‹ Le livre d'heures de l'amourChapitre 55 sur 97 · LE MIRACLE · texte numérisé non relu

LE MIRACLE

LE éMIT^oACLE

T'a VOIR à moi me semble un rêve, Car c'est l'infini possédé; Et vers toi mon regard se lève.

Et mon cœur est tout débordé.

Quoi! j'ai ce monde : un cœur de femme! Quel prodige! — Comment, pourquoi, Ce corps, dont s'enchante mon âme.

Est-il à moi, n'étant pas moi>

Quoi! mon sourire sur sa bouche Fait naître un sourire! Comment Suis-je ému de ce qui la touche?

Et j'aime avec étonnement.

Et pendant des heures entières Je plonge un regard éperdu Dans son regard plein de lumières, Tout son être au mien confondu.

Chaque détail de sa personne Me charme, m'attire à son tour; Chacun d'eux à son tour m'étonne Et m'enchante, et voilà l'amour.

Ht ma vue est sans fin ravie

Par ce corps, cette âme, ces yeux,

Par ce miracle de la vie,

Que pour moi seul ont fait les dieux I

Et, charmé, je peux, sans rien dire, Les yeux sur ses yeux, tout un jour, Prolonger, — parce que j'admire, — Dans l'orgueil, l'extase d'amour !

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