‹ Le livre (volume 3)Chapitre 40 sur 163 · Fac campum repliées, Musa, papyrium · texte numérisé non relu

Fac campum repliées, Musa, papyrium

Née jam fissipedis par calami vias Grasselur Cnidise suions aiimdinis, Pingens aridulœ subdita pagina;, Cadmi fiiiolis atricoioribus.

Aut cunctis pariter vcrsil)us olditiat Furvam laclicoior spongia sepiain.

' Muse, suspends ta marche dans ces champs de papyrus (cessons d'écrire). Arrêtons là le sillon que trace en son chemin le roseau de Cnide au pied fendu, qui va dessinant sur la surface de la page aride les traits noirâtres des filles de Cadmus (les lettres inventées, ou plutôt apportées de Phénicie en Grèce par Cadmus), ou que. passant sur tous

après avoir laillé en pointe leurs calami, fendaient cette pointe en deux par le milieu, absolument comme sont taillées et fendues nos plumes actuelles. Ils effectuaient cette double opération à l'aide d'un canif {scalprum ou scalpellum lihrarium), et quand la pointe du calaraus venait à s'émousser, ils l'affilaient avec la pierre ponce (pîimej?, pumicis), ou avec une pierre à aiguiser (cos, cotis).

L'usage du calamus (roseau), pour écrire, a duré jusqu'au vr- ou vn^ siècle' ; le roseau a été alors remplacé par les plumes d'oie ou d'autres oiseaux. Quant aux plumes métalliques, bien qu'on les regarde comme une invention moderne, elles sont « d'une origine assez ancienne. Rader, dans ses commentaires sur Martial^ dit que, de son temps, on a trouvé, chez les Daces, un roseau d'argent qu'il supposa avoir servi à Ovide pendant son exil. Laissant de côté la partie purement hypothétique de cette assertion, il n'en reste pas moins constaté qu'on a découvert, au xvi^ siècle, une plume métallique reconnue pour être un ustensile ancien. Au moyen âge, s'il faut en croire Montfaucon^, les patriarches de

ces vers ensemble, l'éponge efface la sèche noire (sépiai sous la blancheur du lait. » (Ausone, Lettres, VII, p. 149, et notes, p. 171, trad. Nisard, Paris, Didot, 1887.)

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