‹ Le livre (volume 2)Chapitre 230 sur 322 · Tome II, page 555. (Du prêt des livres · texte numérisé non relu

Tome II, page 555. (Du prêt des livres

De nos jours, le sénateur Victor Schoelcher (1804- 1894) avait adopté cet ex-libris...: Pour tous et pour moi. En vrai etmagnanime philanthrope, il commençait la citante par autrui, par tout le monde, et se servait le dernier.

Ernest Legouvé, dans ses Soixante Ans de souvenirs (t. III, pp. 140-107), a donné de curieux renseignements sur Victor Schœlcher, sa bibliothèque et ses collections, ainsi que sur son généreux caractère. Voici un extrait de ce chapitre (pp. 142-145) : « Sa bibliothèque est admirable, elle contient plus de douze mille livres de choix. Aux livres, Schœlcher a ajouté une multitude de curiosités, de costumes, de bronzes. Pendant ses

vingt ans d'exil à Londres, il a réuni une collection complète des œuvres de Haendel, et enfin il a ramassé, acheté, un ensemble de neuf mille gravures, par neuf mille graveurs différents! Eh bien, toutes ces richesses ont disparu de chez lui. Comment? par un vol? par un incendie? Non. Par sa volonté. Tous ces objets d'art, acquis avec tant de peine, classés avec tant de soin, regardés sans cesse avec tant de joie, il s'en est dépouillé lui-même; il les a donnés, non pas légués, donnés de son vivant : il a envoyé ses livres à la Martinique, ses collections à la Guadeloupe, ses gravures à l'École des Beaux-Arts, les chefs-d'œuvre de Haendel au Conservatoire. Pourquoi ? Pour fonder un commencement de bibliothèque dans une colonie, un commencement de musée dans l'autre, pour fournir un sujet d'étude aux artistes, sacrifiant ses goûts les plus chers au désir d'être utile, et portant ainsi, dans la passion, si souvent égoïste, du collectionneur, cet oubli de soi et ce dévouement aux autres qui fait l'honneur de son rôle d'abolitionniste. » Etc.

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