IV. — CORRESPONDANCE
143. — Lettres à la Princesse, par C.-A. Sainte-Beuve, de l'Académie française. Paris, Michel Lévy frères, (Imp. J. Claye), 1873; in-12, 2 f ., m-307 p.
bibliothèque contemporaine.
B. F., 12 avril 1813, no 3504.
Ces lettres vont du jeudi 20 juin [1861] au 17 janvier 1869: elles sont précédées (p. i à ni) d'un avant-propos signé J [ules] T [roubatl, indiquant que les « Lettres recueillies dans ce volume ont été rendues au légataire universel de M. Sainte-Beuve, en échange de celles qui furent un moment l'objet, en 1869, de contestations à peu près oubliées aujourd'hui ». Publiées avec o des coupures et des initiales i, les lettres originales, sans aucune suppression, réunies en un fort volume n-8, se trouvent, depuis 1892, dans la bibliothèque de M. Jules Claretie.
Le troisième tirage de cette édition fait à l'imprimerie Colin, en 1887, est actuellement en vente.
144. — Correspondance de C.-A. Sainte-Beuve (1822-1865). Paris, Calmann Lévy, (Imp. A. Chaix et Cie), 1877-1878; 2 vol. in-12, 2 f., 378 et 404 p.
Bibliothèque contemporaine.
B. F., 6 octobre 1877, n° 9793 ; 4 mai 1878, n° 3994.
Bien que le titre du tome 11 (1878) reproduise les indications ci-dessus de dates extrêmes, ce tome comprend la Correspondance de 1865 à 1869.
Le 2e tirage de cette édition, — fait à Piinp. Chaix, en 1878, pour le l«r vol., et à l'imp. Colin, en 1898, pour4le 2* vol., — est actuellement en vente.
144*. — Nouvelle Correspondance de C.-A. Sainte-Beuve, avec des notes de son dernier secrétaire [M. Jules Troubat]. Paris, Calmann Lévy, (Imp. A. Chaix et Cu), 1880; in-12, 2 f., 442 p.
B. F., 28 août 1880, n° 7765.
Lettres de 1818 à 1869 et lettres sans date. — Voir, l\ propos de cette publication, len* 172.
145. — Correspondance de Sainte-Beuve avec Hermann Reuchlin, publiée par Eugène Ritter, professeur à l'Université de Genève. Extrait du tome XIII de la « Zeitschrift fur franzosische Sprache und Littérature. Oppeln et Leipziy, G. Maske, 1891 ; in-8, 13 p.
Sur les sept lettres publiées, quatre 3 mars 1845, 3 février et 22 avril 1858, 12 mars 1865) sont de S.-B.; les trois autres 2 mars 1840, 5 février 1845 et 18 février 1865) sont de Reuchlin.
146. — Lettres de Sainte-Beuve au professeur Gaullieur (1844-1852) [publiées
par M. Eugène Ritter]. S. I. n. d. (Extrait du Bulletin de l'Institut national genevois, t. XXXIII), [Genève, Georg, 1895J ; in-8, 43 p., la d. n. ch.
Simple titre de départ (p. 1) en tête de l'avant- propos signé (p. 4) : Eugène Hitler. — Tirage à part à 50 exemplaires, contenant vingt lettres de S.-B.àGauIlieur,2mars 18iï-10 mai 1852; dix lettres de Gaiillicur à S.-B.t 5 mars 1844-icr octobre 1846, publiées en totalité ou en partie; et une lettre du duc de Broglie à Gaullieur, 28 mai 1844. — Un feuillet de 2 pages, intitulé Errata et Addenda, ajouté au Bulletin et tiré à part à 25 exemplaires, contient (p. 2) une lettre de S.-B. & Ganllieur, du 12 juillet 1844.
147. — Lettres inédites de Sainte-Beuve à Collombet, publiées par C. Latreille et M. Roustan. Paris, Société française d'imprimerie et de tibrairie, ancienne librairie Lccène, Oudin et Cif ,( Poitiers , Société française d'imprimerie et de librairie), 1903; in-12, xv-272 p., la d. n. ch.
