Tome IV, page 80, note 1. (Achat des livres
...La vente des romans, qui, par suite de cette incalcu- I lable surproduction et de cet encombrement inouï, par i suite aussi de la concurrence des journaux et périodiques | à bas prix, de ^engouement pour la bicyclette, fautoy mobile, les sports, etc., subissent de plus en plus la loi de I l'offre et de la demande, c'est-à-dire se vendent de moins en moins.
Pour combattre les désastreuses conséquences de ■j l'encombrement du papier imprimé, réagir contre l'indifférence toujours croissante du public, et attirer, affriander le lecteur, les romanciers et leurs éditeurs s'ingénient, s'évertuent de maintes façons, se battent les lianes à qui mieux mieux. Les uns revêtent leurs productions de couvertures en couleurs ultra-criardes, et intercalent dans le texte des photographies « d'après nature », déclarées « audacieusement suggestives ». D'autres baissent leurs prix tant qu'ils peuvent, met tent leurs volumes à 0 fr. 95, à 0 fr. 50, 0 fr. 50? 0 fr. 20! C'est absolument pour rien. Un romancier américain — en fait de trucs et de réclames, la palme appartiendra toujours aux compatriotes de Barnum, — a trouvé autre chose, lui. « Il a promis, paraît-il, la somme de 25 000 francs à la personne qui lui adresserait le meilleur compte rendu de son dernier roman. Inutile de s'imaginer le nombre formidable de Yankees qui se sont tout à coup improvisés critiques littéraires. Aussi le volume a-t-il déjà dépassé sa cinquantième édition. » Mémorial de la librairie française, 25 juillet 1907, p. 578.)
Le moyen n'est malheureusement pas à la portée d< toutes les bourses; mais il nous fait voir une fois d< plus que, là-bas comme chez nous, et selon le mot d< Sainte-Beuve, l'argent est le grand dieu de la littéra ture moderne, le meilleur sésame et le plus sur Fia lux.