‹ Le livre (volume 3)Chapitre 86 sur 163 · Gœthe et Lessing, Revue Bleue, 51 janvier 1880, p · texte numérisé non relu

Gœthe et Lessing, Revue Bleue, 51 janvier 1880, p

l'amour DKS r.IVHES CT de la lecture. 173

« des livres, une masse de livres, » et le peintre dut représenter le petit homme tenant un gros volume ouvert sur ses genoux, pendant que l'index de sa main droite montrait une pile d'ouvrages entassés à ses pieds. »

L'historien Giiîiîon (I7r>7-I7î)i), qui avait puisé, dès l'enfance, auprès d'une de ses tantes, un irrésistible amour de la lecture, disait plus tard qu'il n'échangerait pas cette passion « pour les trésors de l'Inde' ».

Benjamin FR.vNKLiN (1706-1790) manifesta, lui aussi, dès son bas âge, un goût très vif pour la lecture. Les quelques livres que possédait son père étaient surtout des ouvrages de polémique religieuse; il les lui; il lut surtout les Vies de Plutarque, qui, par hasard, s'y trouvaient mêlées. Il acheta ensuite quelques volumes de voyages; un peu plus tard, un tome dépareillé du Spectateur d'Addison lui tomba sous la main et lui servit de modèle de style. A douze ans, Benjamin Franklin était apprenti imprimeur chez un de ses frères, et il devait y rester jusqu'à vingt et un ans. « Son

i. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VIII, p. 456; et Lud- BOCK, le Bonheur de vivre, p. 61. On trouve, dans ce dernier ouvrage, chap. ni et iv, et dans le volume de M. B.H.Gausseron, mentionné plus haut, Bnuquiniana, notes et notules d'nn Inblioloyue (Pari?, Daragon, 1001), de nombreuses pensées et anecdotes sur les livres et la lecture, glanées de préférence parmi les écrivains anglais.

grand souci était de se procurer des livres et de se ménager du temps pour les lire, tout en faisant exactement son travail.... Tandis que ses compagnons étaient hors de l'imprimerie pour prendre leur repas, il y faisait vife le sien, qu'il préparait frugalement de ses mains, et il lisait, le reste du temps, se formant à l'arithmétique, aux premiers éléments de géométrie, lisant surtout Locke sur r Entendement humain, et FArt dp penser, de Messieurs de Port-Royal •. »

C'est l'Américain Franklin qui fut le fondateur de la première bibliothèque populaire. « C'est lui qui, simple ouvrier imprimeur, imagina de faire mettre en commun à ses compagnons les livres qu'ils possédaient : « Nous sommes douze, disait-il, et nous « avons chacun un livre: si nous les mettons en « commun, nous aurons douze livres à lire tour à

1. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VII, p. 130. On connaît répitaphe que Franklin, dans sa spirituelle bonhomie, et si porté à la métaphore famihère, composa sur lui-même (ap. MiCHAUD, Biographie universelle: Larousse, Grand Dictionnaire: etc.) :

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