B. F., 21 mars 1903, n« 2834.
Après l'avant- propos, qui occupe les pages v-xv, une introduction très étendue (p. 1-155), contient les chapitres suivants : Sainte-Beuve et Lyon; — Quelques détails sur la biographie de Sainte-Beuve; — Sainte-Beuve critique; — Sainte-Beuve poète: les Pensées d'Août ; — La crise religieuse de Sainte-Beuve.
Les lettres de Sainte-Beuve et les quelques lettres de Franoois-Zénon Collombet appartiennent à la période de 1834 a 1853.
148. — Correspondance inédite de Sainte-Beuve avec M. et Mme Juste Olivier, publiée par Mmo Bertrand. Introduction et Notes de Léon Séché, avec un portrait de Juste Olivier. Paris, Société du Mercure de France, (Poitiers, Imp. Biais et Roy), 1904; in-12, 2 f., 509 p., les 3 d. n. ch.
Il a été tiré douze exemplaires sur papier de Hollande, numérotés de 1 a 12. B. F., 7 janvier 1905, n» 159.
Cette correspondance avait été publiée dans la Revue des Deux Mondes des 15 octobre, 1er et 15 novembre 1903, 1er et 15 juillet et 1*; août 1904.
En outre des diverses publications signalées ici, nous avons cité au cours de cette bibliographie un certain nombre d'ouvrages contenant des lettres de Sainte-Beuve (1). En réunissant celles qui ont été imprimées çà et là (2), on aurait la matière d'un nouveau volume de correspondance qu'il faudrait fondre avec les trois précédents. A défaut, il serait bon, pour établir l'unité de la correspondance, de dresser nnc liste ou table chronologique des lettres et une table alphabétique des noms cités, corn-» prenant les Lettres à la Princesse, la Correspondance avec M. et Mme Juste Olivier et les Lettres à Victor Hugo et à Madame Victor Hugo qui resteraient distinctes.
Voici, pour terminer, quelques indications complémentaires et une douzaine de lettres adressées à diverses personnes ; les unes nous ont été communiquées par MM. NoPl Charavay et Raoul Bonnet; les autres proviennent des papiers de Ferdinand Denis qui les avait reçues et les a léguées à la Bibliothèque Sainte-Geneviève.
(1) Voir aussi les n<>» 154, 164, 182, 192 et 196b".
(2) Sans parler de celles qui ont passé en vente et notamment des lettres a Madame Du Gravier, 1847-1866, (N° 140 du Catalogue d'une précieuse collection de Lettres autographes, [vendue le] 20 mars 1903. Paris, Noël Charavay).
418 LE LIVRE D'OR DE SAINÏE-BECVE
Lettres de Sainte-Beuve à Jules Philippe, publiées par M. Eugène Ritter (Revue Savoisienne, 31« année, Annecy, 1890, in-8). Cinq lettres de 1863 à 1861.
A travers les autographes. Les papiers de Boissonade, par Félix Chambon (Revue d'Histoire littéraire de la France, 1901, p. 41*2-87). Une lettre à Victor Cousin et cinq à Boissonade, de 1845 a 1854.
lettres inédites, publiées par M. Eugène Etnler (Nouvelle Revue, tor juin 1906). Six lettres à George Einler, de 1821 a 1824.
Lettres à une Jeune Fille, publiées par M. Philippe Godet, (Revue de Paris, 1" juillet 1904). Quatre lettres de 1857 et 1858.
Lettres inè liles recueillies et commentées, par M. G. Michaut (Revue latine, 25 décembre 1904). Texte ou extraits de 27 lettres ou billets a divers correspondants : Emile Deschamps, Rcnducl, Amédée Renée, Ernest Chcsueau, Didron l'aîné.
Lettres de Sainte-Beuve à Victor Hugo et à Madame Victor Hugo, retrouvées et publiées par M. Gustave Simon, 1827-1867. Ces lettres, en cours de publication dans la Revue de Paris (15 décembre 1904-janvier 1905), doivent paraître à la librairie Calmann Lévy.
Ce Dimanche.
J'ai bien l'honneur de saluer Monsieur Denis et de le prier de me pardonner mon étourderie. Quand /acceptai hier la visite chez M. Villenave pour mardi soir, f avais tout à fait oublié que fêtais retenu cette même soirée pour entendre le discours d'ouverture du coi/rs de M.Lami à V Athénée. En rentrant à la maison, une lettre de lui me l'a rappelé. Si donc Monsieur Denis voulait avoir la bonté de me désigner un autre jour, soit aujourd'hui, soit demain, soit mercredi, je serais à ses ordres et doublement obligé de sa complaisance.
