans le ciel, tu peux ainsi désespérer de torturer jamais cette âme, quoi qu'il te soit permis par Dieu de la
tenter en cette vie, afin qu'elle soit plus
«“lorieusement couronnée et que sa couronne soit plus radieuse. Je t'ordonne donc de ne plus discuter avec moi, puisqu'entie nous deux il ne saurait y avoir d'entente, mais retourne'en enter, porté à ton maître ta défaite, dis-lui qu'il enverrait contre elle tous ses satellites infernaux, qu'elle serait protégée par la toute-puissance et la sagesse divine.’
Brûlant de rage le démon s'écria :
“Comment se’ fait-1 que le Seigneur ait opposé contre nous ce portedrapeau ? ””
L'Ange. ‘Nous n'en avons pas beaucoup qui soutiennent la guerre contre vous, mais la victoire que Marguerite doit remporter sur vous, vous ne l’avez pas encore soupçonnée, Tu as conduit Marguerite avec toi dans les régions infernales, et moi, de la part du Dieu éternel et véritable, à l'empire de qui tout est soumis, j'ai le pouvoir de te dominer”
Le Démon. — ‘‘Parce que nous sommes déchus es joies du Paradis, vous nous dites que nous sommes de grands orgueilleux, mais, :l appert maintenant, que vous êtes la superbe même, et cette arrogance voi ‘t dire que vous êtes
puissants ! ”
L'Ange. ‘* Garde-tot d'imputer à l’orgueil, si j'ai glorifié le Dieu éternel, |, toi qui fus avec moi un ange dans la Cité de Dieu, et qui nes plus maintenant qu'une bête immonde. Dis-moi, quelle différence y a-t-1] entre descendre et monter ? Nous croissons tous les jours dans la sagesse ct la grâce de Dieu, vous en malice, en faute et en peine! Vous croissez en malice, parce que ceux qui en ont plus parmi vous la communiquent à ceux qui en ont moins.”
Puis se tournant vers Marguerite :
‘* Quel coup, ma fille, pour ton adversaire ! Voici que je place en ta main un étendard portant deux croix, l'une blanche, l'autre rouge, elles signifient l’eau et le sang sortis du côté de Notre Seigneur, avec lui tu te défendras et tu remporteras toutes les victoires sur ton
ennemi.”