ELOGE DE BEETHOVEN XIX
fini. Et les quelques longues mesures qui ouvrent le premier morceau de la Symphonie en ut mineur, le sang, Teau et le feu qui hurlent dans toute cette orgueilleuse musique, affirment une puissance d'individualité et de volonté telle, que toute l'aspiration individualiste et dominatrice de notre temps ne saura l'atteindre avant longtemps encore. Par cela, Beethoven a montré dans son œuvre un paradigme de Beauté et de force inébranlable, dont l'homme ne saisit pas encore toute la portée. Des siècles doivent tomber dans le sable des champs sans fin, avantqu'on ait épuisé (c'est-à-dire traduit c/e la musique en version de poésie, de couleur et de pierre) les neuf Symphonies, qui restent comme neuf pulsations du cœur de la terre. Voilà pourquoi Beethoven ouvre et enveloppe une civilisation à peine née encore. Il