Stk-Beuve.
Suscription : Monsieur,
Monsieur Ferdinand Denis,
Rue Notre- Dame-des-Champs,
au coin de la rue de Chevreuse.
M. Crussollc-Lami fit, en 1827, un cours à l'Athénée royal sur la Révolution des Pays-Bas 1560-1609); il est probable que cette lettre y fait allusion.
Ce Vendredi (décembre 18i7).
Mon cher ami,
Je vous i envoie quelques-uns des ouvrages que vous avez eu la comptai"
sance de me prêter, et en particulier votre André que j%ai lu avec beaucoup
d'intérêt. Cest un Roman de la famille de Paul et Virginie et qui ne dépare
nullement ses aines. Je vous ferai, si vous jugez à propos d'en envoyer un
exemplaire au Globe, une petite annonce que nous tâcherons de faire passer avant le /<*>' janvier. Veuillez me le dire; elle sera faite aussitôt que le livre envoyé au bureau. Si vous avez fini du Montaigne, je vous serai obligé de le remettre à la porteuse du billet, parce que je vais m'y mettre, et à Rabelais pour clore mon in-1 8 ,
Mille amitiés.
Mes respects chez vous.
Ste-Beuve.
Suscription : Monsieur,
Monsieur Ferd. Denys.
André le Voyageur, histoire d'un marin, par Ferdinand Denis (Paris, L. Janet, in-18), parut à la fin de novembre 1821. L' a annonce • offerte par S.-B. se trouve dans Le Globe du 25 décembre ; elle est anonyme et débute par ces mots : « Ce petit roman est de la famille de Paul et Virginie ». La dernière ligne de cette lettre montre que S.-B. ne prévoyait pas encore les deux volumes iu-8 du Tableau de il Poésie française au XVI9 siècle.
Ce Dimanche.
Mon cher Ferdinand, Sériez-vous assez aimable pour vouloir bien faire (demain lundi à 6 heures moins le quart) un petit dîner bien simple et frugal chez ma bonne mère? Vous nous feriez bien du plaisir. — Vous n'en pouvez douter.
'fout à vous.
Amitiés à M. Arsène.
S™-Bkuve.
Tout TinténH de ce petit billet, sans date, adressé à Ferdinand Denis, est dans sa note intime qui fait penser à ces lignes de Lamartine : « 11 vivait a Paris, avec une mère âgée, sereine, absorbée en lui, dans une petite maison sur un jaidiu retiré dans le quartier du Luxembourg ».
Voici, Monsieur, trois parterres. Il faudrait être avant .) A. 1/2 au Théâtre, du côté de la rue de Monfpensier.
Tai Vhonneur de vous saluer.
Pour M. V. Hugo.
Stk-Beuve.
Ferdinand Denis a ajouté la note suivante: « Envoi de billets de parterre pour la. troisième représentation dUernani [1er] mars 1830 ». La première avait eu lieu le 25 février. — Ce billet, très court, montre S.-B. dans ses fonctions de Hernaniste,
Mon cher Roche, Le journal le Mouvement paraît-il, y serez-vous ? Dans ce dernier cas, comme le journal serait bon, je serais heureux d'être quelquefois à votre service. — De plus, un de nos amis, M. Stourm, ce substitut destitué au sujet des associations y homme loyal et dans les principes du mouvement, serait heureux aussi d'entrer en rapport avec vous, et vous n'auriez qu'à vous féliciter de ce rapprochement.
Tout ceci vient de ce qu'on m'a dit que vous seriez rédacteur en chef de ce journal. Il n'en est peut-être rien, mais je le voudrais. Tout à vous d'estime et de cœur.
Ste-Beuve.
Chenavard a dit aussi vous parler de Planche pour les Théâtres.
Suscription : Monsieur Roche,
Rue de Sèvres, 103.
L'acte de société du Mouvement est du 30 octobre 1831, et il fut enregistré le 3 novembre suivant. Dans une lettre du 9 décembre 1831, signalée par M. G. Michaut, Sainte- Beuve adresse Charles Didier à Achille Roche, au bureau du Mouvement.
Ce Lundi [iâ septembre 1839].
