Ibid., pièce Vil
5. Ibid., pièce IX. — Rapprocher de cette pièce le passage suivant de Victor Hugo raconté. II, 240 : « Lorsqu'on laisse derrière soi la barrière d'Enrer et la Butte au Moulin, et qu'on descend dans la vallée de la Bièvre, un peu après la chaumière de Brinvilliers, on
Ces deux heures d'amour matinal et vermeil, Dans ces bois, par le frais, bien avant qu'il arrive !
pendant qu'
Il est encore au lit, le dangereux témoin.
Ainsi, maintenant, il met au hasard d'une rencontre fâcheuse Thonneur de celui qui, au milieu de ses chagrins, lui a témoigné tant d'indulgence ! A un prêtre même, à son ami Barbe, il parlait de sa passion en termes d'ailleurs voilés, et insistant comme il devait le faire, — comme il pouvait le faire encore, — sur ce qu'elle a de chaste.
J'ai eu bien des douleurs dans ces derniers mois, de ces douleurs qu'on évite en gardant le port de bonne heure. La passion que je n'avais qu'entrevue et désirée, je l'aie sentie; elle dure, elle est fixée et cela a jeté dans ma vie bien des nécessités, des amertumes mêlées de douceur, et un devoir de sacrifice qui a son bon effet, mais qui coûte bien à notre nature *.
Et je sais que, s'il était permis de lire les lettres intimes qu'écrivait alors Sainte-Beuve, on y trou-
arrive à une grille qui s'ouvre sur une allée verte et ombreuse. Au bout de cette allée est une maison... Cette habitation, appelée les Roches, appartenait alors à M. Bertin Tainé, rédacteur en chef du Journal des Débats. Il y passait l'été et y attirait tous ceux qui avaient un nom dans les lettres. M. Victor Hugo y fut invité (1828)... Le poète et le journaliste se prirent d'amitié, et, les années suivantes, M. Victor Hugo passa aux Roches une partie de l'automne, avec sa femme et ses enfants. » — Voir Feuilles d'automne^ la pièce XXXIV : Bièvre.
\. Xouvelle Correspondance^ \}. 19.
verait ces secrets si pénibles pour Hugo, révélés à des tiers, qui le connaissent, lui et sa femme.
Et le 15 décembre, Hugo trouve dans la Revue des Deux Mondes un article à la louange des Feuilles d'automne \ 11 y a là des allusions qu'il ne peut comprendre. Quand Sainte-Beuve rappelle les délicieuses pièces des Odes consacrées à M"' Hugo-, le mari ne sait pas quelle valeur cette mention a pour sa femme et qu'en la lisant, elle se répète tout bas les vers dernièrement reçus en cachette :
Ce qu'il chantait de simple à ta douce louange Se répéta surtout dans mes échos ravis 3.
Il y a aussi des choses qui auraient pu émouvoir amèrement le poète. Quand Sainte-Beuve montre quel changement s'est fait dans l'âme de Victor Hugo, constate qu'à '< la verte confiance de la première jeunesse, à la croyance ardente, à la virginale prière,... à la mystique idolâtrie pour un seul être voilé » ont succédé la tristesse et la « plainte obstinée et monotone », déplore enfin qu'il y ait progrès du scepticisme moral et religieux ^ ; Hugo ne pouvait-il dire en lui-même : A qui la faute? et