‹ Le livre d'or de la comtesse Diane [pseud.]Chapitre 49 sur 49 · LA NUANCE · texte numérisé non relu

LA NUANCE

On jouait à des jeux d'esprit,

— Qu'est-ce, a-t-on dit, que la nuance?

Je rignorais, on me Tapprit,

Et j'en ai gardé souvenance.

— C'est, dit l'une, ce qu'un seul voit.

Pensait-elle à ce bien suprême

Que dans l'être aimé n'aperçoit

Nul autre au monde que nous-même ?

— C'est la chose qu'on ne sent pas.

Ou qu'on sent trop, — dit-elle encore.

Un timide aveu fait si bas

Qu'on en tressaille ou qu'on l'ignore.

Un jeune homme dit à son tour :

— C'est la peur. — Mot profond, intime :

Car la nuance est en amour

La passerelle sur l'abîme.

— Ce qui se gfisn outre les mots, Reprit fioement une fèaune.

Quand le passage entre euK est dos»

L'accent le met en eux, Madame.

— C'est, dit-elle, ce qu'à la fois On ne voit pas et Ton préfère, C'est le motif de tous les choix Qu'on fait ne les croyant pas faire.

Ah! ce mot-là fut le vainqueur!

La nuance est si peu de chose Pour les yeux et tant pour le cœur.

Mais ce fut bien mieux dit en prose.

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