Mon cher Antony, Recevez mon cordial remerciement pour les beaux vers que vous rattachez à mon nom et que la Revue de Paris m'apporte ce matin : poète qui vivez sur votre montagne et nous fuyez, on ne peut vous serrer la main comme on voudrait, il me tarde de vous rencontrer pour causer avec vous de tout ce que vous nous déduirez si bien.
Amitiés de cœur.
Stk-Beuve.
Suscription : Monsieur,
Monsieur Antony Ueschamps,
Maison de santé du Docteur Blanche, à Montmartre, près Paris.
Le timbre de la poste poste la date du 23 septembre 1839, qui était bien un lundi.
Le numéro de la Hevue de Paris qui venait de paraître contenait quelques poésies d'Antoni Deschamps et Tune d'elles (16 vers), était dédiée : A Monsieur Sainte-Beuve. Dans le recueil des Poésies de Antoni Deschamps (Paris, Delloye, 1841, in- 12), cei vers :
Celle qu'on appelait fdme de la maison, ont partie du livre III : Résignation, avec ce nouveau titre : A celle qui nous éleva. Le nom de S.-B., supprimé ici, se retrouve dans le premier livre : Le» Italiennes, dont la pièce V : Naples, lui est dédiée.
Ce 19 mai 1841.
Mon cher Monsieur Gétrat, Auriez-vous la bonté de me dire si vous avez connaissance d'une tragédie en 5 actes et en vers qui a été déposée au Théâtre- Français, le 25 mars dernier, et qui a pour titre Marje de France ? Je connais l'auteur, qui est modeste et qui désire un avis sérieux. Je me suis permis (avec toute sorte de discrétion) de vous êanre pour vous adresser cette question. Quelle que soit votre réponse, comptez sur celte même discrétion qui vous couvre.
Il doit de plus être déposé dans quelques jours le manuscrit d'une tragédie en cinq actes et en vers intitulée /'Esclave ou la Mort de Séjan. Un examen attentif et un avis sérieux sont également réclamés avec prière par un auteur, homme très honnête et très modeste.
Pardonnez-moi, mon cher ami, d'aller ainsi à vous à travers un incognito que je saurai plus que personne respecter.
Tout à vous.
Stk-Beuve.
Ce Dimanche.
Cher Monsieur,
Je suis passé ce matin chez vous pour vous remercier de votre bonne et cordiale parole d'hier. — J'avais aussi à cœur de mieux répondre que je ne Vai fait à Vautre mot que vous m'avez dit. Je vous assure que rien ne serait plus injuste que l'imputation dont il s'agit. Non, je n'ai fait aucune stipulation avec personne. M. Campenon mort, j'ai déclaré que je ne me présentais pas, parce que, sans des chances prochaines, il me semblait insupportable de m' établir en candidature permanente. Si j'avais voulu arriver à une stipulation, je me serais mis en campagne, j'aurais formé un noyau plus ou moins considérable, et je ne me serais désisté que moyennant arrangement et conditions. Or, j'ai fait tout le contraire : dès le premier jour, j'ai dit non et me suis tenu dans ma chambre. M. S. -M. G. [Saint-Marc Girardin] pourtant, dont j'aurais pu, non pas empêcher, mais gêner l'élection, est venu me remercier de ce qu'il a bien voulu prendre pour un bon procédé. Mon premier mot a été pour lui expliquer mes motifs et les réduire à leur juste valeur. Il m'a
déclaré ne pas m'en savoir moins bon gré, et je n'ai pas dû repousser un retour si bienveillant. D'ailleurs, je ne Vai pas vu une seule fois depuis lors. Voilà le vrai. — Quant à ma candidature actuelle, je ne m'y suis décidé que parce qu'il m'importe a" éclair cir cette situation gênante dans laquelle je suis, sur le seuil et presque logé dans le mur de l'Académie. Les choses paraissent prendre une bonne tournure. La plupart de mes voix me sont venues comme la vôtre, mon cher Monsieur, c'est-à-dire comme preuves d'estime dont je suis et resterai heureux et fier, quelle que soit l'issue. S'il fallait, pour en grossir le nombre, manquer en rien à ce que je crois dignité et même fierté dans un certain sens, je ne le ferais pas, et même plus d'un exemple que je pourrais vous citer vous prouverait que je ne l'ai pas fait, à l'égard de [deux ou trois, remplacé par] plusieurs membres influents de l'Académie. — Pardon de ces détails qu'un quart d'heure de conversation aurait mieux expliqués, mais je tiens trop à votre parfaite estime pour laisser aucun doute sur un point qui ne saurait m' être secondaire; votre conclusion si favorable pour moi me rend cette justification plus facile en ce qu'elle est toute désintéressée. Croyez, cher Monsieur, à tous mes sentiments obligés et dévoués.
