‹ Le livre de bord: souvenirs, portraits, notes au crayonChapitre 24 sur 40 · THÉOPHILE GAUTIER · texte numérisé non relu

THÉOPHILE GAUTIER

Gautier, on peut le soupçonner à l'irrévérence avec laquelle il parle du chant et du piano, professait une haine profonde pour la musique ; Téprouvâit-il en réalité? Je n'en répondrais pas. N'était-ce *

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qu'un des mots cabalistiques de Thugolâtrie, où Ton avouait de l'horreur pour tout bruit qu'on ne faisait pas soi-même. Il disait un jour :

— La musique est à la fois le plus cher et le plus désagréable de tous les bruits.

Malgré la hardiesse de certains de ses vers, malgré Mademoiselle Maupin^ un remarquable roman, malgré la Comédie de la mort, un charmant poème, Théophile Gautier était timide avec les femmes; cette timidité était même la source de . ses audaces littéraires; j'ai assisté, pendant assez longtemps, aux lentes péripéties d'un petit romaiî entre lui et une très belle personne, femme du monde^ à laquelle il avait inspiré au moins une vive fantaisie ; elle voulait « filer le roman » , mais elle ne l'espérait guère après avoir lu son auteur; elle craignait qu'il ne froissât les premières pages, passât les secondes, déchirât les troisièmes, et commençât par le dénouement ; aussi se tenait-ell^ sur une extrême réserve. Théophile, au contraire, qui aurait eu besoin d'être au moins encouragé, mourait de peur, cherchait à se donner du courage en tenant à la belle les discours les plus menaçants, ce qui augmentait sa réserve à elle, laquelle réserve aggi^avait la timidité de Gautier,

Il n'y a jamais eu de dénouement.

Voici ce qu'écrivait Gérard à un de ses amis pendant son voyage en Orient, lettre insérée depuis dans le récit de ce voyage :

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