CHAPITRE LXVII
Promesses de Dieu à Noé. — Les fleuves de feu où sont châtiés les mauvais anges et où seront punis un jour les rois et les puissants.
1. En ces jours, la parole du Seigneur de TUnivers me fut (adressée), et il me dit : « Noé ^ , ton sort est monté près de moi , un sort dans lequel il n'y a pas de reproche^, un sort d'amour et d'équité. 2. Et maintenant les anges vont travailler ^ des bois ^ , et quand les anges
1 U : " d'élever. »
2 Q : « du ciel. »
3 T2 et le 2c groupe ajoutent : « voici. »
•i G omet « un sort dans lequel il n'y a pas de reproche ». 3 Le l*"" groupe : ^ ont travaillé. » 6 T : « une chose difficile. »
2. Le Seigneur ordonne aux anges de châliment de ne pas lever les mains trop tôt pour donner le signal du débordement des eaux, mais de se tenir prêts et de veiller. La fin du verset pai-aît une glose où rinterpolateur répète que les anges du châtiment avaient été chargés de déchaîner les puissances des eaux, à moins qu'il n'ait en vue les esprits des eaux eux-mêmes.
LXVII, 1-3. Discours de Dieu à Noé, où il lui confirme les paroles d'Hénoch, l\v, 11, — Ton sort. Le sort de Noé, c'est la vie de Noé, vie sans reproche, toute daniour et d'équité, qui est montée près de Dieu, c'est-à-dire qui lui est connue. — Sort dans lequel il n'y a pas de reproche. Cf. lxv, 1 1 .
2. Ce sont les anges qui font l'arche de leurs propres mains. Gen., VI, 14-21, c'est Noé qui fait l'arche. Cf. infra, lxxxix, 1. — La race de vie, c'est-à-dire le peuple hébreu qui devait donner naissance au
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auront achevé cette (œuvre) ' , j'étendrai ma main- sur elle, et je la garderai, et la race de vie sortira d'elle, et il y aura un changement afin que la terre ne demeure pas vide. 3. Et j'affermirai ^ ta race devant moi pour les siècles des siècles, mais je disperserai ceux qui habitent avec toi, je n'éprouverai pas ' (ta race) sur la face de l'aride, et elle sera bénie, et elle se multipliera devant l'aride au nom du Seigneur^. »
4. Et il enfermera ^ les anges qui ont montré l'iniquité, dans cette vallée brûlante " que m'avait d'abord montrée
1 Le 2e groupe : « et quand les anges seront sortis pour (exécuter) cette œuvre. »
2 Q omet " ma main )>.
3 G et E : ■ il affermira. »
•* B, D, Y et 0 omettent « je n'éprouverai pas ».
5 T : c' au nom de notre Seigneur. »
6 Le 2e groupe : « on enfermera. »
" G, Q omettent " brûlante ».
Messie, ou peut-être plus simplement la famille de Noé qui devait repeupler la terre.
3. Je disperserai, cest-à-dire je ferai peupler toute la terre par ta postérité. — Je n'éprouverai pas. Flemming traduit en reliant le verbe à ce qui précède : » Je disperserai au hasard. » En réalité, nous avons là une allusion à Gen., viii, 21 : « Je ne maudirai plus désormais la terre à cause de l'homme ; » et ix, 1 : « Soyez féconds, multipliez-vous, et remplissez la terre. »
4-7. La suite des idées est encore une fois interrompue. L'auteur revient au châtiment des anges, dont il avait déjà été question lxiv, 2. Mais c'est toujours Noé qui parle. Cf. y. 4 : « mon grand -père Hénoch. » — Cette vallée brûlante que m'avait d'abord montrée mon grand-père Hénoch. 11 n'a pas été dit précédemment que Hénoch eût montré à Noé une vallée de ce genre. Dans liv, 1, Hénoch se rend, avec un ange de paix, à la vallée profonde remplie d'un feu ardent, où sont punis les rois et les puissants. Ici, d'après notre interpolateur, cette vallée paraît être la Géhenne : l'eau du déluge en pénétrant dans cette fournaise, et en se mélangeant au métal fondu qu'elle contient, y a produit une grande perturbation; depuis, la vallée exhale une forte odeur de soufre, et il en sort des fleuves de feu. V. Dillmann, p. 203 et suiv.
