CXLIII. - (1) JJ§ « Yang-tcheou
fou , aujourd'hui chef-lieu de département de la province de Kiang-sou (lat. 32° 26' 32" ; long.
117° 0.4' 13"). Sous les Mongols ce fut un » cheflieu de Circuit » ( Yaug-tchrou loti) dépendant du grand gouvernement du Hd-ndn (le « midi du Hoang-ho -) , et du Kidng-p# (le « nord du Kidng »). Toutefois, selon l'histoire officielle de la dynastie mongole (k. 59, fol. 19), dans les commencements de La treizième année tchi-youan (fin de 1275, commencement de 1276) on rétablit « chef-lieu d’un gouvernement particulier, relevant de Tai-tou (la capitale mongole : tchi tai toù ton fou). De plus on l’établit aussi « gouvernement général administratif de Kidng honï , et autres lieux * ( Kidng hoaï tèng tchoit hCng te ho un g tchvû sing). Ce ne fut qu’en 1277, qu’il devint le « Circuit - de Yang-tcheou avec une administration générale (j oûng-lcheou loü thoung kouan fou). En 1278, on y rattacha la « Direction de sûreté générale du Cercle de lloait oun g » (de l’Orient du Hoai : Hoai-toung lao siouen wei ssé). En 1282, cette « Direction de sûreté générale provinciale >», avec l'administration générale de ce propre circuit, fut rattachée
à la province de Tchi-li. » ( Yuen sse , k. 59, fol. 19.) Chaque année on voit un changement opéré daus sou organisation administrante, que nous croyons inutile de rapporter ici. On y comptait uue population de 249,466 familles et de 1,471,191 bouches, comprenant les femmes et les enfants qui n’avaient pas encore atteint l’âge viril.
Nous avons voulu constater ces faits d’après l’histoire de la dyuaslie officielle mongole, parce qu'ils confirmeront indirectement ce que dit Marc Pol : que la ville de Janguy, ou Ydngtcheou , était un des douze « gouvernements - de l’Empire mongol ( Sing ) dont nous avons donné l'énumération précédemment (p. 333 et suiv.). Elle fut en cITet, comme on l’a vu ci-dessus, érigée au commencement de 1276, ai * Chef-lieu d'un gouvernement particulier», ne relevant que du gouvernement central de la capitale ; puis ensuite, dans la même année, en « Chef-lieu du gouvernement général » (Sùtg) de Kuing-hoat et autres lieux ; ce qui le constituait effectivement l'un des douze Sing, ou • gouvernements généraux » de l'Empire mongol de Clùue. Quoique dans l'annce 1277 on ait transféré ailleurs le « gouvernement général ■ de cette province, cette ville resta cependant le siégé d’une grande administration exceptionnelle, qui comprit, en 1 27 8, une « Direction de sûreté générale » , laquelle relevait toujours du gouvernement central. On a
[([iii moult est grantet noble'], laquelle a seigneurie sus .xxvij. cités, qui sont moult bonnes ; si ce que cestecité de Janguy est moult puissant. Et si siet [en ceste cité uns des .xij. barons du grant Kaan; [car elle est eslevée pour un des .xij. sieges-]. 11 sont idolastres' et ont monnaie de cbarlretes. El ot seigneurie, Marc Pol, en ceste cité, trois ans' [accomplir., parle commandement du grand Kaan. Il vivent de marchandises et d’ars, car l’en y fait barnois de chevaliers et d’hommes d’armes en grant quantité. Car en ceste cité, et environ des appartenances, demeurent gens d’armes assez que le seigneur y fait séjourner *] (2).
e M*. C. — d Ms. C. — • Id. — f Ms. À. C. ydres . — f Le ms. C. porte : ■ El si vous dy que ledit measire Marc Pol, cellui meisme de qui nostre livre parle, séjourna , en ceste cité de Janguy .iij. ans, etc. • — - h Ms. C. Ces dernières phrases, entre crochets, manquent dans les rass. A. et B. de même que dans les deux mss. français et latin pu» bliés par la Société de géographie.
donc des donuées certaines pour établir que ce fut dans les années 127 6- 127 8 que Marc Pol fut cliargé par khoubibü khaân des importantes fonctions (fonctions toutes de confiance) de Gouverneur de Yàng-tcheou , et des vingt-sept villes qui détendaient de son ressort, sur lesquelles Marc Pol eut seigneurie trois ans comme il le dit laconiquement.
La ville de Yàng-tcheou s'était rendue aux Mongols, en automne, à la 7e lune de l'année 1276, après une défense vigoureuse et prolongée de Li Ting-tchi, général des Soung, qui avait quitté cette ville pour aller rejoindre le jeune empereur dans le Fo-kien; toutes les autres villes précédemment décrites, ou étaient déjà au pouvoir des Mongols, ou se soumirent en même temps. C’est donc immédiatement après la conquête de celle proviuce, en 1276, que Yàng-tcheou fut érigé en Cltcf-lieu de gouvernement de ces pays nouvellement conquis. Si Marc Pol ne fut pas le premier - Gouverneur «(comme cela est très-probable, Marc Pol u'etant arrivé en Chine , avec son pèie, que dans l'été de 1275) il ne tarda pas à être nommé à ce commandement important par kliouhilaï, puisque ce même gouvernement n'eut son siège à Yàng-tcheou que pendant 1276, quoiqu en 1277, et dans 1rs années suivantes, l’administration qui y fut établie eût eucore conservé, comme on l’a vu, uue grande importance.
Yàng-tcheou est aujourd'hui une ville trèspeuplée et très-marchande ; elle est, dit un missionnaire (Mcm. sur Us Chinois, t. VIII, p. 298),
« une des plus grandes villes que nous ayons « vues. Les fermiers du sel y ont bâti pour l’em- « pereur une maison de plaisance, qui surprend n d’autant plus que jusqu’alors ou n’a rien vu « qui l'égale. C'est la copie de Haï-tien ( Yuen- « ming-yuen, incendié en I8Q0), autre maison
• de plaisance, à deux lieues de Pé-Ling, où
■ l'Empereur demeure ordinairement, et dont le « F. Attire! , cet excellent peintre , qui a osé « refuser le boulon de mandarin, a donné uue « lielle description.
« La maison de plaisance de Yang-tcheou n occupe plus de terrain que la ville de Henncs. « C’est un amas de monticules et de rochers a qu'on a élevés à la main, de vallons, de caa naux, tantôt larges, tantôt étroits, tantôt a bordés de pierres de taille, tantôt de rochers a rustiques semés au hasard, d'une foule de bâ-
* liment* tous différents les uns des autrrs, de « salles, de cours, de galeries ouvertes et fera mées, de jardins, de parterres, de cascades, de a ponts hicu faits, de positions, de bosquets,
■ d’arcs de triomphe. Chaque morceau n’est que a joli et de bon goût , mais c’est la mulliplia cité des objets qui frappe. •
(2) Yàng-tcheou, apres la conquête, ayant été