XII PREFACE
sein de l'Eglise d'un pouvoir régulateur. Il nous semble que ceux qui rejettent ce pouvoir sont obligés ou bien de se priver de tout ce qui est son œuvre, et d'édifier de fond en comble une église nouvelle, ou bien d'accepter cette position illogique et peu sincère, qui consiste à adopter, pour les faire siennes, une partie des institutions de TEglise et à rejeter les autres.
De même que l'étude plus approfondie de l'œuvre de la création et de ses phases séculaires nous fait concevoir pour le Créateur une a;dmirationplus profonde et plus intelligente que celle quinous était inspirée par l'étroit hexaméron des anciens, de même notre admiration grandit quand nous étudions en détail ce progrès dans l'unité, cette loi de continuité qui préside au développement de l'Eglise du i" au xx siècle. On sent à chaque instant la présence de ce pouvoir intime et divin qui la régit, écarte ce qui est nuisible, conserve ce qui est bon, l'inspire et la conduit au milieu de tant d'écueils contre lesquels le sens mystique est exposé à se briser.
Un autre scandale pour certains critiques, c'est de retrouver quelques-uns des rites delà liturgie catholique dans certains cultes païens. Mais le christianisme, par cela même qu'il est la vraie religion de l'humanité, n'a rejeté des anciens cultes que les parties gangrenées. Presque toutes
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les religions ont conservé des vestiges de vérités ou de pratiques traditionnelles, qui expriment les vrais sentiments de la créature à légard du Créateur. Saint Augustin l'avait bien remarqué quand il disait : « Nous avons certaines choses communes avec les païens, mais la fin est diverse (1). » Même ceux qui nient l'existence de cette tradition primitive admettent que le sentiment religieux procède dans l'homme d'une source élevée, et quand il n'est pas perverti par la passion ou par l'intérêt, ce sentiment est toujours respectable, parfois sublime.
Rien donc de plus naturel que ces analogies qui ont été parfois recherchées avec un zèle haineux par nos adversaires. Tout ce que nous avons droit d'attendre, c'est ceci : comme la religion du Christ est la vraie religion, elle doit avoir sur ce point aussi bien que sur les autres ce caractère de transcendance dont on a tant parlé, c'est-à-dire que sa prière doit se traduire en des accents plus élevés, ses rites doivent être dégagés de tout caractère bas ou grossier.
Deux mots, en terminant, sur la nature de cet ouvrage. Il n'est que le résumé et la réduction sous un petit format d^un ouvrage beaucoup plus considérable et d'une forme exclusivement scien-