‹ Le livre de Marco PoloChapitre 146 sur 357 · CHAPITRE CLfî · texte numérisé non relu

CHAPITRE CLfî

(neuvième) partie de la contrée, que moult puet valoir la rente des autres .viij. (huit) parties (3). Mais vraietnent, ceste est la plus grant et la plus prnufitable partie; et, pour le grant proufïit que li grans Sires a de ceste contrée, l’aime il moult ; et moult

1 Ms. A. poarfit,

monnaie ; le total du proJuit fut de 44,044 ting 3 lidng (3,303,300 francs seulement; ce qui ferait croire : ou que le nombre total des exemplaires tirés ne trouva pas d’acheteurs, ce qui est fort probable, ou qu’un très-grand nombre furent donnés, et ne rapportèrent rien au trésor). Enfin, un « petit Calendrier » ( siao-ll ) fut aussi imprimé et tiré à 015,725 exemplaires ( pèn) ; chaque exemplaire au prix de 1 tsien (0,75 c.) en papier-monnaie; ce qui produisit 1 ,831 ting 32 lidng 5 tsien (137,508 fr.).Un autre « Calendrier fuit pour les Musulmans » (hotihoei fi), tiré ii 5,267 exemplaires, chaque exemplaire du prix de 1 lidng (7 fr. 50 e.) en papier-monnaie, produisit 105 ting 7 fidng (7,880 francs). * (Yuen-sse, k. 94, fol. 26.)

Celui qui écrit ces lignes possède plusieurs calendriers semblables de différentes époques de la dynastie régnante; et il tient de personnes dignes de foi, qui ont résidé en Chine, qu’on les rencontre dans toutes les familles. On peut se figurer à quel nombre prodigieux ils doivent être tirés, et quel profit annuel ils doivent rapporter au gouvernement qui en a le monopole, ces « Calendriers » étant rédigés par les astronomes officiels de l’Observatoire impérial de Pé-kiug.

Une autre branche de revcuus indirects importante, comme on l'a vu au tableau ci-dessus, était la vente du papier pour les contrats et obligations (khi-pèn) , dont le produit fut, en 1328, de plus de quatre millions de francs. Les autres produits indirects sont loin de les égaler. Toutefois ces documents officiels confirment de la manière la plus incontestable tous les dires de Marc Pol.

Nous n’ajouterons plus qu’une seule réflexion : c'est que nous avons, dans le dernier document chinois traduit par nous, la preuve la plus palpable de l’usage très-étendu que l’on faisait de V imprimerie en Chine, au treizième

siècle de notre ère ; et que l’on peut s’étonner, à bon droit, que Marc Pol n'eti ait pas fait mention dans son Livre, et n’eu ait pas enseigne Y usage, k sou retour dans sa |»trie. S’il l’avait fait, on l’eût peut-être employée en Europe un siècle et demi plus tôt.

Nous parlerons des « Douanes maritimes * (chi-pë, 12* branche des revenus de l’Etat) ciaprès, au rhaphre clvi.

(3) Mare Pol a dit ci-dessus que chaque fourneau ou toman valait 70,000 saies d'or ; et le saie d" or ayant la valeur d'un sequin d'or de Venise, c’est-à-dire 11 fr. 70 c., chaque toman d'or valait doue 819,000 francs de notre monnaie. Il nous a dit aussi que, sans compter ceux du sel , les revenus (à titre d'impôts directs ou indirects) que Khoubilaï Khaâu recevait chaque année de la province ou gouvernemeut de Kidngtclté, étaient de 210 tomdns d'or, c'est-à-dire, de 14,700,000 saies ou poids d'or (et non 15,700,008, comme il est dit dans les textes), ce qui donne (le saie ou poids d’or, estimé égal en valeur au sequiti d’or de Venise, à 11 fr, 70 c.) la somme énorme, démesurée pour une seule province, comme dit Marc Pol, de 171,990,000 francs, et encore sans le produit du sel!

Marc Pol, pour combattre l’incrédulité de ses lecteurs à cet endroit, leur dit que lui-même, ayant été chaigé plusieurs fois par le grand Khadn de se rendre sur les lieux pour vérifier les comptes des recettes de cette province , il acquit la certitude que ces comptes se montaient bien à la somme énorme citée par lui. Son témoignage peut d’autant moins être mis en doute que les documents ojficicls, publiés par les historiens de la dynastie mongole de Chine, et que nous avons fait connaître en partie précédemment, le confirment d’une manière surprenante.

Nous allons résumer ici, d’après la « Section « économique » ( chï-hô-tchi ) de l’histoire officielle de ladyuastie mongole de Chine ( Yuen-sse ,

le " fait .soigneusement garder, et tenir ceulx qui y habitent en grant paix.

Or nous partirons de cy et dirons des autres,

** Forme picarde pour la .

k. 93-97), les produits divers à titre d'impôts, fchè, dont Hàng-tcUèou (Quinsaï) était la capitale de la province ou « gouvernement » de Kiàng - sous les Mongols.

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