Ste-Beuve.
Saint-Marc-Girardin a été élu, en remplacement de Campenon, le 8 février 1844. Le même jour, l'élection du successeur de C. Delavignc était ajournée, après 7 scrutins successif* qui avaient donné, en dernier lieu, 16 voix à S.-B., 16 à Vatout, 3 à Alfred de Vigny. C'est seulement le 14 mars que S.-B. fut élu, au deuxième tour, par 21 voix contre 12 h Vatout et 3 à Vigny. — Cette lettre, qui parait postérieure à l'élection de Saint-Marc Girardin, pourrait donc être de l'un des dimanches de février (11, 18 ou 2o, ou de mars (3 ou 10) eutre ces deux dates.
Ce *.5 Janvier.
Cher Monsieur,
Je ne vous ai pas remercié comme je l'aurais dû de l'envoi que vous m'avez fait de V excellente notice sur Herluison : j'en ai tiré mes notes et je vous la rendrai quand vous la désiriez. — J'ai également reçu et fai déposé au Secrétariat de l'Institut le Discours de notre ami Des Guerrois, il est venu avant tous les autres et il a le n° 4. Ce n'est que dans quelques mois que nous aurons à nous occuper de la lecture.
Je suis indisposé en ce moment et dans l'impossibilité d'écrire longuement. Veuillez dire à notre ami tous mes compliments affectueux et que je lui écrirai au premier jour; qu'il m'écrive lui-même quand il aura quelque bonne idée de le faire, il est sûr de me causer un plaisir de cœur.
N'y aurait-il moyen d'avoir là-bas, d'acheter du bouquiniste que j'ai visité dans mon séjour à 7'royes, /'Éloge de Pithou par Herluison et celui
de Grosley, s'il était possible ? J'aimerais assez prendre par là une idée de sa manière d'écrire.
Adieu, cher Monsieur, gardez-moi toujours un bon souvenir et comptez sur le mien.
Tout à vous.
Stk-Beuve.
Si le livre noté au nom de Pascal vous repassait sous la main, si tard que ce soit, je me recommande à vous toujours.
Cette lettre est certainement adressée à M. Harmand, bibliothécaire de la ville de Troyes, à qui S.-B. écrivait le 8 octobre 1842, au sujet de Grosley (voir ci-dessus, n° 20 b); et elle est probablement de 1848, car la note sur Uerluison fait partie du tome 111 de Port-Royal (Paris, Hachette, 1848, p. 586-7).
Paris, ce 18 Octobre 1851.
Monsieur et très honorable Confrère,
Je viens vous demander un renseignement que vous pourrez peut-être me donner. Il s'agit de Ml,e Le Couvreur. Un manuscrit, espèce de recueil de Coste d'Arnobat, contenant des miscellanées de diverses sortes, avait en tète, à ce qu'il paraît, un certain nombre de lettres de MUe Le Couvreur. M. Goizet, que vous avez souvent employé, ayant acheté ce manuscrit qui a été revendu depuis à d'autres, on suppose qu'il a pu en détacher les lettres qui étaient en tète, et que vous en auriez peut-être fait V acquisition pour votre bibliothèque, si riche particulièrement en tout ce qui concerne le théâtre. Cette partie du théâtre n'a pas été comprise dans la vente qui a eu lieu, il y a quelques années. Je viens donc vous demander si vous n'auriez pas ces lettres de M1!c Le Couvreur ou si vous ne sauriez pas en quelles mains elles ont pu passer. Je me suis occupé avec un de mes amis de recueillir tout ce qu'on pourrait trouver d'intéressant sur cette grande actrice, la première qui ait „ véritablement conquis pour ses pareilles rang et considération dans la société. Excusez-moi, si ma conjecture relativement à ces lettres est en défaut; mais vous vous êtes toujours montré si obligeant à mon égard que je n'ai pas hésité à m'adresser à votre bienveillance dans cette occasion comme dans toute autre.
