‹ Le livre (volume 2)Chapitre 260 sur 322 · Tome IV, page 96 (et 97), note .">. (Achat des livres · texte numérisé non relu

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7). Sainte-Beuve a même fati cette remarque qu'à part deux hommes seulement, Epaminondas et Washington, aucun grand homme d'État n'est arrivé et n'a

gouverné par des moyens honnêtes.... Tous les grands politiques ont été plus ou moins dé grands dissimulateurs.... Soc-rate a même été jusqu'à dire gru*il est impossible de vaquer aux choses publiques en honnête homme, etc.

Cf. H. de Balzac (ia Maison \ucingen, p. 54; Paris, Michel Lévy, 1865) : « Un grand politique doit être un scélérat abstrait, sans quoi les sociétés sont mal menées. I ti politique honnête homme est... un pilote qui ferait l'amour en tenant la barre : le bateau sombre. »

Mentir, mentir le plus habilement, le plus perfidement et impudemment possible, impudentissime, comme les jésuites de Pascal, telle est la première règle et tel le premier devoir des politiciens. C'est ce que Renan a bien mis en lumière dans un chapitre de l'Avenir de la science (p. 454) : « Qu'est-ce que la politique de nos jours? I ne agitation sans principe et sans loi, un combat d'ambitions rivales, un vaste théâtre de cabales, de luttes toutes personnelles. Que faut-il pour y réussir, pour être possible, comme l'on dit ? une vive originalité? une pensée ardente et forte? une conviction impétueuse? Ce sont là au succès d'invincibles obstacles : il faut ne pas penser ou ne pas dire sa pensée: il faut user tellement sa personnalité, qu'on n'existe plus ; songer toujours à dire, non pas ce qui est, mais ce qu'il convient de dire ; s'enfermer en un mot dans un cercle mort de conventions et de mensonges officiels. »

Et plus loin (op. cit., pp. 454-455) : « La plus haute question de la politique est celle-ci : Qui sera ministre? Mais l'humanité sera-t-elle plus avancée, je vous prie, si c'est M** ou M*** qui tient le portefeuille? Je vous aflirme que M*** sait tout aussi peu que M** le fin mot

des choses, que le problème ne sera pas plus près de sa solution qu'il ne l'était auparavant....

« Considérez combien est humiliant, aux époques comme la nôtre, le rôle de l'homme politique. Banni des hautes régions de la pensée, déshérité de l'idéal, il passe sa vie à des labeurs ingrats et sans fruit, soucis d'administration, complications bureaucratiques, mines et contre-mines d'intrigues. Est-ce la place d'un philosophe? Le politique est le goujat de l'humanité, et non son inspirateur. Quel est l'homme amoureux de sa perfection qui voudra s'engager dans cet étouffoir? » Etc.

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