‹ Le livre de l'amitiéChapitre 19 sur 22 · LE MANCENILLIER · texte numérisé non relu

LE MANCENILLIER

... avec ses rameaux pareils à des doigts, il me fait signe de venir à lui...

Kalidasa

Sarountasa

Le mancenillier traître étend ses palmes fraîches. A son ombre, piqué par de torrides flèches,

Le voyageur s'endort, Et l'arbre distillant un venin délétère Affole son artère, Le cloue au sol, roide, ivre-mort 1

Toi. comme ce feuillage et comme ces corolles, Tu versas tes regards, tes baisers, tes paroles

Sur mes membres endoloris ; Mais pendant que durait le sommeil léthargique, J'eus un rêve magique,

Et c'est ce rêve que j'écris !

Ma joie fut presque de l'effroi.

Henri Heine.

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Mes vers soupirants vers lui s'envolèrent,

Il parait qu'alors je le fascinais ;

De douces langueurs dans mes nuits chantèrent,

Pour lui je cueillis de nouveaux genêts.

Puis, un soir qu'il vint, un troublant prestige S'épandait de lui ; j'en fus interdit : lime souriait, j'en eus le vertige, Et je ne sais plus tout ce qu'il me dit.

Une longue nuit, près de ma fenêtre Nous vîmes fleurir les astres des cieux ; Son âme frissonne au fond de mon être, Je vis doublement et je suis heureux I

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