Tome IL page 90, notes. (Dénombrement des livres
Quant à la ric/iesse des grandes bibliothèques publiques....
Je trouve dans le Magasin pittoresque imars 1 875. p. 91) le résumé suivant d'un des rapports faits à la Convention, par l'abbé Grégoire, c sur la bibliographie, la destruction des patois. » etc., accompagné de très intéressantes considérations relatives aux bibliothèques municipales : « ...On venait de trouver, dans les divers établissements, ecclésiastiques et autres, déclarés propriétés nationales, cinq millions de volumes : que ferait-on de ces cinq millons de volumes? Il y avait deux avis. Les uns proposaient de les brûler, les autres voulaient qu'on en formât une bibliothèque nationale. L'abbé Grégoire n'était ni de l'un ni de l'autre avis. Il demandait que ces cinq millions de volumes fussent non pas brûlés (ce projet lui faisait horreur), ni réunis à Paris en une seule bibliothèque: il proposait d'en faire quatre-vingt-neuf bibliothèques départementales. Mais laissons ici la parole à l'abbé Grégoire lui-même :
« Des bibliothèques, dit-il, et des musées formés « avec choix sont en quelque sorte l'atelier de l'esprit « humain. Oue de gens qui étaient tourmentés par « l'inquiétude indécise du génie ont connu leur vocation « à la lecture d'un bon livre, à l'aspect d'un ouvrage « bien exécuté !
« Vous avez émancipé l'esprit humain, il faut actuel « lement révolutionner les arts, rassembler tous leurs « matériaux, tous leurs moyens, et transmettre i -et « héritage aux générations futures. Tous les genres de « connaissances sont liés: ouvrons-en toutes les sources,
ADDITIONS BT CORRECTIONS. 343
« alin que toutes les vérités éclipsent toutes les erreurs, « afin que la raison publique s'avance à pas de géant, « el que tout concoure à la gloire et à la prospérité de « la république.... »
t Les quatre-vingt-neuf bibliothèques publiques que demandait l'abbé Grégoire ont été réalisées, et réalisées bien au delà de ce qu'on pouvait souhaiter alors. Il n'est pas, en effet, de chef-lieu de département, pas do ville de quelque importance, qui n'ait aujourd'hui sa bibliothèque; voici que, même à l'heure où nous sommes [1873], commencent à s'organiser les bibliothèques communales. Le vœu de l'abbé Grégoire est donc de beaucoup dépassé. C'était une véritable utopie, il y a soixante-dix-huit ans, que de songer à créer en France quatre-vingt-neuf bibliothèques publiques; et voilà qu'aujourd'hui rien ne paraît plus simple que d'en avoir quarante ou cinquante mille. » Voir aussi Eugène Despois, le Vandalisme révolutionnaire , chap.xv, Rapports de Grégoire... et chap. xvi, Bibliothèques.