LA NUANCE
On jouait à des jeux d'esprit,
— Qu'est-ce, a-t-on dit, que la nuance?
Je rignorais, on me Tapprit,
Et j'en ai gardé souvenance.
— C'est, dit l'une, ce qu'un seul voit.
Pensait-elle à ce bien suprême
Que dans l'être aimé n'aperçoit
Nul autre au monde que nous-même ?
— C'est la chose qu'on ne sent pas.
Ou qu'on sent trop, — dit-elle encore.
Un timide aveu fait si bas
Qu'on en tressaille ou qu'on l'ignore.
Un jeune homme dit à son tour :
— C'est la peur. — Mot profond, intime :
Car la nuance est en amour
La passerelle sur l'abîme.
— Ce qui se gfisn outre les mots, Reprit fioement une fèaune.
Quand le passage entre euK est dos»
L'accent le met en eux, Madame.
— C'est, dit-elle, ce qu'à la fois On ne voit pas et Ton préfère, C'est le motif de tous les choix Qu'on fait ne les croyant pas faire.
Ah! ce mot-là fut le vainqueur!
La nuance est si peu de chose Pour les yeux et tant pour le cœur.
Mais ce fut bien mieux dit en prose.