‹ Le livre de familleChapitre 17 sur 197 · E LlVUli Dli lAMILI.E · texte numérisé non relu

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marteaux de bois qui frappent ces chiffons, jusqu'à ce qu'ils soient réduits en une espèce de bouillie. On prend une couche l>ien mince de celte bouillie sur un châssis carré fait de fil de laiton, h la manière d'un tamis. On renverse ensuite ce châssis sur un drap de laine , et la couche de bouillie y paraît sous la forme d'une feuille de papier. On met par dessus un second morceau de drap sur lequel on renverse encore, au moyen du châssis, une seconde couche de bouillie ; puis on remet par-dessus un autre morceau de drap, puis une autre couche de bouillie, et ainsi de suite. Lorsque les morceaux de drap et les couches de bouillie forment un monceau d'une certaine hauteur, on les met dans le même état sous une presse qui fait sortir l'humidité superflue des couches de bouillie , et leur donne à chacune la consistance d'unefeuille de papier. On les reprend ensuite feuille par feuille d'entre les morceaux de drap , et on les laisse sécher. Enfin ou répand sur elles une espèce de colle, on les remet encore sous la presse, puis on les retire pour les laisser sécher une seconde fois ; et alors on a du papier sur lequel on peut écrire et imprimer. N'est-il pas étonnant que l'on puisse tirer tant de choses utiles de cette plante que tu vois? et ne sommesnous pas fort heureux d'en recueillir de la

semence pour en faire croître de nouvelles l'année prochaine?

ADRIEN.- — Oui, certes, mon papa, cela est fort heureux ; car autrement nous n'aurions ni linge ni papier.

M. DE vERTEUiL. — Il cst cucorc uue autre plante dont on peut faire à peu près le même usage que du lin. Veux-tu que je te la montre?

ADRIEN. — Oui, mon papa, je vous en prie.

M. DE VERTEUIL. — TicHS , en voici do cet autre côté du chemin. Voila ce que l'on appelle du chanvre. Après avoir recueilli la graine, dont une partie se garde pour la semence , et l'autre pour faire de l'huile, on eu fait rouir les tiges comme celles du lin. On les bat, on les serance de la même manière, et l'on en retire un fil qui sert à faire de la toile plus grosse que celle du lin. La filasse de chanvre sert aussi à faire toute espèce de corde depuis la ficelle jusqu'au câble. En sortant de chez le tisserand où tu auras vu faire de la toile, je te mènerai dans une corderie où tu verras faire des cordes , et de là dans un moulin à papier. De cette manière, tu sauras par loi-même de quelle utilité nous sont deux plantes aussi précieuses que le lin et le chanvre, et combien nous devons employer de soins à les cultiver.

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