‹ Le livre de la fermièreChapitre 59 sur 184 · CATAPLASMES, SINAPISMES · texte numérisé non relu

CATAPLASMES, SINAPISMES

recouvre d'un morceau d'étoffe de laine ou de taffetas gommé.

On prépare les sinapismes avec de la farine de moutarde fraîche, délayée dans de l'eau presque froide ou tiède. On les confectionne de la même manière que les cataplasmes.

Les sinapismes instantanés Rigollot sont tout préparés, il suffit de les tremper quelques minutes dans l'eau froide ; ils sont plus vite prêts et plus propres que les autres.

Cataplasmes sinapisés. — Pour les enfants ou les personnes très délicates, on peut employer les cataplasmes sinapisés, qui ont un effet révulsif moins fort et éprouvent moins l'épiderme que les sinapismes ordinaires. On prépare un cataplasme ordinaire, qu'on saupoudre d'une légère couche de farine de moutarde.

Lorsque le sinapisme fait souffrir le malade, il faut l'enlever ou le changer de place ; on enduit ensuite la partie rouge et douloureuse de vaseline, d'huile ou d'une substance grasse quelconque. On ne doit jamais laisser un sinapisme plus de dix minutes en place, sauf sur l'ordre exprès du médecin.

Si l'on n'a pas sous la main de farine de moutarde, on peut faire le sinapisme de farine de lin et l'arroser d'alcool, d'eau-de-vie ou de vinaigre.

Sangsues, ventouses. — La pose des sangsues et des ventouses est plutôt du ressort du médecin, puisqu'on ne les applique guère sans son ordre. Cependant nous ne voulons pas omettre d'en parler ici, où leur place est tout indiquée dans l'aide-mémoire de la garde-malade.

Pour poser les sangsues, on les met sur un linge en les essuyant légèrement, et, après les avoir tenues quelque temps hors de l'eau pour les affamer, on les place à l'endroit où on veut qu'elles sucent le sang, en renversant un verre par-dessus pour les maintenir {fîg. 74), ou bien en les maintenant avec les doigts et la paume, à travers

une petite compresse. On peut encore, selon les besoins, les poser une à une, en les plaçant dans une carte roulée, en ayant soin de diriger vers la peau la ventouse de la bouche, la plus petite des deux. Il ne faut plus toucher les sangsues avant qu'elles aient fini de boire, ce qui dure

. i-^^-Jy^^^^

Fig. 74. — Application des sangsues à l'aide d'un verre.

une heure au plus; elle se détachent alors d'elles-mêmes. Chaque animal absorbe en moyenne de 2 à 5 grammes de sang.

Pour faire lâcher prise aux sangsues on les saupoudre de tabac, de cendres ou de sel; il ne faut jamais les arracher : elles laisseraient leurs mâchoires dans la plaie, qui s'envenimerait. Pour arrêter l'hémorragie, on laisse la plaie découverte ; si cela ne suffit pas, on peut la comprimer avec les doigts. Pour faire durer l'hémorragie, au contraire, comme le médecin l'ordonne quelquefois, on

Page 1