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mon grand -père Hénocli, à l'occident, auprès des montagnes d'or, d'argent, de fer, de métal fondu et d'étain, 5. Kt je vis cette vallée où il y avait une grande perturbation, et une perturbation des eaux. 6. Et quand tout cela fut accompli ' , de ce « métal fondu » de feu et de l'agitation qui les agitait (les eaux) en ce lieu s'exhala une odeur de soufre, et elle se mêla avec ces eaux, et cette vallée où (étaient) les anges qui avaient séduit (les hommes) 2 brûle au-dessous de cette terre. 7. Et de ses vallées sortent des tleuves de feu où sont châtiés ces anges qui ont séduit ceux qui habitent sur l'aride.
8. Ces eaux serviront en ces jours aux rois, et aux puissants, et aux grands'^, et à ceux qui habitent sur l'aride, pour la guérison de la chair » et pour le châtiment de l'esprit; mais leur esprit est plein de volupté^, de sorte que leur chair sera châtiée ** , parce qu'ils ont renié " le Seigneur des esprits ; et ils voient ^ leur châtiment de chaque
1 M ajoute : « en vain. »
2 U omet i< où (étaient) les anges qui avaient séduit (les hommes) ».
3 E, V, W omettent « et aux grands ». ElFacé dans P. ^ M, T et le 2<^ groupe : « de l'esprit et de la chair. »
5 G, Q, U : « de désirs. »
6 B, G, V : « il est châtié dans leur chair. » 'Y : M ils renient. »
8 T : « et il voit. »
8-13. Ces versets sont obscurs. L'auteur y prédit rexéculion du châtiment des rois et des puissants, dont le jugement a été raconté dans Lxn-i.xiii. DiUmann (p. 206) voit dans ces paroles : pour la guérison de la chair, une allusion aux stations thermales , que les puissants de cette époque avaient établies dans le voisinage de la mer Morte, à Callirhoé, par exemple. Voir Josèphe, Anl. jud., XVII, VI, 5 ; Dell, jud., I, xxxni, 5. En s'y baignant, ils devraient trembler à la pensée du chîitiment que subissent les mauvais anges dans ces eaux sulfureuses. Mais leur esprit est voluptueux et aveugle, et ils ont beau voir le châtiment qui les attend pour les frapper tous les jours sans relâche, ils n'ouvrent pas les yeux.
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jour sans confesser '• son nom. 9. Plus leur chair est brûlée avec intensité, plus il se produit de changement dans (leur) esprit pour les siècles des siècles, [car il n'y a personne devant le Seigneur des esprits qui profère une parole vaine.] 10. Car le jugement viendra sur eux, parce qu'ils croient à la volupté - de leur chair, et qu'ils renient l'Esprit du Seigneur.
11, En ces jours, il y a dans ces mêmes eaux ^ un changement, car lorsque ces anges sont châtiés dans ces eaux * la chaleur de ces sources d'eau est changée , et quand les anges montent cette eau des sources est (encore)
i G : K et ils confessent. »
2 G, Q, U : « aux désirs. »
3 B : « dans les eaux. »
■4 Le 2e groupe, sauf V : « dans ces jours. »
9. Ce verset doit, nous semble-t-il, s'entendre, comme le i^récédent, de ce que les rois et les puissants éprouvent en ce monde. Plus la sensation de brûlure est vive, lorsqu'ils se plongent dans ces eaux chaudes, et plus leur esprit change , c'est-à-dire plus il s'éloigne du bien, pour s'endurcir encore, au lieu de rentrer en lui-même. C'est ce qui explique le châtiment prédit au y. 10, qui finira parles atteindre.
— Car il n'y a personne devant le Seigneur des esprits qui profère une parole vaine: interpolation évidente. Cf. lxii, 3.
10. Dans lxiii, 7, les rois et les grands s'accusent seulement d'avoir trop compté sur la verge de leur commandement et sur leur gloire.
— Renier l'Esprit du Seigneur. C'est la seule fois que nous rencontrons dans ce livre cette expression , au lieu de renier le Seigneur des esprits. Faut-il en rapprocher le passage sur le péché contre le Saint- Esprit, Marc, III, 29 : « Celui qui aura blasphémé contre l'Esprit- Saint n'obtiendra jamais de pardon; il est coupable d'un péché éternel ■? ')
11-13. Exécution de la sentence pour les anges. — On avait probablement constaté que la température des sources thermales montait quelquefois assez rapidement pour sabaisser ensuite de même. L'auteur explique ce double phénomène par la présence ou par l'absence des anges châtiés. En ces jours, c'est-à-dire à l'époque même où il écrit, l'eau est plus chaude quand les anges y sont tourmentés; elle se refroidit au contraire quand ils quittent momentanément le lieu de leur punition.