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Tome II, page 127. (Choix des livres

Oui, autant de lecteurs, autant de choix différents.... Une enquête, faite par les instituteurs et institutrices de France, et à laquelle nous nous sommes déjà référé

t. III, p. 85, note 1), nous apprend « qu'un seul écrivain a pénétré partout avec ses romans : c'est Victor Hugo. Victor Hugo est véritablement notre auteur national, et ce qui surprend tout d'abord, c'est que ses œuvres poétiques sont à peu près inconnues. Les cuivres qu'on lit, c'est, avant tout, les Misérables, puis les Travailleurs de la Mer et Notre-Dame de Paris. D'ailleurs, d'une façon générale, les poètes so?it peu <joûtés en France, à l'exception de Lamartine et Hugo. Dans beaucoup de contrées, la poésie cause de l'ennui

^rine-Inférieure, Loire-Inférieure, Loiret), et, dans certains départements, comme la Bretagne et la Corse, la poésie n'est pas comprise du tout. Du reste, la plupart des instituteurs de France, déjà consultés sur les lectures qu'ils faisaient [à leurs élèves], avaient ré-

pondu que la prose est partout en faveur, à l'exclusion presque totale de la poésie.

« Après Victor Hugo, deux romanciers sont cités dans toutes les listes, c'est Alexandre Dumas père et Eugène Sue; ensuite viennent Jules Verne. Erckmann- Chatrian, Daudet. Un seul historien est cité, mais sans enthousiasme, c'est Michelet.

« Quant aux romanciers de nos jours, Zola, Loti. André Theuriet obtiennent le plus grand nombre de suffrages. C'est Loti qui semble avoir exercé la plus réelle séduction; ceux qui l'ont lu le citent avec la joie un peu vaniteuse que procure une découverte. Plusieurs correspondants nomment Voltaire, sans jamais mentionner une seule de ses œuvres: on leur en a parlé dans des réunions publiques, et ils s'imaginent l'avoir lu. » (Jean Vignaud, le Paysan lit-il? Revue bleue, 1(5 décembre 1905, pp. 785-786.)

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