Loc. cit., p
Mais, pour les volumes en mauvais état et vraimriil suspects, il est indispensable d'user «l'un trailemenl plus énergique. Dans lo cours de ses expériences sur la neutralisation <hi livre, « M. Arthur Krausz a inoculé le péritoine de deux cobayes en se servant de livres contaminés, et ces animaux ont succombé à la péritonite. Les expériences touchant la durée de la virulence des germes sur des feuilles de papier imprégnées de divers bouillons de culture ont donné les résultats suivants :
Vibrion cholérique 2 jours;
Bacille diphtérique 28 jours;
Staphylocoque 31 jours;
Bacille d'Eberth (typhoïde) . . 40 à 50 jours;
Bacille de Koch (tuberculose). \ 50 jours1. »
Ainsi, c'est précisément le germe le plus dangereux dont la durée de résistance est la plus longue, et dépasse de beaucoup le temps des vacances.
Le formol passe généralement, à l'heure qu'il est, pour le meilleur désinfectant des livres. Il s'emploie principalement au moyen de caisses ou étuves dans le genre de celle construite par M. E.-B. Soubiron, de Toulouse, « qui est imprimeur
1 . Albert Josias, loc. cit., p. 479. Cf. aussi docteur A Cartaz, la Contagion par les livres : la Nature; 10 août 1907, Supplément.
libraire et relieur, donc grand manieur de livres1, » et que nous avons décrite2, en parlant de la destruction des insectes bibliophages. Il suffit que les volumes demeurent enfermés quinze minutes5 dans cette étuve, exposés à Faction des vapeurs d'aldéhyde formique, pour être parfaitement désinfectés, et ne plus présenter aucun danger.
Mais ces conclusions, qui sont celles des docteurs Miquel, Barbe, Bernard, Younget de « la plupart des hygiénistes * », n'ont pas réuni l'unanimité des suffrages; d'après M. Albert Maire et d'autres bibliographes ou praticiens, « les résultats obtenus avec le formol ne sont pas concluants5 ». Tout ce qu'on
1. Mémorial de la librairie française, 28 juin 1906, p. 521 : et MaxDENANSOUTY, le Temps, 49 juin 1906, Causerie scientifique.