‹ Le livre (volume 3)Chapitre 96 sur 163 · Sainte-Beuve, op. rit., l. XI. p. io · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, op. rit., l. XI. p. io

un merveilleux causeur, de qui Victor Cousin <lisnit <|ue « personne, depuis Voltaire, n'a certainernc^nt eu autant d'espril ', » abonde en remarques pi- <|uantes ou profondes et en sagaces conseils relatifs aux livres et à la lecture :

« Dans les études littéraires, on ne profile <[ue de <e qui amuse. C'est là surtout qu'il faut suivre sa l)ente, c'est-à-dire son goût. Je vois des personnes (jui s'obstinent, par conscience, à lire ce qui les <Minuie. Je doute qu'il leur reste une idée ou un sentiment de ce travail ingrat. 11 faut planter là un livre dès que, après l'épreuve d'une vingtaine de pages, on sent qu'il ne vous va pas ; tout au plu»^ le faut-il parcourir; en parcourant on trouve quelquefois telle page qui vous fait revenir avec plaisir sur les commencements; mais ne parcourt pas qui veut; les personnes méthodiques ont de la peine à s'y faire. Il est vrai qu'on peut apprendre à parcourir méthodiquement ^ Je crois que si Bossuet n avait pas forcé le Dauphin à lire d'un bout à l'autre des livres qui l'assommaient, le pauvre prince n'aurait pas dit, à la fin de son éducation : « C'est bon, je ne lirai plus que la GazeUe'' ».

« Pour les esprits féconds, les livres des autres

I. Comte d'Halssonville, Introduction aux lettres de Doudan (DouDAN, foc. cit., t. I, p. vni).

'2. Cf. infra, t. Il, cliap. ni, Diverses façons «le lire, l'Art (le parcourir.

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