Agréez, Monsieur et cher Confrère, l'expression de ma haute considération.
Stk-Beuve,
rue Montparnasse, n° 11.
Celte lettre doit avoir été adressée au baron Taylor qui possédait une copie, faite au
xviii» siècle, des lettres (TAdrienne Le Couvreur ; copie figurant, sous le 120, dans le Catalogue d'une intéressante ctdlrction de lettres autographes faisant partie du cabinet de feu M. le baron Taylor, membre de l'Institut, vendue le 23 mars 1885. — L'ami est llavenel, « bibliophile avec passion et avec choix >», qui préparait un ouvrage sur M"0 Le Couvreur, dont il avait « ressenti... le charme »; on a lu ci-dessus (p. 148), deux billets de 1849 relatifs au même projet. — Les lettres d'A. Le Couvreur n'ont été publiées que quarante ans plus lard, en 1892, par M. C. Monval.
Mon cher Ami,
Je suis indisposé et d'un mal de gorge qui ni interdit toute conversation un peu longue.
J'ai reçu votre danse, votre océan; vous suivez votre veine. Ce n'est qu'en causant que je pourrais vous expliquer et les éloges et les réserves.
Ne vous inquiétez plus du /hibou. Je ne sais si je répondrai jamais à ce qui n est pas une espièglerie mais une petite infamie; car il a mis l'honnêteté en jeu. Dans tous les cas*, j'ai la Némésis très lente et boiteuse.
J'espère pourtant que, si vous restez ici quelques semaines, je pourrai vous voir et causer.
'fout à vous.
Stk-Beuve.
Ce ~> mars \I8:>9 Y]
Cette lettre est adressée à Baudelaire.
Ou trouve dans la Xouvelle correspondance, une autre lettre à Baudelaire, 23 février [1859), dans laquelle il est encore question de Babou. Voir sur la querelle de Sainte- Beuve et d'Ilippolyti; liabou : Ombres et fantômes. Profils disparus. HippoUjle Habou, par Firmin Maillard lirvue biblio-iconoyraphi<iue, mars-avril 1904).
Ce Mercredi.
Mon cher et docte ('onfrèrey L'article Boissonade est à peu près fini et esquissé. Je voudrais pourtant vous le lire quoi qu'il ne soit en grande partie que le résumé d*. notre entretien. J'ai un doute sur un point. Est-ce bien à ÀV^/jf-siir-Scine qu'habitait le savant farouche? Je rois dans la notice de M. Naudet qu'en 1 830 il habitait à Ao/y/v^-sur-Marne ; aurait-il habité successivement aux deux Nogenl? Est-ce bien à Nogent-snr-Seine, en un mot, que Letronne et (l ail le voulurent visiter, sans être reçus? Je fais appel à votre souvenir toujours si précis. Si demain soir, Jeudi, vous pouviez m' accorder une heure, je vous lirais la pièce ou plutnt, à cause de l'état de mes yeux, je vous la ferais lire par monSecré-
taire. Mais alors ce serait chez moi i\ue serait le rendez-vous : cela vous déranyerait-il trop? et bien mieux, ne me feriez-vous pas le plaisir de venir dîner demain à 6 heures, dîner bourgeois, sans façon, sans toilette, et ap7*ès le dîner, la pièce lue, vous seriez libre. En fin, ce dernier parti me ferait bien plaisir. Voyez et dites ouit — ou plutôt ne dites rien et venez.
Tout à vous.
S™ Becve.
Cette lettre est certainement adressée à J.-P. Rossignol. En effet, dans l'article sur: M. Boissonade, ses articles (te critique littéraire recueillis et publiés par M. Colincamp, publié le londi 28 septembre 1863 'Nouveaux Lundis, VI, 82-113), Sainte-Beuve pince la scène dont il parle à Nogent-sur-Marne, et termine ainsi : « Je serais ingrat si je ne disais que, daus ce portrait où j'ai tâché d'être ressemblant et de me tenir avant tout dans la ligne du vrai, j'ai beaucoup du a un successeur et à un ami de M. Boissonade. ., à M. Rossignol, dont l'amitié m'est précieuse autant qu'honorable ».