SIXIÈME PÉRIODE
Boèce.
55 ans
Saint François
de Sales.
Saint Jean de
la Croix.
Saint Augustin
Les Prophète*.
Les Psaumes.
Les Évangiles.
L'Imitation.
Passons à l'ouvrage de M. Joël de Lyris. le Choix d'une bibliothèijue, Guide de la lecture.
Bibliothèque de l'enfant; Bibliothèque du jeune homme; Bibliothèque de la jeune fille; Bibliothèque de la femme ; Bibliothèques professionnelles ; Bibliothèque pour tous : telles sont les principales divisions de ce livre.
A l'enfant, M. Joël de Lyris conseille, comme livres de lecture courante, l'Histoire sainte et l'Histoire <<> France. « Jusqu'à douze ans, pas de fables, pacontes, pas de romans d'aucune sorte: mais des livres d'histoire, d'histoire naturelle, des biographies, des récit» authentiques de roipicjes » (pp. 33-34). Et M. Joël de Lyris indique l'histoire de Jeanne d'Arc par Wallon,
['Histoire de Christophe Col&mb par Washington Irving ou V Histoire de la découverte de l'Amérique par Robertson; puis la Vie de Charlemagne par Eginiiard, la Vie de L<>ui.< le Gros par l'abbé Suger, la Vie de suint /.nuis par Joinville, l'Histoire des Croisade* de Michauo, {'Histoire des ducs de Bourgogne de M. dk Barante, etc. i tous ouvrages qui, soit dit entre parenthèses, me semblent bien sérieux pour dos enfants de douze à quinze ans).
Dans la bibliothèque du jeune homme, M. Joël de Lyris place (p. 44) : « les Caractères de La Bruyère; le I lisent rs de la méthode de Descartes; les Pensées de Pascal ; l'Art d'arriver au vrai de Balmès ; la Philosophie fondamentale du même auteur », qui, quel que soit son mérite, doit être passablement surpris de se trouver sur la même ligne que Pascal, Descartes et La Bruyère1. Viennent ensuite : Du Vrai, du Beau et du Bien par Victor Cousin ; les Harmonies providentielles par Charles Lévèque; les Sources du Père Gratry. Puis Bossuet, Montesquieu, Montalembort: etc.
Ce guide est, comme on s'en aperçoit, destiné surtout ta la jeunesse catholique.
Dans la bibliothèque de la jeune fille, l'auteur place
1. Le nom de Balmès manque dans Michaud et dans le Dictionnaire de la Conversation. Il figure dans Larousse, Grand. Dictionnaire, et dans le Nouveau Larousse. Voici un résumé de ces deux articles : Balmès (Jacques-Lucien), publiciste et philosophe, né à Vich, en Catalogne, en 1810, mort en 1848. Il publia en 1840 sa première brochure : Observations sociales, politiques et économiques, sur les biens du clergé, dans laquelle il s'attachait à montrer le rôle bienfaisant qu'avait joué dans le passé la propriété ecclésiastique, et le danger qu'il y avait, pour la société moderne, à dépouiller l'Église. Balmès fut un des plus ardents et des plus éloquents défenseurs du système monarchique ; en dehors de l'institution monarchique, il ne voyait que des périls de toutes sortes pour les sociétés modernes.
(p. 57) : « les Lettres de Mme de Sévigné, de Mme de Maintenon, d'Eugénie de Guérin », etc. D'accord avec le Père de Boylesve, de la Compagnie de Jésus, il interdit à la jeunesse la lecture des romans, et ne fait grâce qu'à Don Quichotte et à Télémaque. A ces deux ouvrages, M. Joël de Lyris ajoute Fabiola du cardinal Wiseman, et les Martyrs de Chateaubriand.
Dans la « Bibliothèque pour tous », nous trouvons d'abord les livres indispensables (p. 108) : dictionnaire français, grammaire française, arithmétique, géométrie, astronomie, atlas, etc.; puis les livres utiles (p. Hi'.ii. parmi lesquels réapparaissent Bossuet, Descartes, Pascal, Victor Cousin, Charles Lévêque, et l'inévitable Balmès. Dans la longue liste des livres utilisables (pp. HOetsuiv.) figurent, « pour les malades, pour les lecteurs peu lettrés des campagnes » : Walter Scott, Fenimore Cooper, xMayne-Reid ; puis Amédée Thierry, Augustin Thierry, l'abbé Dubos (historien et critique :
l'abbé Dubos sur la même ligne que Augustin Thierry!), etc., etc.
Chemin faisant, nous rencontrons, sous la plume de M. Joël de Lyris, plus d'un sage conseil, et de judicieux et féconds aperçus : « Toute lecture, même d'agrément, devra avoir un but d'utilité, soit immédiate, soit future » (p. 15Ô). « Lisez peu signifiera donc : lisez avec un but précis; ne lisez que des livres choisis, et, au lieu de les dévorer, assimilez-vous-en la substance posément, lentement, avec réflexion.... Pour bien lire, il faut être tout entier à ce qu'on lit. Age quod agis : ne fais pas autre chose que ce que tu fais... » (pp. 118-119). « Enfin, pour retirer de ses lectures le plus grand profit possible au point de vue de la formation intellectuelle et morale, rien ne vaut la méthode conseillée par tous les auteurs qui se sont occupés de cette importante question, savoir : Toute lecture doit être faite la plume
César, Tacite,
l'abbé Fleury.
César, Tacite,
à la main, et donner lieu à des extraits, à des résumés, à des réflexions et à des commentaires personnels silice qu'on a lu » (pp. 101-162).