CXLVI. — 1 Navigation
sordrc cl la confusion dans l’armée des Souug, qui fui en grande partie détruite.
(3) ?I Kiàng. Ce mot chinois est le nom générique des fleuves, mais, lorsqu’il est cm* ployé seul, il désigne le yjT Tà-kidng, le * grand fleuve ■ ou « fleuve par excellence », que l’on nomme aussi dans son cours inférieur,
ÿ~[* Yang-tse kiàng, dont il a déjà été question précédemment (ch. cxitl, p. 368, note 4, à laquelle nous renvoyons le lecteur). Ce que dit Marc Pol : de la largeur de ce grand fleuve dans beaucoup de ses parties, de son étendue qui est de plus de 1000 lieues depuis sou embouchure dans la mer Orientale, par 32° de latitude nord, et 118” 46' de longitude est, jusqu’à sa source, située à l’extrémité nord-ouest du Tibet ; du nombre des bâtiments de toutes sortes qui le remonteut et le descendent constamment, surtout dans sou cours inférieur ; de la quantité de marchandises qui s’y transportent; du nombre des villes situées sur tout son parcours, toutefois aux distances voulues pour échapper le plus possible à ses débordements ; tout cela, disons-nous, est un peu exagéré, si exagération il y a, surtout pour l'époque de Marc Pol,
qui était celle de la conquête de ce vaste empire par les Mongols, et par conséquent du mouvement extraordinaire que cet événement devait produire.
Oc fleuve, qui est la grande artère commerciale de la Chine, partant de l'arête orientale du giaud plateau ccmtral de l’Asie, coule, dans sa partie supérieure, à travers un pays montagneux où il porte le nom de Kin-c/ià-kiàng, le . fleuve au subie d’or • ; dans la partie inférieure où il porte le nom de Tà-kiàng , le « grand fleuve ,« ou simplement le Kiàng, le « fleuve », il parcourt d'immenses et fertiles plaines. La marée s’y fait sentir jusqu’au lac P'o-yang, à 160 lieues de sou embouchure. Les vaisseaux le remontent jusqu'au lac Thoung-ting, 100 lieues plus haut. Il est large, profond et très-poissonneux ; il a une demi lieue de large dans une grande partie de son cours, et 7 lieues à sou embouchure. Le grand » Canal de transport » qui va Je H an-, teheou (à 30" 20' 20" de la t. N.) jusqu’à Thoung * tchrou, près de Pé-king (à 35* 66' 30" de lal.) eu passant par Tltien-bin, traverse ce grand fleuve à Tc/iin-kiang fou, dont il sera question ci-après (cb. cxlviii). H n’y a que le fleuve des Amazoues et celui du Mivixxipi dans le nouveau moude qui puissent lui être comparés.
de riches marchandises et de richesses qu’il ne va par tous les fluns et par toute la mer des Crestiens, et ne semble mie flun, mais mer. Et raconte ledit messire Marc Pol, qu'il oy dire à cellui qui pour le grant kaan gardoit la droiture 1 sur ce flun, que il passoit bien, amont le fleuve, chascuti an .cc.vi. (200,000) nefs1, sans celles qui retournent, qui ne comptoient point. Si povez bien savoir que c'est grant chose1. Et a bien, sur ce flun, quatre cens grans citez1, sans les villes et les chasteaux, qui toutes ont navires. Et sont, leurs nefs, faites ainsi comme je vous diray. Elles sont moult grans; si que chascune porte bien .xj.vi. à .xij.M. (onze à douze milles) quintaux pesant1. Et si ont un arbre3 seullcmcut et une couverture <.
Autre chose n’y a qui à conter face, et pour ce nous partirons, et vous dirons d’une cité qui a nom Cugui. Mais avant vous conterons d'une chose que je vous avoie oubliée à compter. Sachiez que ces nefs, qui vont amont ce flun", se font tirer, pour ce que l’aigue court trop fort; car autrement ne pourraient elles monter (4).
h Ms. C. plus de navles et plus de chien S choses et de greigneur . — • La version laline de la S. G. porte (p. : « Kgo Marcus Paulus vitli in ista civitate plus quatn quindecim
• mil I ia navium.» L’ancien texte italien : il Milione (p. i35}, porte : • Io vidi a questa città , per una voila, mifle-cinquecento navi da portare mercalanzia. ■ — i Le tns. C ajoute '.et va bien , ce flun , par plus de .xvii. provinces ; le texte français de la S. G. dit :
• Gest flun ala por plus de seize pminces .» Ces leçons sont toutes deux fautives. — k Le OU. et l’édition cités portent «cc.J deus cens . — 1 Ms. C. de poiz au compte de nostre pais. — m Id. celles qui vont contre le cours de f’yaue (qui remontent le fleuve).
■ Percevait les droits de navigation. — 3 Un nuit. — * Tente ou kiosque , comme les bâtiments chinois d’aujourd'hui.
(4) La manière de naviguer des Chinois, de* puis l’époque de Marc Pol, n’a pas changé. Ou lit dans la Relation du Voyage de l' ambassade de la Compagnie des Indes orientales hollandaises vers C empereur de la Chine , par Van Braam Hourkgeest, édit, franc;., Philadelphie, 1797- 1798, in- 4°, t. I, p. 313 î— « La manière de gouverner les bâtiments de transport en Chine est très-singulière, mais calculée sur la nature du passage qu’ils ont à faire. Six ou huit hommes les tirent à la cordelle, tandis que quatre autres marchcul le long de la digue , à côté du
yacht, portant deux ancres légères eu bois, dont les cibles ou cordes sont attachées h des poteaux bien forts placés sur les gaillards; au comraanderoent qu’en fait le pilote, on met ces ancres à terre pour que la proue ou la poupe soit rapprochée de la digue selon la direction que l'on veut que le bâtiment tienne dans sa course, et afin d'empêcher ainsi que le vent ou le eouraut ne le jette en travers.
* Leurs cordes de rotin , ou (pour parier plus exactement) de bambou, sont d'un grand avantage, parce qu’elles réunissent la légèreté et la