CAMPAGNE D'ESPAGNE
(Du 9 mars au 4 décembre 1823.)
Durant cette campagne, le 8^ de ligne — colonel DE Salperwick — fit partie de la 3« brigade de la 9** division — général de Damas — de Tarmée des Pyrénées.
Combat de Gastel-Tessol.
Au combat de Gastel-Tessol (17 mai), où après une résistance acharnée de quatre heures Fenuemi dut abandonner toutes ses positions, les compagnies d'élite du 2<^ bataillon du 8^ de ligne se distinguèrent particulièrement en enlevant avec le plus grand entrain un mamelon à pic que couronnait une ferme solidement occupée par les Espagnols.
A la suite de cette brillante affaire, le capitaine GouFFÊ, le lieutenant Baldram, le souslieutenant Vidal, le sergent Marro et le voltigeur Roy furent cités à Tordre du jour.
Le voltigeur Rov qui, après Tenlèvementde la
ferme où il était arrivé le premier, était allé résolument se poster sur un monticule découvert afin de pouvoir mieux riposter à son gré au feu de Tennemi, fut, outre sa citation, décoré de la Légion d'honneur.
Combat de Wich.
Le 25 mai, à 5 heures du matin, 3 000 Espagnols commandés par le fameux Mina essaient de s'emparer par surprise de la ville de Wich, occupée par Iç 3® bataillon du régiment. L'alarme est aussitôt donnée et chacun se porte à son poste de combat; la fusillade éclate bientôt de toutes parts; sur ces entrefaites la compagnie de voltigeurs, qui rentrait de faire une reconnaissance, tombe au milieu de la ligne ennemie. Mina la fait aussitôt envelopper par sa cavalerie ; les voltigeurs se forment en carré et continuent, en combattant, leur marche vers la place ; le sergent CoppÈL tue, aux portes mêmes de la ville, 4e •commandant de la cavalerie espagnole, et la compagnie, dégagée par une sortie d'une partie de la garnison, entre enfin dans Wich.
Le capitaine des voltigeurs, M. Pitel, et 30 de ses hommes avaient été blessés dans cette échauffourée; M. Dupleix, sous-lieutenant, qui faisait partie des troupes de sortie, fut tué en dégageant les voltigeurs.
Cependant Mina redouble d'efforts pour se rendre maitre de la ville, mais aucune de ses tentatives ne lui réussit. Dans une dernière attaque, le général Porraquin, chef d'état-major de Mina, ayant été grièvement blessé au moment où il cherchait à ramener au feu ses soldats ébranlés,
Mina, désespérant de venir à bout d'ane garnison qu'il avait espéré enlever sans coup férir, donna le signal de. la retraite et se réfugia dans les montagnes. La lutte avait duré sept heures.
La défense d'une ville aussi étendue contre des forces quadruples par une si faible garnison, fit le plus grand honneur aux troupes qui y prirent part. Le sergent Gopprl fut cité à Tordre du jour et décoré.
Beau trait d'intrépide sang-froid.
Un autre brave qui mérita, lui aussi, ce jour-là de voir son nom inscrit dans les annales du corps, c'est le voltigeur Igonet. Pendant que sa compagnie, enveloppée par les cavaliers de Mina^ luttait pour rentrer dans Wich, Igonet tua un soldat espagnol en lui enfonçant sa baïonnette dans le ventre, puis se replia tranquillement en continuant son feu ; il avait déjà fait une trentaine de pas lorsqu'il s'aperçut que sa baïonnette était restée plantée dans le corps de son adversaire; aussitôt, malgré les instances de ses camarades et la fusillade de Tennemi, il alla froidement reprendre son arme là où elle était demeurée. L'énergique Igonet eut ses habits criblés de balles, mais revint heureusement sain et sauf de sa périlleuse expédition.
Il serait difficile de citer un plus bel exemple de calme intrépidité !
Siège d'Urgel.
Le 2« bataillon, seul, prit part au siège d'Urgel (18 septembre) et s'y distingua surtout en re-
Hiit. 8* (Tinf. *
poussant vigoureusement une sortie désespérée de la garnison qui capitula le lendemain.
Furent cités pour leur brillante conduite au siège d'Urgel : MM. le commandant Le Blanc ; les capitaines Thibadlt et d'Huslaborde ; les lieutenants Baldram et Onfray; les sous-ofiOi^ ciers Baclê, Fédè, de la Jarriètte et le caporal
MOUNAC.
Combat de Llado.
On donna ce nom à une série d'engagements qui eurent lieu près du village de Llado entre 3,000 Espagnols commandés par Femandez et 1,800 Français sous les ordres du général de Damas. Le but de l'ennemi était de s'emparer du fortin qui barre sur ce point la route de Figuières ; le 5** de ligne et le i^^ bataillon du 8^, chargés de mettre obstacle à cette entreprise, s'acquittèrent si bien de leur mission qu'après diverses rencontres partielles, — les seules possibles dans ce pays excessivement couvert et tourmenté, — des 3,000 Espagnols de Fernandez, il ne restait plus trace le deuxième jour ; 700 avaient été mis hors de combat, 2,000 étaient prisonniers, le reste s'était enfui.
Les pertes de notre 1»^ bataillon devant Llado furent de 40 tués et de 90 blessés. Parmi les morts, figuraient le capitaine Oeshéros et le lieutenant Clavaroche.
Furent cilés comme s'étant particulièrement distingués dans ces rencontres : MM. le commandant Richard; — les capitaines Campion, Chambellan, Raffin, Simon, Dronchart, Saint-Satntin; — les lieutenants et sous -lieutenants
MÉIFFHÉN, PeRRIOUD, ChABCOT, PaRRY DE MAL-
LEYRAND, RiBROccHi et Faure ; — les sous-officiers PARRAUD, ChIPFAUT, POQUE, AZAIà, BORDIBR
et Lefebvre ; — les caporaux. Couturier, OllîviER, Faustin et Amagat; — elles soldats David, G INET et Moulins.