‹ Le livre (volume 2)Chapitre 15 sur 322 · HOULBERT, op. Cit., p · texte numérisé non relu

HOULBERT, op. Cit., p

\. Cf. HOULBERT, Op. Cit., p. C>4.

5. De là un des grands avantagesdes bibliothèques métal* liques.

ni de papillon. Les Lépismejs (Xstci'ç, écaille), qui appartiennent à cette famille, ont un ou deux centimètres de longueur, le corps allongé, garni de menues pattes, couvert d'écaillés argentées (d'où leur nom) et terminé par trois longues soies. Ces insectes vivent surtout dans les vieilles maisons, dans les placards humides et les endroits obscurs. Il n'est personne qui, en ouvrant par hasard quelque vieux livre, n'ait vu filer bien vite, avec une vertigineuse rapidité, un de ces brillants petits vers ou serpents, un de ces poissons d'argent, comme on les appelle encore1.

1. Il me paraît probable que c'est le lépisme que Balzac a voulu décrire en ces termes, dans un chapitre de son roman les Paysans (p. 5*27 ; Paris, Librairie nouvelle, 1857): « Ceux qui écrivent ou lisent beaucoup sont familiarisés avec les mœurs d'un insecte nommé le pou du papier, d'une allure et d'une tournure merveilleuses ; il subit ses transformations inconnues dans une rame de papier blanc soigneusement gardée, et vous le voyez courir, sautiller dans sa magnifique robe, luisante comme du talc ou du spalh : c'est une ablette qui vole. » Il faut noter cependant que le lépisme ne sautille pas, il court avec une vitesse fébrile, comme terrifié et affolé; en outre, c'est plutôt dans les vieux livres humides que dans le papier blanc, sec et soigné, qu'on a chance de le rencontrer. Disons aussi qu'il existe un insecte appelé, non pou du papier, mais pou des livre*. Airopos divinatorÙL, book-louse. en anglais, mais qui ne répond guère non plus à l'insecte décrit par Balzac. L'atropos divinatoria est de couleur pâle, présente à première vue l'apparence d'un pou. et mesure ;'i peine un millimètre de longueur. Le plus souvenl • m le rencontre lorsqu'on ouvre de vieux volumes ayanl séjourné longtemps dans des endroits humides: on le \oit alors s'enfuir prestement et passer de l'autre côté de la page pour se cacher. (Cf. 1 loi lberi op. rit., p. 187.)

Le lépisme, dont l'espèce la plus commune est le lépisme du sucre (Lepisma saccharina), est « l'un des fléaux les .pi us sérieux des bibliothèques, particulièrement de la reliure des livres; il ronge fréquemment 1rs litres dorés pour atteindre la colle qui est audessous.... Le papier fortement encollé semble attirer tout particulièrement ces insectes, et l'on a constaté fréquemment que les étiquettes des musées ont été déchiquetées et détruites par eux1. »

Les Anthrènes (àvOcr^, sorte de guêpe), qui appartiennent à la même famille que les anob%um$: aux coléoptères, attaquent, à l'état de larves, toutes les matières animales desséchées, cuirs, parchemins, peaux, fourrures, animaux empaillés, reliures des livres, etc. On les rencontre souvent dans les herbiers et les collections enfomologiques, ce qui a même valu à l'un des groupes de cette famille le nom significatif (ïanthrène des musées (Anthrenu* musœorum). Il est donc bon d'éviter de placer les bibliothèques à proximité des collections de plantes et des exsiccata de toute nature-.

Les Dermestes, également de la famille des coléoptères, recherchent aussi tout particulièrement.

1. Hollbert, o}>. cit., p. 164. Au contraire, William Bladl:s {op. rit., p. 05) considère le lépisme comme fort peu dange i-eux : « Il y a encore un petit insecte argenté {lepisma) que nous avons souvenl rencontré dans le dos des li\re> négligés; mais >es ravages ne sont par, de grande importance ».

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