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Le Livre d'or du Bourgogne

Pendant la première moitié du xvii^ siècle, le salon de Catherine de Vivonne-Pisani, marquise de Rambouillet, fut le rendez-vous de tous les beaux esprits (ou de tous ceux qui se piquaient de l'être), de Voiture à Chapelain et de Racan à Vaugelas.

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, lieutenant général, qui aima Julie d'Angennes, fille de la marquise, au point d'abjurer le calvinisme pour pouvoir l'épouser, et qui dut attendre de longues années avant d'obtenir le couronnement de sa flamme, eut un jour une pensée d'une exquise délicatesse.

Il demanda à soixante et un poètes de composer chacun une pièce de vers à la louange de la Dame de ses pensées.

Ils n'étaient pas tous amoureux mais ils savaient être galants.

Le 1^^ janvier 1641, le Duc ofirait à son amante (en style de l'époque), le recueil de ces hommages, sous le titre de « La Guirlande à Juhe ».

Cette Guirlande comportait vingt-neuf fleurs peintes par Robert, chacune d'elles étant accompagnée d'un madrigal et d'un ou de plusieurs sonnets. La calligraphie était de Nicolas Jarry, la rehuie en maroquin rouge de Le Gascon.

La belle en fut si touchée qu'elle accorda enfin sa main à son soupirant.

Bizarre préambule, penserez-vous, et en quoi le salon de la marquise de Ranibouillet a-t-il à faire avec le Bourgogne ?

Patience !

Nous avons voulu, sans calligraphie ni fleurs peintes, mais avec non moins de sincérité et d'amour, rendre hommage à ce grand Seigneur de la Cour des Vins de France qu'est le Bourgogne.

Rééditant le geste du duc de Montausier, nous n'avons point prié que l'on nous composât des textes sur commande, mais avec une persévérance bénédictine, nous avons recherché, au cours des ans, ce qu'avec éloquence, naïveté ou reconnaissance, on avait pu écrire à la gloire de ce divin nectar.

Nous avons classé ces textes par ordre chronologique et, les tressant en guirlande saturée de bouquets et de saveurs, nous les avons réunis sous ce titre qui se passe aisément de commentaire :

Certains sont fort connus, d'autres sont ignorés.

Qu'ils soient un agréable rappel pour les uns, un ensemble d'arguments convaincants et décisifs pour d'autres qui douteraient encore. Pour tous, une preuve de la pérennité d'un goût, quelles que soient les modes et les vicissitudes.

Un vin capable de susciter de tels enthousiasmes, d'inspirer des pensées aussi riches de lyrisme, de donner du courage aux pleutres, de la force aux faibles, de l'esprit aux sots, de l'amour aux indifférents et de la joie aux hypocondres, ne peut être une quelconque boisson uni-

quement propre à désaltérer un gosier assoiffé, mais un philtre merveilleux, Tin symbole éloquent, le mystère émouvant de l'alliance du travail secret de la nature et de la peine des hommes.

Pierre Andrieu, Membre de la Confrérie des Chevaliers

du Tastevin, Bi-Lauréat de VOffice International du Vin.

1er SIÈCLE

VTers l'an 60, la Bourgogne expédiait en diverses contrées, des vins aromatisés, des vins doux, des vins miellés, des vins goudronnés et des vins salés.

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