‹ Le livre d'heures de l'amourChapitre 40 sur 97 · DIANE · texte numérisé non relu

DIANE

J'erre enfiévré parmi tes noirs taillis épais. Blessé, j'appelle en vain le sommeil et la paix. Je voudrais, loin des yeux clairs de la chasseresse. Sans qu'elle pût jouir de sa cruelle adresse. Pantelant, étendu sous ta fraîcheur, ô bois! Seul, mourir en pleurant comme un cerf aux abois!

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SANS amour la vie est sans joie; Point d'étoile sur l'horizon, Point de but au bout de la voie; Tous les efforts sont sans raison.

L'âme d'un grand vide est emplie, Tout est sans charme et sans couleur; Le monde semble une folie; Tout travail est une douleur.

Et, sans qu'on se rende bien compte, Ce mal sombre, ce noir dégoût, N'est que le remords et la honte D'être mal d'accord avec tout.

L'homme qui vit sans bien-aimée Est en faute; l'âme le sent.

11 est hors de la loi rythmée Qui chante au cœur avec le sang.

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Mais qu'un amour en lui se lève,

Il se sent allégé, joyeux;

Tout n'est plus comme un mauvais rêve

L'esprit de vie est dans ses yeux.

Une espérance vague et douce Lui rend gai l'éclat du matin; Il comprend pourquoi l'herbe pousse; 11 donne raison au destin.

Il va chantant, léger, sans peine.

Et tout, dans la fuite des jours, L'accompagne, Taide et l'entraîne.

Car tout n'est qu'un torrent d'amours.

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