Tome II. page 124. (Choix des livres
Sur cette question du choix des livres, on peut enc consulter avec fruit....
Depuis la publication do notre toinr II, où nous traions du choix des livres et des lectures à faire, ont >aru deux importants ouvrages relatifs à ce sujet, l'un le M. Henri Mazel, Ce qu'il faut lire dans sa vie (Paris, Mercure de France, 1906; in-lG, 591 pp.), l'autre de If. Joël de Lyri*, le Choix ci une bibliot/ièquc, Guide le la lecture (Avignon, Aubanel frères, s. d. [190(>|; Ln-16, 199 pp.). Nous allons analyser succinctement lies deux volumes et en faire connaître les conclusions.
M. Henri Mazel classe les lectures à faire selon les âges, etdivise, pour cela, la vie humaine en six périodes ou « stades de sept ans. Le premier, de 18 à 24 ans, accuserait une dominance des poètes et des romanciers. ;Le second, de 25 à 31 ans, serait consacré aux grands ,' poètes étrangers, aux classiques français, aux historiens anciens. Le troisième, de 5U2 à 58 ans, aux grands poètes ! antiques, aux politiques modernes, aux vieux chroniqueurs. Le quatrième, de 59 à 45 ans, à nos poètes classiques et à nos moralistes contemporains, aussi aux grands philosophes et aux auteurs de mémoires des siècles derniers. Le cinquième, de 40 à 52 ans, à nos grands penseurs des xvir et xvnr siècles, aux philosophes anciens, aux récents auteurs de mémoires. Le sixième enfin, de 55 à 59 ans, aux plus hauts esprits religieux. » (Pages 7-8.)
M. Henri Mazel prend, pour chaque année, un écrivain principal, qu'il considère comme étant de tout premier ordre, et autour de cet écrivain hors ligne, il en groupe d'autres d'une importance moindre; puis d'autres encore, moins importants que ceux-ci. A Lamartine, par exemple, qu'il conseille de lire à 18 ans, il adjoint d'abord « André Chénier, Brizeux, Laprade, et les élégiaques de la Restauration » (p. 41); puis « George Sand, Alexandre Dumas père et tous les feuilletonistes de 1850 » (pp. 59-60): puis « Walter Scott...,
Daniel de Foë, Swift, Sterne, Goldsmith, Fielding Smollett, » etc. (Pages 01 et suiv.)
M. Henri Mazel finit ainsi par étendre peu à peu choix jusqu'aux plus extrêmes limites, et, en somme par nous conseiller de tout lire. Il introduit même dam sa liste des personnages historiques qui n'ont rien écrit, mais qui méritent d'être étudiés, et mentionne pareillement plusieurs graves questions ou chapitres VEglise, le Procès de la Pucelle. "Inquisition, etc.. en oubliant un événement capital, entre tous, la Révolution française.
Peut-être trouvera-t-on aussi qu'il place en toute première ligne des auteurs de valeur bien différente et parfois même très discutable. Cournot à côté de Cor neille me semble exagéré, et plus d'un lecteur préfé rera certainement à M. Henri de Régnier son presque homonyme, le vieux et savoureux Mathurin Régnier.
De l'immortel Molière immortel devancier.
En revanche, et contrairement à l'opinion exprimée par tous ceux qui ont le plus aimé les lettres et qui en sont l'honneur, par (cf. supra, t. I, pp. 1 0-1 2, et t. V, pp. 505-506) Pline l'Ancien, Ouintilien, saint Jérôme. Érasme. S. de Sacy, Sainte-Beuve, Doudan, Renan. MM. Alfred Mézières, Gaston Boissier, etc.. etc., qui tous font de Cicéron un si grand et si magnifique éloge. M. Henri Mazel nous déclare, lui, le tenir en piètre estime et émet ce singulier jugement, singulier sur tout sous la plume d'un ami des livres : « Comme beaucoup de phraseurs, Cicéron fut un homme de conduite médiocre et d'infatuation énorme: il esl si peu sympathique qu'il vous rend indulgent pour Catilina lui-même; mais sa mort efface toutes ses petitesses. On surmontera donc le peu de goût qu'inspire sa faconde, pour lire le De Officiis ou le De Natura rcrum: et. dans tous les cas. rebuté ou non, on lira, car
1 !*;iul avoir lu quelque chose de lui, le Sonrje de Set-
. » Page 336. i
\ oici le résumé du « Choix de lectures » proposé par
M. Henri Ma/H, le « Tableau méthodique », dressé par
lui dans l'Appendice de son livre (pp. 361-563), et où
ne figurent que les « chois de file » :