Tome I, page '21',). (Prédilections particulières
Dès sa prime jeunesse. Napoléon Ier (1769-1821) manifesta « une insatiable passion pour la lecture ».... (Gustave MOURAVIT.)
Compléter ce qui est dit à cet endroit, sur les goûts el prédilections de lecture de Napoléon Ier, par les renseignements suivants, également extraits de l'ouvrage de M. Gustave Mouravit, Napoléon bibliophile (Paris, Blaizot, 1905, in-8,; originairement paru dans la Revue biblio-iconographique, 1903-1905) :
« Les romans occupent souvent le rang de front dans la bibliophilie napoléonienne.... On ne saurait trop le redire : il est certain que ni le vainqueur de tant de batailles célèbres, ni le dictateur..., ni même le vaincu de Waterloo, n'a cherché, d'ordinaire, l'oubli et le réconfort chez les grands maîtres delà littérature. C'est au livre courant, au livre d'actualité, que Napoléon s'adresse de préférence.... » (Pages 21-22.)
« On était au lendemain même de Waterloo, à la Malmaison, où l'Empereur trahi, en face de l'évanouissement de son éblouissante fortune, n'avait plus qu'à
songer à organiser sa sortie de France. L'heure étail troublante, s'il en fût. Autour du héros tombé, tous étaient dans la plus anxieuse attente. Lui, cependant, que faisait-il? La comtesse de Montholon va nous l'apprendre : « La reine Hortense, écrit-elle, allait continuellement dans l'appartement de l'Empereur: et, dans un moment où elle venait de le voir, elle dit aux personnes qui se trouvaient là : « Je ne comprends « pas l'Empereur! Au lieu de prendre un parti, de « décider quelque chose pour son départ, il lit un « roman! » (Page 26.)
« L'Histoire, on s'en doute bien, est au premier rang dans la bibliophilie napoléonienne. C'est incontestablement l'Histoire et toutes les sciences s'y rattachant qui encombraient les bibliothèques de Napoléon. Les ouvrages sur l'art militaire, l'économie politique, la législation, les sciences en général, s'en vont un peu aux arrière-plans. Quelles œuvres ont donc le second rang?... Les Romans, les pièces de Théâtre et la Poésie. » (Pages 52-55.)
« ... Napoléon, insatiable liseur, impatient justicier des nouveautés.... Fidèle à lui-même, grand jusqu'en son extraordinaire chute, avec une simplicité et une constance qui émerveillent, Napoléon reste l'ami des livres, qui, aux temps prospères, étaient son cher souci et son délassement, — peut-être une partie de sa force. En 1814, prisonnier à l'île d'Elbe, son premier soin n'avait-il pas été d'avoir des livres? Rentré aux Cent- Jours, une de ses premières démarches ne fut-elle pas d'aller au Louvre visiter la bibliothèque? Quand il monta sur le vaisseau qui ne portait plus que « César « et son infortune », l'une de ses plus vives préoccupations ne fut-elle pas de n'y point manquer de livres? A Sainte-Hélène, rien n'est changé. Dès les premières heures, il réclame encore ses livres; il fait de ses livres une de ses occupations favorites. Le banni s'y délecte,
comme autrefois le souverain redouté.... « Envoie-nous, écrit en son nom le général de Montholon à la comtesse, sa femme, alors en Europe (14 juillet 1819), i envoie-nous tous les ouvrages qui paraissent.... » Pages 18-49.)