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ANTISEPSIE USUELLE

est forcée de la quitter. Elle devra se laver les mains et la figure chaque fois qu'elle sera obligée de voir d'autres personnes; les visiteurs occasionnels du malade feront de même. On emploiera pour cela du savon au goudron, une brosse propre, et on additionnera l'eau de quelques gouttes d'alcool ou d'eau de Cologne.

Lorsqu'il s'agit de panser des plaies, de soigner une femme en couches, etc., les précautions doivent redoubler. Les mains seront lavées, avant et après chaque pansement, dans une solution d'acide phénique à la dose de deux ou trois cuillerées à café par litre d'eau. En outre, chaque vase dont on se servira au cours du pansement devra être rendu aseptique par un flambage à l'alcool (quelques gouttes d'alcool versées dans le récipient et ensuite enflammées à l'aide d'une allumette) ou en le faisant bouillir à pleine eau pendant une demiheure au moins.

En cas d'épidémie, les vêtements portés par l'infirmière dans la chambre de maladie n'en devront jamais sortir, et le port de la blouse de toile sera constant.

Chaque personne entrant ou sortant de la pièce devra se passer les mains dans la solution phéniquée, après lavage à l'eau bouillie et au savon antiseptique, comme nous l'avons dit plus haut. 11 est bon aussi de se rincer la bouche à l'eau bouillie additionnée de quelques gouttes d'alcool. La barbe et les cheveux seront nettoyés et antiseptisés de la même manière.

La chambre du malade ne doit pas être balayée, mais plutôt arrosée d'eau contenant quelques gouttes d'acide phénique, et ensuite essuyée avec un torchon pour ne pas soulever les poussières.

Une bonne précaution est celle qui consiste à mettre dans les coins de la chambre, des vases contenant du chlore (chlorure de chaux) qui détruit les odeurs et les poussières malsaines. On peut aussi, de temps à autre, vaporiser de l'eau phéniquée dans la pièce.

Les déjections des malades contagieux (selles, urines, crachats) sont versées dans une fosse creusée à cet effet, qu'on garnira fréquemment de chaux vive ou d'une solution de sulfate de cuivre (50 à 100 grammes dans un litre d'eau). On lavera largement avec la même solution les lieux d'aisances, si c'est là qu'on vide les déjections. En outre, les vases de nuit, les seaux et les crachoirs seront désinfectés avec une solution un peu moins forte. Les crachoirs seront garnis d'une solution de phénol (5 grammes par 100 grammes d'eau) ou de sulfate de cuivre à 50 grammes par litre (voir plus haut).

Pour désinfecter après le séjour d'un malade contagieux, il est plus facile et plus sûr à la ville d'envoyer meubles, literie et vêtements dans une usine spéciale qui se charge de la désinfection, mais, à la campagne, le meilleur moyen est d'employer l'acide sulfureux comme, nous allons l'indiquer.

On commence par boucher toutes les issues (rainures, châssis, etc.), sauf la porte, en y collant des bandes de papier, puis on dispose au milieu de la pièce à désinfecter quelques briques sur lesquelles on met un vase en terre réfractaire, ou encore une plaque de tôle. On allume ensuite, sur ce fourneau improvisé, de la fleur de soufre en quantité suffisante pour que la combustion ne soit pas trop rapide, et selon la dimension de la pièce (20 grammes par mètre cube). L'acide sulfureux, qui résulte de la combustion du soufre, attaquant les métaux et les noircissant, il ne faut pas oublier de recouvrir tous les objets métalliques (boutons de porte, espagnolettes, etc.) d'un isolateur : couche de vaseline ou de saindoux.

On se retire promptement, aussitôt le soufre bien allumé, en bouchant extérieurement la sortie qu'on s'est réservée. Le local est ensuite laissé en l'état pendant vingt-quatre heures. Il faut prendre quelques précautions avant d'y rentrer, pour ne pas absorber l'acide sulfureux ; le mieux

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